Louis Pousse
| Nom de naissance | Louis Moïse Henri Pousse |
|---|---|
| Naissance |
La Motte-de-Galaure (Drôme, France) |
| Décès |
(à 68 ans) Saint-Uze (Drôme, France) |
| Nationalité | Française |
| Profession |
Ingénieur hydraulicien, dirigeant d'entreprise publique |
| Autres activités |
Enseignement de l'hydraulique |
| Formation |
Université de Grenoble |
| Distinctions |
Chevalier de la Légion d'honneur (1955) ; officier de l'ordre national du Mérite (1974) |
Louis Pousse, né le 12 août 1909 à La Motte-de-Galaure (aujourd'hui intégrée à Saint-Jean-de-Galaure, dans la Drôme) et mort le 18 février 1978 à Saint-Uze (Drôme), est un ingénieur hydraulicien et dirigeant français d'Électricité de France (EDF)[1].
Il fait partie des responsables de l'équipement hydroélectrique français d'après-guerre. Directeur de la région d'équipement hydraulique Alpes II à la fin des années 1950, il participe à la réalisation de l'ensemble Roselend–La Bâthie, en Savoie. Il exerce ensuite des fonctions de direction dans la production hydraulique d'EDF[2].
Biographie
Formation et débuts professionnels
Louis Pousse naît dans une famille nombreuse de cultivateurs de la Drôme. Il poursuit ses études à Grenoble, où il obtient en 1929 le diplôme de l'école des ingénieurs électriciens, puis en 1930 celui de l'école des ingénieurs hydrauliciens de l'université de Grenoble, dont il est major de la première promotion.
Après son service militaire, effectué comme officier dans l'intendance, il entre dans le secteur privé. Ingénieur de travaux, il conduit des chantiers d'équipements hydroélectriques dans les Pyrénées, avant de poursuivre son activité dans les Alpes.
Seconde Guerre mondiale et Résistance
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Louis Pousse travaille sur des chantiers hydroélectriques alpins, notamment ceux de la chute du Vénéon, à Vénosc, en Isère. Il apporte un soutien logistique à la Résistance dans le secteur de l'Oisans. Dans son récit consacré au maquis de l'Oisans, le lieutenant-colonel Lanvin mentionne un directeur des chantiers du Vénéon, désigné sous le nom de « M. Mousse », parmi les personnes sur lesquelles les maquisards peuvent compter[3].
Les grands équipements hydrauliques d'EDF
La nationalisation du secteur électrique conduit à la création d'Électricité de France en 1946. Louis Pousse poursuit sa carrière au sein de l'établissement public, dans les services chargés de l'aménagement des chutes et de la construction des barrages. Son activité ne se limite pas au Beaufortain : dès 1951, il publie avec l'ingénieur J. Orth une étude sur le barrage de Plan d'Aval, élément de l'aménagement de la chute d'Aussois, en Maurienne[4].

Le principal chantier auquel son nom est associé est l'aménagement de Roselend–La Bâthie, engagé par EDF au milieu des années 1950. En octobre 1959, Louis Pousse est identifié comme directeur de la région d'équipement hydraulique Alpes II. Il présente alors aux visiteurs du chantier la centrale souterraine de La Bâthie et les installations de Roselend[2]. Sa responsabilité est celle de l'organisation des travaux pour EDF : le projet du barrage est établi par le bureau d'études Coyne et Bellier, tandis que sa construction est assurée par des entreprises de travaux publics[2].
L'ouvrage principal, dont la première mise en eau intervient en 1960 et qui est intégré à un aménagement entré en service en 1961, associe une voûte et un barrage à contreforts. Il mesure 150 mètres de haut et 804 mètres de long en crête ; sa retenue peut stocker 187 millions de mètres cubes d'eau. Associé aux barrages de Saint-Guérin et de La Gittaz, il alimente la centrale de La Bâthie, où l'électricité est produite par des turbines grâce à une chute d'environ 1 200 mètres[5]. La production annuelle d'environ un milliard de kilowattheures, annoncée à l'époque des travaux, correspond à l'ensemble de l'aménagement et non au barrage considéré isolément[2],[6].
Ce vaste programme transforme également la vallée de Roselend. La création des retenues entraîne la submersion de pâturages d'altitude, de chalets et d'équipements agricoles, suscitant des négociations difficiles entre EDF et certains éleveurs du Beaufortain. En parallèle, les chantiers et les routes qui leur sont associées favorisent l'emploi et modifient les conditions d'accès à la montagne. Ces conséquences sont étudiées dans une enquête historique et ethnologique consacrée à l'hydroélectricité dans la région[7].
Responsabilités nationales et fin de carrière
Après ses responsabilités régionales, Louis Pousse rejoint la direction centrale d'EDF. Il devient directeur adjoint de la Production et du Transport et chef du Service de la production hydraulique, chargé de l'exploitation des équipements hydroélectriques de l'entreprise. Il exerce ces fonctions pendant plusieurs années. Son titre apparaît notamment dans une convention relative à l'utilisation des eaux du barrage de Pareloup pour l'alimentation en eau du Ségala, qui témoigne de la place prise par les autres usages de l'eau dans la gestion des barrages[8].
À la fin de sa carrière, il est nommé contrôleur général pour les questions liées à l'eau et devient administrateur de la Compagnie nationale du Rhône (CNR). Il prend sa retraite en 1974. Son parcours s'inscrit dans l'histoire de l'organisation et du développement du Service de la production hydraulique d'EDF après la nationalisation[9].
Enseignement et publications techniques
Parallèlement à son activité d'ingénieur, Louis Pousse enseigne à l'École nationale des travaux publics de l'État ainsi qu'à l'école d'hydraulique de Grenoble, où il a lui-même étudié.
Ses articles et communications portent principalement sur la conception et l'exécution des ouvrages hydrauliques : barrages, galeries d'amenée et travaux d'enrochement. Ses contributions au Congrès international des grands barrages abordent ainsi l'étanchéité de la galerie reliant Roselend à La Bâthie et les essais de mise en œuvre des enrochements au Mont-Cenis[10].
Parmi ses publications et communications figurent :
- avec J. Orth, « Chute d'Aussois. Barrage de Plan d'Aval », La Technique moderne. Construction, tome VI, n° 4, avril 1951[4] ;
- « L'aménagement hydro-électrique de Roselend », Annales de l'Institut technique du bâtiment et des travaux publics, n° 145, janvier 1960[7] ;
- avec P. Jacquin, « Revêtements et étanchéité de la galerie d'amenée Roselend–La Bâthie », VIIe Congrès international des grands barrages, Rome, 1961[10] ;
- avec J. Molbert, « Essais de mise en œuvre d'enrochements au Mont-Cenis », VIIIe Congrès international des grands barrages, Édimbourg, 1964[10].
Distinctions
- Chevalier de la Légion d'honneur (décret du 6 août 1955)[11].
- Officier de l'ordre national du Mérite (décret du 2 juillet 1974)[12].
Références
- ↑ « Décès à Saint-Uze », Acte-deces.fr, relevé établi à partir du fichier des personnes décédées de l'Insee, rubrique « Février 1978 » (nom complet : Louis Moïse Henri Pousse).
- ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 « Exposé de M. Longeaux », Bulletin du P.C.M., décembre 1959, p. 14, lire en ligne. Le compte rendu d'une visite des chantiers en octobre 1959 présente Louis Pousse comme directeur de la région d'équipement hydraulique Alpes II.
- ↑ Lieutenant-colonel Lanvin, Liberté provisoire : le secteur 1 (Grenoble) au maquis dans l'Oisans, Grenoble, 1973, p. 119.
- ↑ 4,0 et 4,1 M.-C. Neuberger, « Recueil et traitement d'une documentation scientifique sur le pays de Vanoise en tant que cellule représentative du système alpin », Travaux scientifiques du parc national de la Vanoise, tome XII, 1982, p. 46, lire en ligne (référence de L. Pousse et J. Orth, 1951).
- ↑ Électricité de France, « Barrage de Roselend – Aménagement hydroélectrique de Roselend La Bâthie », 31 mars 2025.
- ↑ Paul Veyret, « Vers la plus puissante centrale des Alpes françaises. L'ensemble Roselend–La Bâthie », Revue de géographie alpine, vol. 48, n° 4, 1960, p. 701-707, lire en ligne.
- ↑ 7,0 et 7,1 Cornelia Beyerbach, L'hydro-électricité dans le Beaufortain et à La Bâthie : une aventure humaine. Étude ethnologique et historique, étude réalisée pour la Fondation FACIM, 2009-2010, notamment les parties consacrées aux aménagements de Roselend et aux activités agro-pastorales, lire en ligne (site de la commune de Beaufort).
- ↑ « Convention entre Électricité de France et le Syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable du Ségala », document reproduit dans les annexes du dossier d'incidence environnementale, document diffusé par la préfecture de l'Aveyron. Louis Pousse y est désigné comme « Directeur-Adjoint de la Production et du Transport, Chef du Service de la Production Hydraulique ».
- ↑ Georges Maurin (dir.), Histoire du Service de la production hydraulique d'Électricité de France (1946-1992), Paris, Association pour l'histoire de l'électricité en France, coll. « ELEC », 1995.
- ↑ 10,0 10,1 et 10,2 Comité français des barrages et réservoirs, « Congrès de la Commission internationale des grands barrages », répertoire des communications françaises : congrès de Rome de 1961 (C7-Q25-R89) et d'Édimbourg de 1964 (C8-Q31-R1).
- ↑ Décret du 6 août 1955 portant nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur.
- ↑ Décret du 2 juillet 1974 portant promotion dans l'ordre national du Mérite.
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