Pierre Porret
| Nom de naissance | Pierre Marius Porret |
|---|---|
| Naissance |
Creil (Oise, France) |
| Décès |
(à 87 ans) Le Havre (Seine-Maritime, France) |
| Nationalité | française |
| Profession |
Capitaine au long cours, pilote maritime |
| Autres activités |
Officier des Forces navales françaises libres, juge au tribunal de commerce |
| Formation |
Jacques-Cartier |
| Distinctions |
Officier de la Légion d'honneur, croix de guerre 1939-1945, officier de l'ordre du Mérite maritime |
Pierre Marius Porret, dit Pierre Porret, né le à Creil et mort le au Havre, est un marin français, officier des Forces navales françaises libres (FNFL) pendant la Seconde Guerre mondiale, puis pilote maritime au port du Havre.
Issu de la marine marchande, il rallie la France libre en 1941 et sert sur plusieurs bâtiments de guerre dans les eaux britanniques, puis dans le Pacifique et l'océan Indien. En 1944, il commande temporairement l'aviso Savorgnan de Brazza. Après sa démobilisation, il devient pilote-major au Havre, où il poursuit l'essentiel de sa carrière civile.
Biographie
Formation maritime et ralliement à la France libre
Pierre Porret naît le 5 décembre 1909 à Creil, dans l'Oise. Il se destine à la navigation commerciale et appartient à la douzième promotion, sortie en 1930, du navire-école Jacques-Cartier. Devenu capitaine au long cours, il navigue d'abord pour les Chargeurs réunis, puis pour la Compagnie générale transatlantique. Lors de la déclaration de guerre de septembre 1939, il est premier lieutenant du cargo Alaska[1]. Le navire coule le 15 novembre 1939, après une collision avec le cargo britannique Dotterel au large de Southampton, accident qui coûte la vie à deux membres de l'équipage[2].
Après l'armistice de juin 1940, il cherche à rejoindre les forces qui poursuivent la guerre aux côtés des Alliés. Embarqué à Marseille durant l'hiver 1940-1941 comme deuxième lieutenant sur le Wyoming, un autre cargo de la Compagnie générale transatlantique en route vers la Martinique, il profite d'une escale à Saint-Thomas, dans les îles Vierges des États-Unis, pour quitter le navire le 8 mars 1941 et prendre contact avec le consul britannique. Après un passage par les États-Unis, il traverse l'Atlantique et arrive en Grande-Bretagne au début du mois de mai. Il gagne Londres le 10 mai et, après avoir été interrogé dans une Patriotic School, est admis au service de la marine de la France libre[1],[3].

Pierre Porret rejoint les FNFL placées sous le commandement de l'amiral Émile Muselier. Après une période de formation à Greenock, en Écosse, il est affecté à la 20e flottille franco-britannique de vedettes de patrouille (motor launches), employées notamment pour la protection de la navigation côtière. Il reçoit le commandement de la vedette ML 247 Saint-Alain. Ce bâtiment, d'origine britannique, est officiellement transféré aux FNFL en juillet 1941[1],[4].
De novembre 1941 à avril 1942, il est officier en second du torpilleur La Melpomène. Le bâtiment participe à l'escorte de convois et à des patrouilles en Manche et en mer du Nord, dans un contexte de menace aérienne et sous-marine. Son activité est néanmoins limitée par la fragilité de ses installations mécaniques : après avoir participé à de nombreuses escortes, le torpilleur est retiré du service opérationnel et utilisé comme bâtiment-école britannique[5],[6].
Du Pacifique au retour en France
Pierre Porret est ensuite affecté à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, où il séjourne d'août 1943 à avril 1944[1]. Rallié à la France libre depuis septembre 1940, l'archipel est devenu une importante base arrière des forces américaines et alliées engagées dans la guerre du Pacifique. Les autorités françaises libres y maintiennent leur présence politique et militaire tout en collaborant avec les forces alliées[7]. Le récit familial évoque également une proposition de poste administratif à Wallis-et-Futuna, qu'il aurait déclinée afin de préparer son retour en France[8].
En avril 1944, il embarque à Nouméa comme officier en second de l'aviso colonial Savorgnan de Brazza, commandé par le capitaine de frégate Jacquet. Durant la traversée vers l'océan Indien, Jacquet tombe malade et doit être débarqué à Ceylan. Pierre Porret prend alors provisoirement le commandement du navire, qu'il conserve de septembre à novembre 1944, jusqu'à son remplacement à Madagascar par le commandant Paul Galleret[9],[10]. Il demeure à bord de l'aviso, qui rejoint La Ciotat en juillet 1945, permettant au marin de retrouver sa famille après plusieurs années de séparation[1]. Il atteint pendant la guerre le grade de lieutenant de vaisseau[11].

À la fin de la guerre, il est affecté à la mission navale française à Vienne, dans l'Autriche occupée par les Alliés. Il est démobilisé le 1er mars 1946, après près de cinq années de service dans la marine de guerre[1].
Carrière au port du Havre
De retour à la vie civile, Pierre Porret souhaite devenir pilote au Havre, après une première tentative infructueuse au concours avant la guerre. En attendant la reprise du concours, retardée par les destructions subies par les installations portuaires, il travaille comme capitaine d'armement pour la compagnie de remorquage et de sauvetage Les Abeilles. Cette activité le conduit notamment à Rochefort, où il participe à des opérations de relevage d'épaves dans la Charente[8].
Revenu au Havre en 1947, il réussit le concours de pilotage au mois d'août. Il exerce dès lors comme pilote du port, puis pilote-major, jusqu'à sa retraite en 1975. Parallèlement, il siège comme juge au tribunal de commerce du Havre au cours des années 1960 et 1970[8]. Il est également actif dans les milieux d'officiers de réserve de la Marine, notamment au sein de l'Association centrale des officiers de réserve de l'armée de mer (ACORAM)[12].
Époux de Denise Porret depuis décembre 1946, il meurt au Havre le 24 octobre 1997, à l'âge de 87 ans[8],[11].
Distinctions
Les décorations attribuées à Pierre Porret comprennent notamment[10] :
- officier de la Légion d'honneur[13] ;
- titulaire de la croix de guerre 1939-1945 ;
- titulaire de la croix du combattant volontaire ;
- chevalier de l'ordre du Mérite militaire ;
- titulaire de la médaille commémorative des services volontaires dans la France libre ;
- officier de l'ordre du Mérite maritime.
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 « PORRET Pierre FNFL (1909-1997) FNFL Marine de Guerre », sur Les Compagnons de la Libération et les Français libres du Havre, (consulté le )
- ↑ « Administration centrale : disparitions en mer, accidents, conditions sanitaires, 1894-1983 » [PDF], sur Archives nationales, p. 6, cote 20120318/3
- ↑ Service historique de la Défense, dossier du cargo Wyoming, cote TTY 840 (« désertions »).
- ↑ (en) Hugues Canuel, « An Ambiguous Partnership: Great Britain and the Free French Navy, 1940-1942 », The Northern Mariner / Le marin du Nord, vol. 25, , p. 375-398 (lire en ligne)
- ↑ Historique des forces navales françaises libres, Paris, Service historique de la Marine, (ISBN 2110911476), p. p. 542
- ↑
- ↑ « La Nouvelle-Calédonie dans les deux guerres mondiales », sur Chemins de mémoire, ministère des Armées (consulté le )
- ↑ 8,0 8,1 8,2 et 8,3 Denise Porret, Papiers de famille : Un « long fleuve tranquille », Lanrodec, Scripta, , p. p. 192-201
- ↑ Florence Roumeguère, L'odyssée Air Terre Mer 1940-1945 des 500 Français libres du Havre, Le Havre, AMAC, (ISBN 9791069900578), p. p. 161, 166 et 168
- ↑ 10,0 et 10,1 « Pierre Porret 1909-1997 », Jeune Marine, no 138,
- ↑ 11,0 et 11,1 « Pierre Marius Porret », sur Les Français libres (consulté le )
- ↑ « Disparition de Pierre Porret, président fondateur de l'ACORAM », Le Havre Presse, , p. 6
- ↑ G. Debeury, « Légion d'honneur », Marine : organe de liaison de l'Association centrale des officiers de réserve de l'Armée de mer, , p. 77
Bibliographie
- Historique des forces navales françaises libres, Paris, Service historique de la Marine, (ISBN 2110911476).
- Florence Roumeguère, L'odyssée Air Terre Mer 1940-1945 des 500 Français libres du Havre, Le Havre, AMAC, (ISBN 9791069900578).
- Denise Porret, Papiers de famille : Un « long fleuve tranquille », Lanrodec, Scripta, .
- Georges Mc Corkell, 60 mois à bord de l'aviso F.N.F.L. « Savorgnan de Brazza » : 1940-1945.
Article publié sur Wikimonde Plus
- Seconde Guerre mondiale
- Résistance française
- Marine française