Kevin Bossuet
Kevin Bossuet est un enseignant d'histoire-géographie français. Il intervient à partir de 2019 dans des émissions de débat, d'abord sur Sud Radio, puis notamment sur CNews, RMC et RMC Story[1],[2]. Il publie parallèlement des tribunes consacrées à l'école, à l'histoire, à la politique et aux questions de société, en particulier dans Valeurs actuelles et Causeur[3],[4].
Ses interventions accordent une place importante à l'école et à son expérience d'enseignant, tout en portant plus largement sur l'immigration, la laïcité, l'identité nationale et la vie politique. En 2018, il se présente comme « gaulliste de droite »[5].
Parcours
Enseignement
Kevin Bossuet est diplômé en histoire contemporaine[6]. Il enseigne l'histoire-géographie dans l'enseignement secondaire.
Activités médiatiques
Les archives de Sud Radio font apparaître Kevin Bossuet dans Le 10 heures - midi - Débat dès le 29 mars 2019[2]. Il y revient à plusieurs reprises cette année-là sur des sujets mêlant actualité politique, immigration, école et questions de société[7]. Après l'assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, la station le reçoit pour évoquer les contestations d'enseignements et la laïcité à l'école[8].
Sa visibilité augmente fortement en 2021. Le Parisien relève ses apparitions répétées sur CNews, BFM TV et RMC, ainsi qu'un passage dans Touche pas à mon poste ![1]. Il devient également un intervenant régulier des Grandes Gueules, diffusées sur RMC et RMC Story. En juin 2022, Puremédias le présente comme l'une des « figures du programme », aux côtés d'Elina Dumont et de Thomas Porcher[9].
Il intervient également dans Punchline sur Europe 1, où sa participation est attestée en 2024 puis en 2025 ; l'émission est alors codiffusée avec CNews[10],[11].
Il quitte par la suite Les Grandes Gueules. En juillet 2026, Puremédias rapporte qu'il avait préféré renoncer à cette émission plutôt qu'à Sud Radio[12].
Publications dans la presse
À partir de la fin des années 2010, Bossuet publie des textes d'opinion dans plusieurs titres. Il signe notamment une tribune dans Marianne en 2019 sur la formation des enseignants, reprise dans un article du Figaro Étudiant consacré à la réforme du master MEEF[13].
Son activité éditoriale la plus fournie se trouve dans Valeurs actuelles, dont la page d'auteur recense 70 contributions en septembre 2026, consacrées notamment à l'histoire, à l'éducation, à l'immigration et à la politique française ou internationale[3]. Il écrit également pour Causeur, qui recense sept articles publiés entre 2019 et 2023[4].
Prises de position publiques
École, autorité et enseignement de l'histoire
Kevin Bossuet défend une conception de l'école centrée sur l'autorité du professeur, la discipline et la transmission des connaissances. Dans le débat sur la formation initiale des enseignants, il critique la diminution qu'il attribue à la réforme du master MEEF de la place des savoirs disciplinaires au profit des méthodes pédagogiques[13]. Il associe plus largement les difficultés de l'institution scolaire à une crise de l'autorité et à la dégradation du climat de certains établissements.
Il accorde aussi une place importante à l'histoire nationale. En 2021, à l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier, il estime dans Le Figaro Étudiant que l'étude de Napoléon devrait être davantage développée et lie l'enseignement de l'histoire à la construction d'un sentiment d'appartenance à la France[14].
Laïcité, islamisme et antisémitisme
Après l'assassinat de Samuel Paty, Bossuet affirme sur Sud Radio avoir rencontré des élèves contestant des enseignements relatifs à la Shoah, à la laïcité ou à la guerre d'Algérie, et dit craindre que certains enseignants ne s'autocensurent devant des sujets sensibles[8]. Il reprend ensuite ce diagnostic sur CNews : en mars 2024, il déclare que certains professeurs n'osent plus, selon lui, parler de laïcité ou de liberté d'expression[15] ; en mars 2025, à l'occasion du changement de nom du collège où enseignait Samuel Paty, il qualifie l'« islam politique » de menace pour l'école républicaine[16].
L'antisémitisme constitue un autre thème récurrent de ses textes et interventions. Il lui consacre notamment une tribune dans Causeur en 2021[17]. En avril 2025, il affirme sur CNews devoir régulièrement combattre en classe des préjugés ou propos antisémites chez certains élèves[18].
Positionnement politique et questions d'identité
En 2018, Le Figaro Étudiant relève que Kevin Bossuet se présente sur les réseaux sociaux comme « gaulliste de droite »[5]. Ses tribunes et interventions ultérieures défendent notamment l'assimilation et l'identité nationale, et accordent une place importante aux questions d'immigration[19],[3]. En février 2025, il résume cette conception sur CNews en déclarant que la nationalité française doit, selon lui, être héritée ou « méritée »[20].
En avril 2025, après qu'il a défendu publiquement les « racines catholiques » de la France, des internautes l'accusent d'enfreindre la laïcité et le devoir de réserve des enseignants. Le média de vérification juridique Les Surligneurs estime que cette prise de position, exprimée hors de l'exercice de ses fonctions, ne constitue pas en elle-même une violation de l'obligation de neutralité et conclut que, dans ce cas précis, il n'a pas manqué à son devoir de réserve. Le média rappelle toutefois que ce devoir impose une certaine retenue aux agents publics et précise ne pas savoir si Bossuet enseigne dans un établissement public ou privé[21].
Réception médiatique
Dans un portrait publié en 2021, Le Parisien observe que la qualité de professeur en Seine-Saint-Denis de Kevin Bossuet est presque systématiquement mise en avant lorsqu'il commente l'école, les banlieues ou les questions identitaires. Le quotidien le décrit comme un « bon client » des plateaux de débat et qualifie certaines de ses déclarations sur la Seine-Saint-Denis de « polémiques voire caricaturales »[1].
En juillet 2022, Le Monde, dans une enquête consacrée à la progression de la droite radicale dans les médias, décrit un circuit dans lequel des auteurs publiés par Valeurs actuelles ou FigaroVox acquièrent ensuite une exposition régulière sur CNews et Europe 1. Le quotidien cite Bossuet dans ce contexte et le qualifie de professeur d'histoire-géographie « tendance réac »[22].
Une étude de Nikos Smyrnaios et Pierre Ratinaud publiée en 2023 dans la revue scientifique Réseaux s'intéresse à la genèse et à la circulation du terme « islamo-gauchisme » dans la presse, le débat politique et sur Twitter. Dans leur analyse du réseau de retweets constitué après les déclarations de Jean-Michel Blanquer sur ce thème, les auteurs situent Kevin Bossuet dans un groupe comprenant notamment des personnalités politiques de droite et d'extrême droite, des médias comme CNews et Valeurs actuelles, des éditorialistes et des comptes militants[23]. L'étude porte sur les interactions autour d'un terme et d'une période déterminés ; elle ne constitue pas une classification générale des comptes étudiés.
Références
- ↑ 1,0 1,1 et 1,2 Hélène Haus, « Islamisme, racisme anti-Blancs, homophobie : comment ce prof du 93 est devenu le chouchou des plateaux télé », Le Parisien, 25 octobre 2021.
- ↑ 2,0 et 2,1 « Le 10 heures - midi - Débat - 29/03/2019 », Sud Radio, 29 mars 2019.
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 « Kevin Bossuet : tous ses articles », Valeurs actuelles, consulté le 29 septembre 2026.
- ↑ 4,0 et 4,1 « Kevin Bossuet, auteur/autrice », Causeur, consulté le 3 septembre 2026.
- ↑ 5,0 et 5,1 « La profanation du monument aux morts de l'ENS suscite l'indignation », Le Figaro Étudiant, 5 avril 2018.
- ↑ « Un menu alléchant pour une toute nouvelle formule ! », Sud Radio, 2 septembre 2026.
- ↑ « Le 10 heures - midi - Débat - 25/09/2019 », Sud Radio, 25 septembre 2019.
- ↑ 8,0 et 8,1 « Kevin Bossuet : "il y a des élèves qui remettent en cause la Shoah, la laïcité, la guerre d'Algérie..." », Sud Radio, 19 octobre 2020.
- ↑ Florian Guadalupe, « Audiences : Record pour "Les grandes gueules" sur RMC Story », Puremédias, 10 juin 2022.
- ↑ « Punchline, l’intégrale du 22/02/2024 », Europe 1, 22 février 2024.
- ↑ « Punchline - 14/07/25 », Europe 1, 14 juillet 2025.
- ↑ Olivier Cortinovis, « "Je vais essayer de ne pas pleurer" : Valérie Expert a fait ses adieux à Sud Radio », Puremédias, 3 juillet 2026.
- ↑ 13,0 et 13,1 Paul de Montferrand, « Le nouveau master Meef n'a pas résolu la crise des vocations dans l'enseignement », Le Figaro Étudiant, 13 juin 2022.
- ↑ Emma Ferrand, « Napoléon, nous devrions l'enseigner plus, pour que les élèves se sentent plus français », Le Figaro Étudiant, 6 mai 2021.
- ↑ « Les enseignants n'osent plus parler de laïcité ou de liberté d'expression, regrette Kevin Bossuet », CNews, 29 mars 2024.
- ↑ « L'islam politique est en train de ronger l'école de la République, s'afflige Kévin Bossuet », CNews, 15 mars 2025.
- ↑ « Comment l’islamisme chasse les Juifs de nos quartiers », Causeur, 25 février 2021.
- ↑ « Dans ma salle de classe, je passe mon temps à lutter contre l'antisémitisme, déplore le professeur d'histoire Kevin Bossuet », CNews, 23 avril 2025.
- ↑ « Ces citoyens français qui ne sont pas "Notre-Dame" », Causeur, 19 avril 2019.
- ↑ « La nationalité française soit ça s'hérite, soit ça se mérite, estime Kevin Bossuet », CNews, 8 février 2025.
- ↑ Guillaume Baticle, « Un enseignant doit-il s'abstenir de donner son avis sur la religion ou la politique dans les médias ? », Les Surligneurs, 15 avril 2025.
- ↑ Sandrine Cassini et Aude Dassonville, « Comment l’extrême droite a infiltré les médias », Le Monde, 8 juillet 2022.
- ↑ Nikos Smyrnaios et Pierre Ratinaud, « De la presse parisienne à la fachosphère. Genèse et diffusion du terme "islamo-gauchisme" dans l'espace public », Réseaux, 2023/5, n° 241, p. 163-195, DOI 10.3917/res.241.0163.
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