Jacques Roumégoux

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Jacques Roumégoux dans son atelier au cours des années 1960.

Jacques Roumégoux, né le à Castres et mort le à Castres[1], est un peintre, graveur, photographe et musicien français.

Biographie

Dès l'âge de 14 ans, Jacques Roumégoux s’initie aux arts plastiques - il suit des cours à l’École Municipale de Dessin de Castres - et à la photographie[2]. De cette dernière il fera son métier en ouvrant en 1949 un studio, sous l'enseigne Jack-Photo à Castres dans le Tarn, et en étant photographe au journal quotidien La Dépêche du Midi trois décennies durant[3]. Ces deux activités artistiques seront complétées par la pratique de l'accordéon en tant que musicien d'orchestre, du bandonéon à titre personnel et du saxophone au sein du Jazz Band de Castres, lequel se produira en concerts dans divers piano-bars[4][source insuffisante].

Jacques Roumégoux s'engage très tôt sur la voie l'abstraction : sa peinture est gestuelle, les compositions de ses tableaux et les couleurs employées leur confèrent l'énergie de l'abstraction lyrique. L’artiste apprend les techniques de l'estampe, les ouvrant à diverses expérimentations : de temps à autre, il remplace les plaques de cuivre par toutes sortes de matériaux tels tissus, papiers et végétaux. En 1958, Étienne Grillou, rédacteur de La Dépêche du Midi et directeur de la Revue du Tarn, écrira :

« Avec Jacques Roumégoux, nous entrons chez les abstraits. On remarque le mouvement , la richesse et le travail des couleurs. Ici les titres n'ont plus de sens. Il faut se laisser prendre par l'harmonie et le mouvement[5]. Jacques Roumégoux est un abstrait. Ses masses tournoient, semblent vouloir s'évader du cadre. Nous nous souvenons de ses constructions équilibrées de naguère. La rapide évolution de Roumégoux dont les matières sont fort belles a surpris ceux qui l'avaient déjà classé. On sent qu'en véritable artiste, Roumégoux travaille pour lui et jouit de ses propres découvertes[6]. »

Au sortir de la guerre, les artistes de Castres ont le désir de travailler en groupe et d’exposer ensemble leurs travaux. Trois ateliers seront créés dont l’Atelier des Monges en 1950[7]. Jacques Roumégoux sera membre de l'Atelier d'Art Plastique Castrais"[8], créé en 1952, puis membre fondateur et vice-président de l'Atelier 7, créé en 1969[9].

À Castres en 1955, l'artiste participe à Tendances de l'Art Actuel, une retentissante exposition de peinture abstraite[10] organisée par la Galerie Granier : les œuvres des peintres de l'Atelier d'Art Plastique Castrais sont confrontées à celles de Jean-Michel Atlan, Óscar Domínguez, Jacques Doucet et Albert Gleizes[11].

Soucieux de développer la notoriété du Musée Goya, Jacques Roumégoux et Gaston Poulain, conservateur du musée, mettent en place une politique de communication innovante : toutes les personnalités de passage à Castres et qui visitent le Musée Goya sont systématiquement photographiées. Les clichés sont envoyés à La Dépêche du Midi qui publie des articles sur la vie culturelle castraise[12][source insuffisante].

Les deux premières expositions personnelles de Jacques Roumégoux sont organisées par les galeries Granier à Castres en 1956[13][source insuffisante] et L’Atelier à Toulouse en 1965[14][source insuffisante].

Exposition à la Galerie Granier à Castres en 1956.
Exposition à la galerie L'Atelier à Toulouse en 1965.

Grand facétieux, Jacques Roumégoux est intronisé au sein de la Faculté de Catachimie et participe assidûment aux burlesques cérémonies organisées par ses membres. Il se lie d’amitié avec Gil[15] [Gilbert Chevalier, ndlr], Régent du Collège de Pataphysique, qui lui propose de collaborer à la réalisation d'« objets loufoques » tels la « Bibliothèque du 21e siècle » et le « Radiateur de glace »[16][source insuffisante]. Fidèle aux préceptes catachimiques, Jacques Roumégoux réalise une sculpture intitulée Mécanique inutile qui sera exposée au Salon du Granit de Castres en 1973[17]. En 1970, une assemblée de catachimistes et pataphysiciens est réunie à l'occasion du vernissage de l'exposition Jacques Roumégoux organisée par l'Atelier 7 à Castres :

Cachet de la Faculté de Catachimie.

« Samedi soir, à l’ « Atelier 7 », les peintures de Jacques Roumégoux servaient de décor à l’assemblée du Collège [de la Faculté, ndlr] de Catachimie, la deuxième dans notre ville. Les maîtres catachimistes de Toulouse, après avoir fait une entrée discrète, prirent place à la table, et plusieurs allocutions d’usage et discours de bienvenue, dont l’un en serbo-croate, furent prononcés. Le maître pataphysicien castrais, M. Cambos, devait ensuite, devant une toile de J. Roumégoux représentant « Le nuage rouge », nous parler de ce dit nuage avec un grand talent oratoire et une grande force de persuasion.[18]. »

En 1989, le peintre présente neuf toiles lors de la rétrospective Castres 3 ateliers 1946-1976 organisée par le Centre Régional d'Art Contemporain de Labège en Haute-Garonne[19]. Cette importante exposition fera date : elle met en lumière l'intense activité des Arts plastiques qui règne au sein de la ville de Castres durant trente ans.

Jacques Roumégoux ne rompt pas définitivement avec la figuration : à partir de la seconde moitié de la décennie 1980, il consacre les dernières années de sa carrière de peintre à l'hyperfiguration[20]. Ses tableaux hyperréalistes sont exposés au Salon d'Automne en 1989[21][source insuffisante], 1990[22][source insuffisante], 1991[23][source insuffisante] et 1998[24]refins, et par les galeries Amyot à Paris en 1990 et Roger Betti à Toulouse en 1991 lors d'expositions personnelles[réf. secondaire souhaitée].

Exposée au Salon d'Automne de l'année 1991, la toile Hommage à Carlos Gardel de Jacques Roumégoux est remarquée par Michel Plasson. EMI Classics en acquiert les droits de reproduction afin d'illustrer l'album Tangos, sorti en 1992, joué par l'Orchestre national du Capitole de Toulouse sous la direction du chef d'orchestre[25][source insuffisante].

À la fin de l'année 2015 et au début de l'année 2016, la ville de Castres rend hommage à Jacques Roumégoux : une rétrospective de l'œuvre de l'artiste est présentée durant trois mois au Centre national et musée Jean Jaurès[26][source insuffisante],[27],[28].

Expositions

Personnelles

Exposition à l'Atelier 7 à Castres en 1970.
  • 1956, Jacques Roumégoux, Castres, Galerie Granier : peintures.
  • 1965, Jacques Roumégoux, Toulouse, Galerie L'Atelier : peintures (catalogue).
  • 1970, Jacques Roumégoux, Castres, Atelier 7 : peintures et gravures.
  • 1990, Jacques Roumégoux, Paris, Galerie Amyot : peintures.
  • 1991, Jacques Roumégoux, Toulouse, Galerie Roger Betti : peintures.
  • 1992, Jacques Roumégoux, Castres, Atelier 7 : peintures.
  • 2015/2016, Jacques Roumégoux, Castres, Centre national et musée Jean Jaurès : peintures et gravures.
  • 2016, Jacques Roumégoux, Sorèze, Galerie Lucien Noygues : peintures et gravures.
  • 2019, Jacques Roumégoux, La Cadière-d'Azur, Galerie 50 : peintures (catalogue).

Collectives

Exposition au Groupe Scolaire Villegoudou, années 50.
  • 1955, Tendances de l'Art Actuel, Castres, Galerie Lucien Granier : peinture.
  • 1963, Prix Charles Malpel, Montauban, Halle du Marché : peintures (catalogue).
  • 1967, "O" 'EPOƩ, Toulouse, Galerie Simone Boudet : peinture.
  • 1969-1976, L'Atelier 7, Castres, Atelier 7 : peintures.
  • 1983, La Fiesta de Séville, Castres, Théâtre Municipal : peintures.
  • 1986, D'Espic et ses Amis, Castres, Bibliothèque Municipale : gravure (catalogue).
  • 1989, Castres 3 Ateliers 1946-1976, Labège, Centre Régional d’Art Contemporain : peintures (catalogue).
  • 1990, Inauguration, Najac, Galerie La Désirade : peintures.
  • 1991, Peintres de Castres, Castres, Atelier du Coche d'Eau : peintures.
  • 1991, Castres, Centre Théron-Périé : peintures.
  • 1994, L'Atelier 7, Castelginest, Galerie Municipale : peintures (catalogue).
  • 2017, École de Paris et Jeune Peinture, La Cadière-d'Azur, Galerie 50 : peinture (catalogue).
Salon Art Nouveau à Montauban, années 50.

Bibliographie

Ouvrages généraux

Catalogues d'expositions personnelles

Notes et références

  1. État civil dans le fichier des personnes décédées en France depuis 1970.
  2. Jean-Pierre Gaubert, Salut l'Artiste !, La Dépêche du Midi, 4 novembre 1991.
  3. Gaston-Louis Marchal, À propos d'artistes plasticiens Castrais du XXe siècle Dictionnaire, page 209, Société Culturelle du Pays Castrais, 2002, ISBN n°2-904401-43-1.
  4. Patrice de Ginestet, Jacques Roumégoux, catalogue d'exposition, 18 juillet - 4 août 2019, Galerie 50, La Cadière-d'Azur.
  5. Étienne Grillou, L'exposition de l'École Castraise d'Art Moderne, La Dépêche du Midi, 9 avril 1958.
  6. Étienne Grillou, La belle exposition de l'École Castraise d'Art Moderne, Revue du Tarn n°10, 15 juin 1958, page 170.
  7. Patrice de Ginestet, Christian d'Espic Catalogue Raisonné, page 131, Société des Amis de Christian d'Espic, Castres, 1999, ISBN n°2-9503289-1-1.
  8. Pierre-Yves Labordes, Castres 3 Ateliers 1946-1976, page 62, Éditions de la Société de l'Imprimerie Artistique, Lavaur, 1989, ISBN n°2-905992-23-9.
  9. Pierre-Yves Labordes, Castres 3 Ateliers 1946-1976, page 38, Éditions de la Société de l'Imprimerie Artistique, Lavaur, 1989, ISBN n°2-905992-23-9.
  10. Gaston-Louis Marchal, À propos d'artistes plasticiens Castrais du XXe siècle Dictionnaire, page 117, Société Culturelle du Pays Castrais, 2002, ISBN n°2-904401-43-1.
  11. Jean-François Alquier, Les joies de l'abstraction, La Dépêche du Midi, 8 février 1955.
  12. Musées d'Occitanie, Fiche de l'exposition Jacques Roumégoux au Centre national et musée Jean Jaurès à Castres sur le site Internet des Musées d'Occitanie.
  13. Jacques Roumégoux, carton d'invitation, Galerie Granier, Castres, du 5 au 26 mai 1956.
  14. Jacques Roumégoux, plaquette d'exposition, galerie L'Atelier, Toulouse, du 9 au 21 avril 1965.
  15. Bibliothèque Nationale de France.
  16. Gil Chevalier, lettre à Jacques Roumégoux, 13 mars 1971.
  17. Gaston-Louis Marchal, À propos d'artistes plasticiens Castrais du XXe siècle Dictionnaire, page 210, Société Culturelle du Pays Castrais, 2002, ISBN n°2-904401-43-1.
  18. H. P., Atelier 7 à droite de L'Agout : « Soirée rive gauche », La Dépêche du Midi, 5 février 1970.
  19. Pierre-Yves Labordes, Castres 3 Ateliers 1946-1976, page 61, Éditions de la Société de l'Imprimerie Artistique, Lavaur, 1989, ISBN n°2-905992-23-9.
  20. Jean-Pierre Gaubert, Jack Spot... de l'art., La Dépêche du Midi, 22 novembre 1992.
  21. Salon d'Automne 1989, catalogue d'exposition, page 209, Grand Palais, Paris, du 21 octobre au 12 novembre 1989.
  22. Salon d'Automne 1990, catalogue d'exposition, page 222, Grand Palais, Paris, du 5 au 25 novembre 1990.
  23. Salon d'Automne 1991, catalogue d'exposition, page 225, Grand Palais, Paris, du 19 octobre au 3 novembre 1991.
  24. Salon d'Automne 1998, catalogue d'exposition, pages 73 et 012, Espace Eiffel Branly, Paris, du 6 au 15 novembre 1998.
  25. Carlos Gardel, Michel Plasson, Orchestre du Capitole de Toulouse, Tangos, EMI Classics, Compact Disc enregistré les 14, 16 et 18 janvier 1992 à la Halle aux grains de Toulouse.
  26. « Centre national et musée Jean Jaurès - Liste des expositions temporaires », sur ville-castres.fr, .
  27. Rétrospective des talents de Jacques Roumégoux, La Dépêche du Midi, 17 novembre 2015.
  28. Jacques Roumégoux, Pôles Sud, rubrique Sortir, page 14, n°51 décembre 2015.

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