Paul Vert

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Paul Vert

Naissance
Sarreguemines (Moselle)
Décès (à 92 ans)
Nancy (Meurthe-et-Moselle)
Nationalité Française
Domaines Pédiatrie, Néonatologie, Biologie du développement, Pharmacologie
Institutions Université Nancy-I, Inserm
Autres activités Président de l'Académie de Stanislas (2015-2016), fondateur de l'association Emmanuel-Héré

Paul Vert, né le à Sarreguemines (Moselle) et mort le à Nancy, est un médecin pédiatre et universitaire français, spécialiste de néonatologie. Professeur à la faculté de médecine de Nancy, il participe, à partir des années 1960, au développement des soins spécialisés aux nouveau-nés, notamment aux enfants prématurés. Ses activités associent la médecine hospitalière, la recherche en biologie du développement et l'organisation des soins périnatals[1],[2].

Également engagé dans la vie culturelle de Nancy, il est membre de l'Académie nationale de médecine et de l'Académie de Stanislas, qu'il préside en 2015-2016. Il fonde l'association des amis du musée des Beaux-Arts de Nancy, dite association Emmanuel-Héré[3],[4].

Parcours hospitalier et universitaire

Paul Vert effectue l'essentiel de sa carrière à Nancy. Interne des hôpitaux en 1957, il est assistant de physiologie de 1961 à 1963, puis chef de clinique à la faculté de médecine. Il devient maître de conférences et médecin des hôpitaux en 1970, avant d'être nommé professeur titulaire de pédiatrie en 1978. Il conserve cette chaire jusqu'en 2002, date à laquelle il devient professeur émérite de l'université Nancy-I[1].

Dans le contexte du développement de la réanimation néonatale en France, il prend la direction du service de médecine néonatale de la maternité régionale Adolphe-Pinard de Nancy en 1975. Il le dirige jusqu'en 1999. Son activité s'étend au suivi des enfants présentant des risques de troubles du développement : il assume également des responsabilités à la tête des centres d'action médico-sociale précoce (CAMSP) de Nancy, Longwy, Lunéville et Verdun[1],[2].

Recherche en néonatologie

Biologie du développement et soins aux prématurés

Les recherches de Paul Vert portent sur les mécanismes physiologiques qui permettent au nouveau-né de s'adapter à la vie extra-utérine, ainsi que sur les complications respiratoires, circulatoires et neurologiques de la prématurité. Elles s'inscrivent dans le passage d'une médecine d'abord tournée vers la survie immédiate à une prise en charge attentive à la qualité de cette survie et au développement ultérieur de l'enfant[5].

En 1980, un centre de biologie et médecine du développement humain est créé à Nancy sous sa direction. Les travaux de son équipe concernent notamment le traitement médicamenteux de la persistance du canal artériel chez les prématurés, en particulier l'emploi de l'indométacine, ainsi que des dispositifs de stimulation destinés aux nourrissons sujets aux apnées. Ce centre réunit des recherches jusque-là conduites au sein du service de médecine néonatale et élargit leur champ aux effets des médicaments et de l'environnement sur le développement de l'enfant[5].

De 1984 à 1997, Paul Vert dirige l'unité 272 de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), consacrée à la « pathologie et biologie du développement humain ». Ses travaux et ceux de ses collaborateurs explorent la physiologie cardiovasculaire et respiratoire, la pharmacologie périnatale et la vulnérabilité du cerveau immature. Des recherches expérimentales étudient notamment les conséquences de l'hypoxie et de la réoxygénation sur le métabolisme énergétique et les lésions oxydatives des neurones[6],[7].

Organisation des soins périnatals en Lorraine

Paul Vert joue également un rôle dans l'amélioration de la prise en charge des mères et des nouveau-nés à l'échelle régionale. Un colloque qu'il organise à Pont-à-Mousson en 1979 attire l'attention sur des indicateurs de santé périnatale moins favorables en Lorraine que dans l'ensemble du pays. Cette réflexion contribue au lancement, en 1980, du programme « Bien naître en Lorraine », qu'il pilote au cours des années 1980[8],[9].

Le programme associe prévention pendant la grossesse, amélioration de l'équipement et de l'encadrement des maternités, formation des professionnels et information des familles, avec une attention particulière aux situations de vulnérabilité sociale. Il vise à mieux coordonner les acteurs de la périnatalité et à suivre l'évolution de la mortalité périnatale. Cette expérience est ultérieurement citée parmi les initiatives régionales ayant contribué à réduire la mortalité néonatale[8],[9].

Suivi des nouveau-nés et questions éthiques

Au sein de l'Académie nationale de médecine, Paul Vert s'intéresse à la continuité des soins après la naissance. Rapporteur, avec Michel Arthuis, du rapport La première semaine de la vie adopté en 2005, il souligne les risques d'une sortie précoce de maternité lorsque le suivi à domicile est insuffisamment organisé. Le rapport recommande une décision de sortie individualisée, la surveillance des nouveau-nés pendant leurs premiers jours et des relais de soins clairement identifiés[10].

Cette préoccupation se retrouve dans un communiqué de 2010 consacré à la réapparition de formes graves de l'ictère néonatal, signé avec Georges David. Les auteurs mettent en garde contre les retards de diagnostic et de traitement, notamment lorsque la surveillance du nourrisson s'interrompt trop tôt[11]. En 2012, il cosigne avec Élisabeth Éléfant un rapport sur les conséquences possibles, pour l'adaptation néonatale, des médicaments reçus par la mère pendant la grossesse ou l'accouchement. Il insiste notamment sur la nécessité de mieux informer les prescripteurs de ces effets, distincts des seuls risques de malformations congénitales[12].

Il contribue aussi aux réflexions sur les limites de la réanimation néonatale. Dans un texte sur les décisions de limitation ou d'arrêt des thérapeutiques chez les nouveau-nés dont le pronostic est très grave, il défend une appréciation au cas par cas, tenant compte de l'intérêt de l'enfant et de la nécessité d'une information loyale des parents[13]. Avec Bernard-Louis Salle, il publie également une histoire de la néonatologie qui replace les avancées techniques de la spécialité dans le cadre plus large de la médecine périnatale et de ses enjeux éthiques[14].

Sociétés savantes et académies

Paul Vert participe aux activités de plusieurs sociétés savantes françaises et étrangères. Membre de la Société française de pédiatrie, il préside la Société française de médecine périnatale de 1986 à 1987. Il est aussi associé à l'American Pediatric Society et à la Neonatal Society de Londres. Au sein de la World Association of Perinatal Medicine, il est secrétaire général adjoint de 1993 à 1999, puis membre du comité éducatif de 1999 à 2003[15].

Il est élu membre correspondant de l'Académie nationale de médecine en 2003, membre titulaire en 2008, puis membre émérite en 2013[1]. Au sein de l'institution, il participe à des travaux sur la santé de l'enfant, la pharmacologie et les questions éthiques liées aux soins[10],[12].

Engagements culturels

Intéressé par l'histoire de l'art et la vie culturelle nancéienne, Paul Vert fonde en 1988 l'association Emmanuel-Héré, qui rassemble les amis du musée des Beaux-Arts de Nancy. Il en devient président honoraire et participe à la création et à l'animation de sa revue, Péristyles, publiée depuis 1992. Paraissant deux fois par an, celle-ci propose des études et des articles sur l'histoire de l'art et les collections muséales. L'association organise également des conférences et contribue au soutien des activités du musée[4],[2].

Admis en 2004 à l'Académie de Stanislas, société savante nancéienne consacrée aux sciences, aux lettres et aux arts, il en devient membre titulaire en 2012 et assure sa présidence pendant l'année académique 2015-2016. Il est nommé membre honoraire en 2025[3]. Ses interventions devant cette académie témoignent de ses intérêts croisés : il y aborde notamment les représentations de la naissance, les enjeux de la néonatologie et l'histoire de la peinture africaine-américaine[16].

Publications

Parmi ses principaux ouvrages, consacrés à la médecine du nouveau-né et à ses complications, figurent :

  • avec Leo Stern, Médecine néonatale, Paris, Masson, 1985[1] ;
  • avec Leo Stern, Neonatal Medicine, Paris, Masson, 1987[17] ;
  • avec Claude G. Wasterlain, Neonatal Seizures, New York, Raven Press, 1990[18] ;
  • avec Jean-Michel Hascoët, Sortie de maternité et retour à domicile du nouveau-né, Paris, Masson, 2010[19].

Distinctions

  • Chevalier de la Légion d'honneur (2006).
  • Chevalier des Arts et des Lettres (2014)[2].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Vincent Delmas, « VERT Paul, Marie, François, professeur », La France savante, Comité des travaux historiques et scientifiques, notice mise à jour le 27 novembre 2025.
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 D. Lebane, « Hommage au Professeur Paul Vert », Périnatalité, vol. 17, no 4, 2025, p. 133-134, DOI : 10.1684/rmp.2025.0247.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Académie de Stanislas, « Décès d'un membre de l'Académie de Stanislas », actualités du 20 novembre 2025.
  4. ↑ 4,0 et 4,1 « Nancy : Péristyles », L'Ami de musée, Fédération française des sociétés d'amis de musées, no 34, hiver 2008, p. 23 ; Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, délibération no 2024-498 du 9 septembre 2024, « Les Amis du musée des beaux-arts de Nancy – Association Emmanuel-Héré ».
  5. ↑ 5,0 et 5,1 Jean-Louis Bemer, « À Nancy : création d'un centre de biologie et médecine du développement humain », Le Monde, 29 décembre 1980.
  6. ↑ Inserm, Rapport d'activité 1984, présentation de l'unité 272 « Pathologie et biologie du développement humain ».
  7. ↑ J. Oillet, V. Koziel, P. Vert et J.-L. Daval, « Influence of Post-Hypoxia Reoxygenation Conditions on Energy Metabolism and Superoxide Production in Cultured Neurons from the Rat Forebrain », Pediatric Research, vol. 39, 1996, p. 598-603, DOI : 10.1203/00006450-199604000-00006.
  8. ↑ 8,0 et 8,1 Stéphanie Laurent-Chevallier, Thèse de médecine, université Henri-Poincaré – Nancy-I, 2005, section « Pendant ce temps en Lorraine ».
  9. ↑ 9,0 et 9,1 D. Lebane, « La mortalité infantile en France : vers un indicateur à repenser ? », Périnatalité, vol. 17, no 2, 2025, p. 39-41.
  10. ↑ 10,0 et 10,1 Paul Vert et Michel Arthuis, « La première semaine de la vie », rapport adopté par l'Académie nationale de médecine le 31 mai 2005, Bulletin de l'Académie nationale de médecine, vol. 189, no 5, p. 1031-1039.
  11. ↑ Paul Vert et Georges David, « Résurgence de l'ictère nucléaire ou encéphalopathie de la bilirubine », communiqué de l'Académie nationale de médecine, 23 novembre 2010.
  12. ↑ 12,0 et 12,1 Paul Vert et Élisabeth Éléfant, « Médicaments et adaptation néonatale : l'héritage médicamenteux », rapport de l'Académie nationale de médecine, 20 mars 2012.
  13. ↑ Paul Vert, « Les interrogations éthiques en néonatalogie », annexe VII de la contribution de l'Académie nationale de médecine à la réflexion sur la fin de vie, 11 décembre 2012.
  14. ↑ Bernard-Louis Salle et Paul Vert, « Néonatologie : passé et présent », Bulletin de l'Académie nationale de médecine, vol. 197, no 6, 2013, p. 1231-1242.
  15. ↑ Recommendations and Guidelines for Perinatal Medicine, World Association of Perinatal Medicine et Matres Mundi, 2007, historique des bureaux et comités de l'association, p. 454.
  16. ↑ Académie de Stanislas, « La naissance ou la venue au monde : significations et représentations » (20 janvier 2006), « La néonatologie, une discipline aux confins de la vie » (22 février 2008) et « La peinture africaine-américaine » (23 avril 2021), communications publiées dans les Mémoires de l'Académie.
  17. ↑ Neonatal Medicine, notice bibliographique, Google Livres, 1987.
  18. ↑ William J. Nowack, compte rendu de Neonatal Seizures, Journal of Child Neurology, vol. 7, no 1, janvier 1992, p. 122-123.
  19. ↑ Elsevier Masson, « Sortie de maternité et retour à domicile du nouveau-né », notice de l'éditeur, 2010.

Liens externes

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