Minecraft pocket edition

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Minecraft: Pocket Edition

Développeur
Mojang
Éditeur
Mojang

Date de sortie
16 août 2011
Genre
Jeu de construction, Jeu vidéo de survie, bac à sable
Mode de jeu
Un joueur, multijoueur
Plate-forme
Android, iOS, Fire OS, Windows Phone

Minecraft: Pocket Edition, couramment appelé Minecraft PE ou Pocket Edition, est l'ancienne édition pour appareils mobiles du jeu vidéo de construction et de survie Minecraft. Développée par le studio suédois Mojang, elle paraît d'abord le 16 août 2011 sur le téléphone Sony Ericsson Xperia Play, puis sur les autres appareils Android en octobre et sur iOS en novembre de la même année[1],[2].

Conçue pour les écrans tactiles et les capacités des téléphones du début des années 2010, Pocket Edition ne reprend initialement qu'une petite partie du jeu sur ordinateur. Au fil de mises à jour, elle accueille les mécanismes de survie, la fabrication d'objets, les mondes étendus, les villages, de nouvelles dimensions et le jeu en ligne. Cette évolution la rapproche progressivement de l'édition originale tout en conservant une base technique distincte. En septembre 2017, elle est intégrée à la version multiplateforme de Minecraft, dite « édition Bedrock », et l'appellation Pocket Edition cesse d'être utilisée pour le jeu mobile[3].

Développement et commercialisation

Une adaptation pour téléphones (2011-2012)

Le Sony Ericsson Xperia Play, premier appareil sur lequel Pocket Edition est proposé, possède des commandes physiques coulissantes.

L'adaptation mobile de Minecraft, jeu créé par Markus Persson, est annoncée au printemps 2011. Son développement est confié notamment à Aron Nieminen et à Jens Bergensten, au sein de Mojang, plutôt qu'à Persson lui-même. Le projet n'est pas envisagé comme une reproduction exacte de la version pour ordinateur : la taille des écrans, les commandes tactiles et les performances des téléphones imposent de revoir l'interface et de sélectionner les fonctionnalités compatibles avec ces appareils[4]. Le premier prototype, réalisé par Nieminen en quelques mois, est encore très rudimentaire[5].

La première version publique, mise en vente le 16 août 2011 en exclusivité sur le Xperia Play, exploite la manette intégrée à ce téléphone Android. Elle propose essentiellement la construction libre, avec 36 types de blocs et des parties multijoueurs en réseau local. Les créatures, la gestion des ressources et les dangers du mode Survie n'y figurent pas encore[1]. La distribution est élargie aux autres téléphones et tablettes Android le 7 octobre 2011, avec des commandes adaptées à l'écran tactile[6]. L'application arrive sur l'App Store le 17 novembre, pour iPhone, iPod touch et iPad[2].

Mojang privilégie d'abord une version payante, mise à jour régulièrement, plutôt qu'un jeu gratuit financé par des achats intégrés. Le studio étend ensuite sa distribution aux tablettes Amazon Kindle Fire en septembre 2012[7], puis aux téléphones Windows Phone en décembre 2014[8]. Le jeu demeure une application achetée séparément de la version pour ordinateur.

L'enrichissement du jeu (2012-2016)

Le développement prend la forme d'une succession d'ajouts destinés à réduire l'écart avec Minecraft sur ordinateur. En février 2012, la mise à jour 0.2 introduit un premier mode Survie, avec l'alternance du jour et de la nuit ainsi que des monstres à affronter[9]. En avril, la fabrication d'outils et d'objets devient possible grâce à un système de recettes adapté aux commandes tactiles, différent de la grille de fabrication utilisée dans l'édition pour ordinateur[10].

Une transformation majeure intervient le 10 juillet 2014 avec la version 0.9.0. Jusqu'alors, les parties sont confinées à des cartes de taille limitée. La nouvelle génération de terrain permet des mondes qui s'étendent à mesure que le joueur les explore, généralement qualifiés de « mondes infinis ». Elle apporte également des biomes plus variés, de grandes grottes, des villages habités par des villageois et de nouvelles créatures[11]. Les villages et les mondes étendus sont donc des ajouts ultérieurs et non des caractéristiques de la première édition.

Les mises à jour de 2015 poursuivent cette convergence. La version 0.12 donne notamment accès au Nether, dimension parallèle hostile, et intègre la faim, la météo ainsi que des possibilités de déplacement supplémentaires[12]. La version 0.13, publiée en novembre, introduit les premiers composants de redstone, matériau permettant de construire des circuits et des mécanismes, mais sans offrir encore toutes les possibilités de l'édition pour ordinateur[13].

Le 19 décembre 2016, la mise à jour Ender Update marque le passage à la version 1.0. Elle ajoute notamment l’End, une dimension accessible au terme d'une progression dans le jeu, ainsi que le dragon qui y tient lieu d'adversaire final. L'ensemble du parcours de survie devient ainsi réalisable sur mobile, même si les versions disponibles sur les différentes plateformes ne possèdent pas encore exactement le même contenu[14].

Du jeu mobile à l'édition Bedrock (2017)

La volonté de réunir les joueurs sur plusieurs supports s'affirme avant même l'abandon du nom Pocket Edition. En 2015, Mojang rend possible des parties communes entre les appareils mobiles et Minecraft: Windows 10 Edition, une adaptation pour ordinateurs issue de la même technologie[12]. En juin 2016, la mise à jour dite Friendly Update ajoute l'intégration à Xbox Live et le service Minecraft Realms, qui permet de louer un monde persistant accessible en ligne à des joueurs invités. Le partage d'une partie n'est dès lors plus limité à la présence des appareils sur un même réseau Wi-Fi[15].

En juin 2017, la version 1.1, appelée Discovery Update, inaugure notamment la Minecraft Marketplace : cette place de marché propose des cartes, des apparences de personnages et des ensembles de textures réalisés par des créateurs partenaires, dont une partie est payante. Elle ajoute aussi des éléments de jeu comme les manoirs forestiers et les lamas[16]. L'introduction de contenus vendus à l'intérieur du jeu constitue une évolution par rapport au modèle initial, fondé sur l'achat de l'application.

Le 20 septembre 2017, la mise à jour Better Together unifie plusieurs éditions autour du moteur Bedrock. Les versions pour Android et iOS rejoignent notamment celles de Windows 10 et de la Xbox One sous le seul titre Minecraft, avec la possibilité de jouer ensemble entre ces plateformes et de retrouver certains contenus liés au compte du joueur[3]. Le passage se fait par une mise à jour de l'application mobile existante[17]. L'appellation Pocket Edition désigne désormais une étape historique du développement de Minecraft, et non une édition mobile maintenue séparément.

Le jeu multiplateforme ne concerne toutefois pas l'édition Java pour ordinateur, qui reste techniquement distincte et utilise ses propres serveurs. L'édition Bedrock sera ensuite étendue à d'autres consoles, dont la Nintendo Switch et la PlayStation 4[18].

Système de jeu

Exploration, construction et survie

Pocket Edition reprend le principe central de Minecraft : le joueur évolue dans un monde en trois dimensions composé de blocs, qu'il peut enlever, récupérer et replacer pour modifier le terrain ou édifier des constructions. La génération procédurale produit des paysages différents d'une partie à l'autre. Les ressources, les matériaux et les objets disponibles, tout comme les dimensions du monde, ont cependant beaucoup changé entre la sortie de 2011 et la fin de l'appellation Pocket Edition[19],[11].

Deux façons de jouer structurent progressivement l'expérience. En mode Créatif, les matériaux sont disponibles sans qu'il soit nécessaire de les récolter, ce qui privilégie la construction et l'expérimentation. En mode Survie, le joueur doit extraire des ressources, fabriquer des outils, se nourrir, bâtir un abri et se protéger des monstres, notamment pendant la nuit. La découverte de grottes, la recherche de minerais et l'accès aux autres dimensions enrichissent ensuite cette progression. Alors que seul le mode Créatif est présent au lancement, la survie et ses différents systèmes sont intégrés progressivement à partir de 2012[1],[9],[14].

Une interface conçue pour le mobile

L'adaptation doit permettre de se déplacer, de viser et de manipuler des blocs avec une surface tactile qui ne dispose ni des touches ni de la précision d'une souris. Sur les téléphones ordinaires, le déplacement passe par des commandes virtuelles affichées à l'écran, tandis que les interactions avec le décor reposent sur des pressions ou des appuis prolongés. Le Xperia Play se distingue initialement par ses boutons physiques, et la compatibilité avec des manettes externes est améliorée dans les versions ultérieures[1],[12].

Les contraintes des premiers appareils mobiles influencent aussi la conception des parties. Les cartes de taille limitée, la courte distance d'affichage et la sélection restreinte de blocs de la version originale réduisent les ressources nécessaires au fonctionnement du jeu, mais limitent l'exploration. Les développeurs ajustent également certaines durées de jeu et simplifient les opérations répétitives, notamment la fabrication d'objets, pour rendre les sessions sur téléphone plus pratiques[20],[10]. L'amélioration des capacités des appareils et les changements apportés au moteur permettent ensuite d'agrandir les mondes et de multiplier les créatures et les mécanismes sans abandonner le principe d'une interface adaptée au mobile.

Jeu à plusieurs et personnalisation

Dès 2011, plusieurs joueurs peuvent se rejoindre sur un réseau local afin de construire ensemble[1]. Les fonctionnalités en ligne se développent par la suite, d'abord à travers des passerelles avec la version Windows 10, puis grâce aux comptes Xbox Live et aux mondes hébergés par Realms. L'unification de 2017 permet finalement de retrouver des joueurs sur certains ordinateurs et consoles sans qu'ils possèdent la même catégorie d'appareil[15],[3].

La personnalisation ne concerne pas seulement les constructions : elle comprend aussi les apparences des personnages, les textures et des cartes élaborées par d'autres joueurs. L'arrivée de la Marketplace en 2017 organise une partie de cette offre autour d'un catalogue intégré, distinct du système de mods historiquement associé à l'édition Java. La version Bedrock conserve cette approche, tandis que les deux éditions restent séparées en matière de compatibilité et de jeu en réseau[16],[18].

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Réception critique

À sa sortie, Pocket Edition est appréciée pour la possibilité d'emporter le principe de construction de Minecraft sur téléphone, mais son contenu suscite des réserves. Testant la première version sur Xperia Play, Pocket Gamer souligne la réussite de l'adaptation aux commandes physiques et les possibilités créatives, malgré un ensemble encore réduit[21]. À l'inverse, Duncan Geere, pour Wired, regrette en novembre 2011 l'absence du mode Survie, une distance d'affichage très courte et la difficulté de placer précisément les blocs sur écran tactile. Il reconnaît néanmoins l'intérêt de pouvoir bâtir et jouer localement depuis un appareil mobile[19].

Sur iOS, Cassandra Khaw, de TouchArcade, reproche notamment au jeu son univers trop restreint et l'absence de cycle jour-nuit, qui lui font perdre une grande partie de l'exploration et du sentiment de progression de la version pour ordinateur. Elle relève cependant que le jeu fonctionne sur un iPhone relativement ancien et que ses commandes restent accessibles[22]. Ces critiques portent sur une version encore proche d'un prototype et ne décrivent pas l'état du jeu quelques années plus tard.

L'accueil évolue nettement à mesure que les mises à jour comblent ses principales lacunes. Dans un nouvel examen publié en octobre 2015, Shaun Musgrave, pour TouchArcade, estime que le jeu a été suffisamment transformé pour rendre son premier test presque caduc : mondes étendus, exploration souterraine, créatures et fabrication d'objets composent désormais une expérience beaucoup plus proche de Minecraft. Il lui attribue la note maximale du site, tout en signalant des différences persistantes avec l'édition pour ordinateur, en particulier pour la redstone à cette date[23].

Ventes et place dans la série

La progression commerciale est rapide malgré le modèle payant du jeu. Pocket Edition dépasse les dix millions d'exemplaires vendus en mai 2013, alors qu'elle est encore loin de proposer toutes les fonctionnalités de la version pour ordinateur. Le site professionnel PocketGamer.biz souligne à cette occasion la longévité inhabituelle de cette application à prix fixe dans les classements des boutiques mobiles, à une période où beaucoup de jeux adoptent le téléchargement gratuit et les achats intégrés[24].

Le seuil de trente millions d'exemplaires vendus est atteint en janvier 2015[25]. En décembre 2016, Mojang évoque de son côté plus de quarante millions de joueurs pour Pocket Edition, un indicateur qui n'est pas directement comparable à un nombre de ventes[5]. Ces chiffres témoignent de l'importance acquise par le jeu mobile au sein de la série avant sa fusion avec les autres versions Bedrock.

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 (en) Anthony Usher, « Mojang's build-'em-up Minecraft - Pocket Edition now available on the Android Market, exclusively for Xperia Play », sur Pocket Gamer,
  2. ↑ 2,0 et 2,1 Yukishiro, « Minecraft Pocket disponible sur iOS », sur Gamekult,
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Loïc Ralet, « La mise à jour Better Together est… PRÊTE ! », sur Xbox Wire,
  4. ↑ (en) Duncan Geere, « Epic Win: Minecraft Is Coming to Android, iOS », sur Wired,
  5. ↑ 5,0 et 5,1 (en) Marsh Davies, « Pocket Edition is 5 years old! », sur Minecraft.net,
  6. ↑ (en) Chris Velazco, « Minecraft: Pocket Edition Plays Nice With More Android Phones », sur TechCrunch,
  7. ↑ (en) James Gilmour, « Minecraft - Pocket Edition now available on Kindle Fire », sur Pocket Gamer,
  8. ↑ (en) Brandon LeBlanc, « Minecraft: Pocket Edition now available for Windows Phone », sur Windows Experience Blog,
  9. ↑ 9,0 et 9,1 (en) Anthony Usher, « Minecraft - Pocket Edition for Android gets Survival mode in 'major' update », sur Pocket Gamer,
  10. ↑ 10,0 et 10,1 (en) Mike Schramm, « Minecraft Pocket Edition adds simplified, touch-based crafting », sur Engadget,
  11. ↑ 11,0 et 11,1 (en) Sacheverell, « Pocket Edition: 0.9.0 Ready for Everything! », sur Minecraft Forum,
  12. ↑ 12,0 12,1 et 12,2 (en) Stuart Dredge, « Minecraft mobile builds towards desktop version with latest update », sur The Guardian,
  13. ↑ (en) The Minecraft Team, « Energize your worlds with the latest free update to Minecraft: Pocket Edition and the Minecraft: Windows 10 Edition beta », sur Windows Experience Blog,
  14. ↑ 14,0 et 14,1 (en) Owen Jones, « The Ender Update is finally here », sur Minecraft.net,
  15. ↑ 15,0 et 15,1 (en) « Friendly Update with Xbox Live and Realms rolling out now on mobile and Windows 10! », sur Xbox Wire,
  16. ↑ 16,0 et 16,1 (en) Marsh Davies, « The Discovery Update is here! », sur Minecraft.net,
  17. ↑ (en) Emily Sowden, « Play cross-compatibly in Minecraft: Pocket Edition's 'Better Together' update », sur Pocket Gamer,
  18. ↑ 18,0 et 18,1 Cristina Anderca, « Les différences entre les éditions Java et Bedrock », sur Minecraft.net,
  19. ↑ 19,0 et 19,1 (en) Duncan Geere, « Minecraft: Pocket Edition review », sur Wired,
  20. ↑ (en) Mike Rose, « Interview: Tuning Minecraft for smartphones with Mojang's Daniel Kaplan », sur Pocket Gamer,
  21. ↑ (en) Harry Slater, « Minecraft - Pocket Edition review », sur Pocket Gamer,
  22. ↑ (en) Cassandra Khaw, « Minecraft – Pocket Edition Review – Bigger May Be Better », sur TouchArcade,
  23. ↑ (en) Shaun Musgrave, « Minecraft – Pocket Edition Version 0.12 Review – You've Come A Long Way, Stevie », sur TouchArcade,
  24. ↑ (en) James Nouch, « Minecraft – Pocket Edition passes 10 million sales milestone », sur PocketGamer.biz,
  25. ↑ (en) Ivan Ho, « Minecraft Hits One Million Concurrent Players on PC, More Than Dota 2 », sur GameSpot,

Article publié sur Wikimonde Plus

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