Gilles Wach

Aller à la navigation Aller à la recherche
Gilles Wach
Description de l'image Msgr Wach.jpg.
Naissance (69 ans)
Troyes

Gilles Wach, né le à Troyes, est un prêtre catholique français. Avec Philippe Mora, il fonde en 1990 l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP), une société de vie apostolique devenue de droit pontifical en 2008. Il en est le prieur général depuis sa fondation et l'Institut le présente toujours comme tel en 2026[1]. La société célèbre la liturgie selon les livres liturgiques romains de 1962 et place notamment sa spiritualité sous le patronage de François de Sales[2].

Formé au séminaire de Gênes puis à l'Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin à Rome, Wach est ordonné prêtre par Jean-Paul II en 1979. Après un passage à la Curie romaine et une charge de vicaire général du diocèse de Mouila, au Gabon, il organise avec Philippe Mora une nouvelle communauté de formation sacerdotale, reconnue canoniquement à Mouila en 1990 puis établie à Gricigliano, près de Florence. Sa gouvernance de l'ICRSP fait l'objet de critiques publiques à partir de 2023, notamment de la part d'anciens et d'actuels membres interrogés par Le Parisien et de responsables de la Conférence des évêques de France ; Wach conteste la présentation faite par le journal[3],[4].

Biographie

Formation et ordination

Gilles Wach naît à Troyes dans une famille de la classe moyenne ; son père est comptable. Il commence sa formation au sacerdoce par une année au séminaire de Paray-le-Monial en 1973, puis rejoint le séminaire de l'archidiocèse de Gênes, alors dirigé par le cardinal Giuseppe Siri. Il y rencontre Philippe Mora, qui deviendra son principal collaborateur dans la fondation de l'ICRSP[5],[6].

Le cardinal Siri l'ordonne diacre le . Le , Wach et Mora reçoivent l'ordination sacerdotale des mains de Jean-Paul II dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Le pape ordonne ce jour-là quatre-vingt-huit diacres provenant de plusieurs pays[7],[8].

Il poursuit sa formation à Rome à l'Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin, dite l'Angelicum, où il obtient une licence puis un doctorat en théologie. Sa thèse porte sur la pédagogie spirituelle de François de Sales et l'éducation à la charité[5],[6].

Au cours des années 1980, il travaille à Rome auprès du cardinal Silvio Oddi, alors préfet de la Congrégation pour le clergé, tout en participant à l'Opus sacerdotale, association de prêtres française fondée en 1964. L'historien Albert Jacquemin indique que Wach y est affilié et que l'ICRSP s'est d'abord réclamé de son patronage avant de s'en détacher institutionnellement[9],[7].

Gabon et fondation de l'Institut

En 1989, Gilles Wach devient vicaire général du diocèse de Mouila, à l'initiative de l'évêque Cyriaque Obamba[5]. Le Gabon offre à la communauté en formation autour de Wach et Mora son premier cadre canonique. Le , Cyriaque Obamba érige l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre comme société cléricale de vie apostolique de droit diocésain et en approuve les premières constitutions. Wach en devient le supérieur général, tandis que Mora prend en charge la formation sacerdotale[7],[10].

Peu après, le centre de l'Institut est transféré en Toscane. Avec l'appui du cardinal Paul Augustin Mayer et l'accueil du cardinal Silvano Piovanelli, archevêque de Florence, la communauté installe sa maison généralice et le séminaire Saint-Philippe-Néri à Gricigliano, sur la commune de Pontassieve, près de Florence[7]. Ce site devient le centre de formation et de gouvernement d'une société qui développe ensuite des apostolats en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique[2].

Le , la Commission pontificale Ecclesia Dei promulgue le décret Sæculorum Rex, qui érige l'ICRSP en société de vie apostolique de droit pontifical « en forme canoniale ». Son vice-président, Camille Perl, remet le décret à Wach à Gricigliano[11]. Les constitutions, approuvées à titre expérimental lors de cette reconnaissance, reçoivent l'approbation définitive du Saint-Siège le [7].

Gouvernement de l'Institut

Wach reste à la tête de l'ICRSP à mesure que celui-ci s'internationalise. En 2014, la Commission pontificale Ecclesia Dei ordonne une visite apostolique ordinaire de la société. Elle en confie la conduite à l'ancien nonce apostolique François Bacqué, assisté du dominicain Luc-Thomas Somme[12].

En novembre de la même année, le chapitre général réuni à Gricigliano en présence de Patrick Descourtieux, représentant d'Ecclesia Dei, réélit Wach supérieur général pour six ans[13]. Le , un nouveau chapitre, tenu en présence de Patrick Incorvaja de la Congrégation pour la doctrine de la foi, lui confie un nouveau mandat de six ans[14]. En septembre 2026, les supports officiels de l'Institut continuent de le présenter comme prieur général[1].

Son gouvernement est étroitement associé à l'identité spirituelle et liturgique de la société : les constitutions mettent en avant une vie commune inspirée du modèle canonial et accordent une place particulière à François de Sales, à Thomas d'Aquin et à Benoît de Nursie, tandis que l'Institut utilise les livres liturgiques romains de 1962[2],[7].

Relations avec le Saint-Siège et le Gabon

Les liens de Wach avec le Saint-Siège accompagnent l'histoire de l'Institut, depuis son travail à la Curie dans les années 1980 jusqu'aux procédures de reconnaissance canonique et aux chapitres généraux suivis par des représentants romains. Le , quarante-cinq ans jour pour jour après son ordination, il est reçu en audience par le pape François. Le bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège le présente comme prieur général de l'ICRSP[15]. Wach est accompagné de son vicaire général Rudolf Michael Schmitz et du provincial de France Louis Valadier. D'après le compte rendu de l'Institut, il présente au pape ses activités pastorales et évoque avec lui la spiritualité de François de Sales[16].

Le lien avec le Gabon, où l'Institut a été fondé, se poursuit parallèlement à son implantation internationale. Le , lors d'un séjour pastoral dans le pays, Wach est reçu par le président Brice Oligui Nguema. Il lui présente un projet destiné à renforcer la présence des Sœurs Adoratrices du Cœur royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre et leurs activités dans les domaines de l'éducation, de la formation et de l'accompagnement de la jeunesse[17],[18].

Orientations religieuses et prises de position

La pensée spirituelle de Wach accorde une place centrale à François de Sales, sujet de ses travaux universitaires et l'un des patrons de l'ICRSP. Il prêche notamment en 2010 lors du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté à Chartres[19].

Après la publication par François du motu proprio Traditionis custodes en juillet 2021, qui restreint l'usage du Missel romain de 1962, Wach cosigne avec les responsables de onze autres instituts et communautés attachés à la liturgie traditionnelle une lettre adressée aux évêques de France. Les signataires y réaffirment leur fidélité au pape, leur soumission aux évêques diocésains et leur adhésion au magistère, y compris au concile Vatican II, tout en demandant l'ouverture d'un dialogue et la désignation d'un médiateur afin de préserver leur identité liturgique[20].

Wach exprime par ailleurs une lecture nettement contre-révolutionnaire de l'histoire de France. Il célèbre des messes de Requiem à la mémoire de Louis XVI et, dans un sermon prononcé à Gricigliano le , appelle le souverain « notre bon roi Louis XVI » et présente la Révolution française comme une victoire de « l'armée de Satan ». Il y oppose à la Révolution un ordre politique et social conçu comme chrétien et considère que son influence se prolonge dans le monde contemporain[21].

Critiques de sa gouvernance

En septembre 2023, Le Parisien publie une enquête en quatre volets consacrée à l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. Le journal s'appuie sur des témoignages d'anciens séminaristes, de diacres et de prêtres, ainsi que de chanoines encore membres de la société. Plusieurs d'entre eux mettent en cause le mode de gouvernement de Wach, qu'ils jugent excessivement centralisé, et un train de vie qu'ils estiment en décalage avec les exigences qu'il impose à ses membres[3],[6].

Dans le même dossier, Jean-Luc Brunin, alors évêque du Havre et président de la cellule « Emprise et dérives sectaires » de la Conférence des évêques de France, qualifie l'ICRSP de « dossier lourd » comportant de « nombreux dysfonctionnements » et estime qu'il présente des « signes de dérives sectaires ». Il indique transmettre depuis plus de deux ans des signalements à la nonciature apostolique en France. Le Parisien rapporte en outre qu'Éric de Moulins-Beaufort, alors président de la Conférence des évêques de France, a demandé en juin 2023 au Saint-Siège l'organisation d'une visite canonique de l'Institut[22].

Wach rejette la méthode de l'enquête. Dans un courrier du adressé à Vincent Mongaillard avant la publication de la série et rendu public ensuite par l'ICRSP, il reproche au journaliste des questions qu'il juge animées par un parti pris et relevant davantage, selon lui, du pamphlet que d'une enquête sérieuse. Pour défendre l'Institut, il met en avant sa reconnaissance canonique, ses liens avec les autorités ecclésiastiques et ses activités pastorales, éducatives et missionnaires[4]. L'ICRSP présente ce courrier comme sa seule réponse à la série d'articles[23].

Distinctions

  • 1996 : commandeur de l'Ordre national du Mérite gabonais[5].
  • 2000 : commandeur de l'ordre de l'Étoile équatoriale[5].

Publications

  • Gilles Wach, « L'amour de Dieu en saint Thomas d'Aquin et saint François de Sales », dans Antonio Piolanti (dir.), Storia del tomismo : fonti e riflessi. Atti del IX Congresso tomistico internazionale, vol. 6, Cité du Vatican, Libreria Editrice Vaticana, 1992, p. 208-220, (OCLC 849282020).
  • Préface à Paul-Antoine Lefèvre (dir.), Saint François de Sales : un guide pour notre temps, Paris, Éditions de l'Homme nouveau, 2020, ISBN 979-10-97507-22-0[24].
  • Préface à François de Sales, Les Entretiens spirituels, Paris, Éditions de l'Homme nouveau, 2022, ISBN 979-10-97507-44-2[24].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 « Lettre de Monseigneur Gilles Wach, Prieur Général, aux fidèles et amis de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre », sur Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (consulté le )
  2. ↑ 2,0 2,1 et 2,2 (en) « Who We Are », sur Institute of Christ the King Sovereign Priest (consulté le )
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Vincent Mongaillard, « Les dérives de l'Institut du Christ Roi », sur Le Parisien, (consulté le )
  4. ↑ 4,0 et 4,1 Gilles Wach, « Message à Vincent Montgaillard - 15 juin 2023 », sur Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, (consulté le )
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 et 5,4 « Paroisse Notre-Dame de Lourdes de Libreville : célébration des messes par le fondateur de l'ICRSP », sur Église catholique au Gabon (consulté le )
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 Vincent Mongaillard, « Cigares, champagne et majordomes… L'opulent train de vie de Monseigneur Wach, fondateur de l'Institut du Christ Roi », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ 7,0 7,1 7,2 7,3 7,4 et 7,5 « Qui sommes-nous ? », sur ICRSP, province de France (consulté le )
  8. ↑ Jean-Paul II, « Angélus, 24 juin 1979 », sur Vatican.va, (consulté le )
  9. ↑ Albert Jacquemin, « L'Opus sacerdotale. Naissance, développement, apport et héritage d'une société sacerdotale en France au XXe siècle (1964-1974) », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 93, no 230,‎ , p. 175-189 (DOI 10.1484/J.RHEF.2.305002, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ « Diocèse de Mouila », sur Archidiocèse de Libreville (consulté le )
  11. ↑ « Droit pontifical », sur Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, (consulté le )
  12. ↑ « Visite canonique », sur Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, (consulté le )
  13. ↑ « Élection du Supérieur général », sur Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, (consulté le )
  14. ↑ « Élection », sur Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, (consulté le )
  15. ↑ (en) « Audiences, 24.06.2024 », sur Salle de presse du Saint-Siège, (consulté le )
  16. ↑ « Audience papale le 24 juin 2024 », sur Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, (consulté le )
  17. ↑ Communication présidentielle, « Le Président de la République reçoit le Révérend Père Gilles Wach », sur Présidence de la République gabonaise, (consulté le )
  18. ↑ Henriette Lembet, « Gabon : Oligui Nguema échange avec le responsable de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre », Gabon Media Time,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. ↑ « Sermon de Mgr Gilles Wach », sur Notre-Dame de Chrétienté, (consulté le )
  20. ↑ La rédaction d'Aleteia, « Document : la lettre des douze instituts « tradis » aux évêques français », Aleteia,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. ↑ Gilles Wach, « Sermon pour la mort de Louis XVI », sur Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, (consulté le )
  22. ↑ Vincent Mongaillard, « « Il y a des signes de dérives sectaires » à l'Institut du Christ Roi : l'alerte de Mgr Brunin, évêque du Havre », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. ↑ (en) « Message to Vincent Montgaillard - 15th June 2023 », sur Institute of Christ the King Sovereign Priest, (consulté le )
  24. ↑ 24,0 et 24,1 « Boutique », sur ICRSP, province de France (consulté le )

Liens externes

Article publié sur Wikimonde Plus

  • icône décorative Catholicisme