Le Rêve aux Loups

Aller à la navigation Aller à la recherche

Le Rêve aux Loups
Image illustrative de l’article Le Rêve aux Loups
Visuel associé au roman.

Auteur Jordan Diowe
Pays France
Genre Roman, roman sociétal
Éditeur Édilivre
Collection Classique
Date de parution 24 avril 2014
Type de média Livre broché
Nombre de pages 404
ISBN 978-2-332-61411-7

Le Rêve aux Loups est un roman français de Pascal Duthuin, publié sous le pseudonyme Jordan Diowe chez Édilivre en 2014. La Bibliothèque nationale de France catalogue l'ouvrage sous ce nom d'auteur et sous le titre Le rêve aux loups[1], tandis que Le Parisien identifie Jordan Diowe comme le pseudonyme employé par Duthuin pour ce premier roman[2]. L'édition brochée paraît le 24 avril 2014 dans la collection « Classique »[3].

Présenté par l'auteur comme un « roman sociétal », le livre mêle récit autobiographique transposé, critique de la justice familiale et intrigue de thriller autour d'un père en conflit sur la garde de sa fille. Le matériau de départ vient du long conflit familial et judiciaire vécu par Pascal Duthuin ; la fiction le radicalise en faisant de son protagoniste, Niklos Davone, l'auteur d'un projet mêlant publication d'un texte, manipulation de l'opinion et violence terroriste[4].

Genèse et dimension autobiographique

Pascal Duthuin, qui publie le roman sous le nom de Jordan Diowe.

La matière du roman provient en grande partie de l'expérience personnelle de Pascal Duthuin. Après son divorce, il mène pendant plus de dix ans un combat judiciaire concernant la garde de sa fille. Interrogé en 2014 par Le Parisien, il explique avoir voulu tirer de ce parcours un récit critique envers le fonctionnement de la justice familiale et présenter les erreurs qu'il estime avoir lui-même commises[2]. Le journal présente l'ouvrage comme une autobiographie transformée en fiction, dont le dénouement violent relève de la construction romanesque[2].

Cette transposition est au cœur du dispositif du livre. Le personnage principal, Niklos Davone, reprend un parcours fait de voyages, de réussite professionnelle puis de déclassement, avant qu'un conflit familial ne devienne le centre de son existence. Les documents de présentation du roman font circuler l'action entre la Franche-Comté, l'Île-de-France et plusieurs étapes à l'étranger ; certains lieux réels sont rebaptisés, L'Isle-Adam devenant notamment « Éthanol » et Besançon « Rocheterre »[5].

Le choix du pseudonyme participe lui-même à cette mise à distance. La BnF attribue le livre à « Jordan Diowe », tandis que les activités artistiques de Pascal Duthuin sont généralement présentées sous le nom de Jordan Diow[1],[6]. Dans les textes de présentation du roman, l'identité de l'auteur, celle du narrateur et celle du personnage sont volontairement rapprochées : le livre devient un manifeste produit à l'intérieur même de l'intrigue, donnant au pseudonyme une fonction narrative autant qu'éditoriale[5].

Intrigue

Le récit suit Niklos Davone, un homme d'âge mûr dont le parcours est reconstruit à partir de son enfance, de sa jeunesse voyageuse et de sa vie professionnelle. Après une période de stabilité et de réussite, son couple se défait. La séparation entraîne un long conflit autour de sa fille Myriam et une succession de procédures qui accompagnent son déclassement. Une décision de la cour d'appel de Versailles constitue le point de rupture : Niklos estime perdre toute possibilité de peser sur l'éducation et l'avenir de son enfant[5].

Le roman élargit ensuite ce conflit intime. Sa présentation éditoriale met en avant deux pôles, la famille et le terrorisme, et fait du basculement du personnage vers l'action violente la conséquence extrême de son sentiment d'impasse[3]. Son objectif n'est plus seulement de contester une décision de justice, mais de transformer son échec personnel en événement public.

Niklos conçoit alors un « Plan » destiné à assurer l'avenir matériel de sa fille, à restaurer son honneur et à donner une portée collective à son ressentiment. Il cherche à associer le monde de l'édition à une opération de manipulation de masse reposant sur la menace et la violence terroriste[4]. Le livre lu par le lecteur est lui-même intégré à ce dispositif : il fonctionne à la fois comme récit, manifeste et pièce de la stratégie attribuée au protagoniste[5]. Cette mise en abyme brouille la frontière entre auteur réel, pseudonyme et personnage.

Construction et thèmes

Paternité et justice familiale

Le thème dominant est celui de la paternité après la séparation. Le roman adopte le point de vue d'un père qui considère que les décisions judiciaires l'ont progressivement écarté de sa fille. Cette perspective nourrit la dimension pamphlétaire du texte, qui met en cause la justice familiale française et défend une place plus importante accordée au père après la séparation[4]. Il s'agit du point de vue porté par le roman et par son auteur, non d'une étude du fonctionnement de la justice.

La fiction met en parallèle la dégradation du lien familial et le déclassement social de Niklos. La perte de statut et l'isolement donnent au conflit judiciaire une portée plus large : le personnage vit la procédure comme l'effondrement de son identité sociale et familiale. Le qualificatif de « roman sociétal » revendiqué autour de l'ouvrage renvoie à cette volonté de transformer une expérience individuelle en critique des institutions et des rapports familiaux[4].

Fiction autobiographique et roman-manifeste

La proximité entre expérience vécue et invention est assumée, mais le livre ne se présente pas comme un compte rendu judiciaire. Les noms sont transformés, des lieux sont déplacés ou rebaptisés et la trajectoire de Niklos débouche sur un scénario de violence et de manipulation qui relève de la fiction[5]. Le dispositif permet de faire du geste d'écrire une composante de l'action : le protagoniste ne raconte pas seulement son histoire, il entend utiliser le texte pour agir sur ceux qui le liront et sur l'image qui restera de lui.

Cette structure rapproche l'ouvrage du roman à thèse et du roman-manifeste, tout en conservant les ressorts d'un thriller. Les souvenirs d'enfance, les voyages et le récit du déclassement servent moins à établir une chronologie exhaustive qu'à expliquer la logique psychologique par laquelle le personnage transforme sa colère privée en projet public.

Violence et figure du loup

La radicalisation de Niklos constitue le principal ressort dramatique du récit. La violence terroriste n'y est pas un simple décor : elle représente le passage de la protestation individuelle à une volonté de contrainte collective. Les résumés éditoriaux insistent sur l'articulation entre famille et terrorisme et sur le franchissement d'une limite morale par le protagoniste[3],[4].

La figure du loup accompagne cette montée en tension. Dans les extraits mis en avant autour du livre, elle est associée à la peur, à la prédation et au désir de revanche, tandis que le rêve renvoie au passé du personnage et à la manière dont celui-ci interprète sa propre trajectoire[5]. Le titre réunit ainsi les deux mouvements du récit : la relecture d'une vie et la transformation de la peur en menace.

Publication

L'ouvrage est publié à Saint-Denis par Édilivre en 2014. La notice de la BnF décrit un volume broché de 404 pages, imprimé à Roubaix par Sobook, portant l'ISBN (ISBN 978-2-332-61411-7)[1]. La Fnac donne une parution au 24 avril 2014 et rattache le livre à la collection « Classique » ; sa fiche compte 406 pages, contre 404 dans la notice de la BnF[3].

Le roman a également été proposé en livre numérique. Decitre répertorie à la fois l'édition imprimée et une édition électronique[7]. En 2026, les fiches de la Fnac et de Decitre signalent l'édition imprimée comme indisponible[3],[7].

Des textes de présentation utilisent aussi la forme longue Aurore ou Le Rêve aux Loups[5]. La notice de la BnF et les principales fiches commerciales de l'édition de 2014 retiennent toutefois le titre court Le rêve aux loups[1],[3].

Présentation publique et prolongements audiovisuels

La promotion du livre s'est appuyée sur plusieurs contenus audiovisuels réalisés par Jordan Diow. Son annuaire professionnel mentionne en 2014 une lecture publique du roman ainsi que deux bandes-annonces vidéo, dont l'une prend la forme d'un court métrage[6]. SensCritique répertorie un film de quatre minutes intitulé Le Rêve aux Loups, réalisé par Jordan Diow et présenté comme une bande-annonce mêlant images fantastiques et références à la justice familiale[8].

Un projet d'adaptation cinématographique a par ailleurs été présenté par l'auteur à partir du roman, avec Niklos Davone comme personnage central et une structure retraçant différents âges de sa vie[9]. Les sources consultées ne documentent pas la réalisation d'un long métrage achevé à partir de ce projet.

Réception et couverture médiatique

Au moment de la parution, Le Parisien consacre un article au livre en le replaçant dans le conflit de garde qui l'a inspiré. Le journal présente l'ouvrage comme un premier roman autobiographique transposé et rapporte la volonté de Pascal Duthuin d'en faire un « cri d'alarme » en faveur d'une évolution de la garde partagée[2]. Cette couverture s'intéresse principalement à la genèse sociale et familiale du texte plutôt qu'à une analyse littéraire.

Les évaluations visibles sur les plateformes de vente et de lecture restent limitées : la Fnac affiche un seul avis client, Decitre une seule note, tandis que Booknode recense quelques notes et commentaires[3],[7],[10]. Elles ne constituent donc pas, à elles seules, un corpus critique permettant d'établir une réception littéraire large.

Édition

  • Jordan Diowe, Le Rêve aux Loups, Saint-Denis, Édilivre, coll. « Classique », 2014, 404 p., (ISBN 978-2-332-61411-7)[1].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 « Notice bibliographique : Le rêve aux loups / Jordan Diowe », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 « Le combat pour la garde de sa fille est devenu un roman », sur Le Parisien, (consulté le ).
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 et 3,6 « Le rêve aux loups — Jordan Diowe », sur Fnac (consulté le ).
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 et 4,4 « Le Rêve aux Loups », sur Site de Jordan Diow (consulté le ).
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 5,4 5,5 et 5,6 « Le Rêve aux Loups de Jordan Diowe », sur Site consacré au roman (consulté le ).
  6. ↑ 6,0 et 6,1 « Jordan Diow », sur APARR (consulté le ).
  7. ↑ 7,0 7,1 et 7,2 « Le rêve aux loups de Jordan Diowe », sur Decitre (consulté le ).
  8. ↑ « Le Rêve aux Loups », sur SensCritique (consulté le ).
  9. ↑ « Le Rêve aux Loups de Jordan Diow — adaptation du roman éponyme », sur Vimeo (consulté le ).
  10. ↑ « Le rêve aux loups », sur Booknode (consulté le ).

Liens externes

Article publié sur Wikimonde Plus

  • icône décorative Littérature française ou francophone