Vladimir m'a pris Vadim

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Vladimir m'a pris Vadim
Auteur Paul Gasnier
Pays France
Genre Récit de non-fiction
Version originale
Langue français
Version française
Éditeur Lettre Zola
Collection Lettre Zola
Date de parution 1er octobre 2026
Type de média Livre broché
Nombre de pages 60
ISBN 978-2-488784-60-3

Vladimir m'a pris Vadim est un récit de non-fiction du journaliste et écrivain français Paul Gasnier, publié par Lettre Zola. D'abord diffusé auprès des abonnés comme le numéro 31 de Lettre Zola, daté de septembre 2026, le texte paraît en librairie le 1er octobre 2026 dans un volume de 60 pages[1],[2]

Écrit à la première personne, le livre prend pour point de départ la rupture progressive entre Gasnier et l'un de ses cousins, Vadim, dont le père est russe. L'auteur décrit un proche avec lequel il a grandi mais qu'il voit, au fil des années, se rapprocher du poutinisme. À travers cette histoire familiale, il s'intéresse à la formation des convictions politiques, à l'attrait exercé par l'autoritarisme et à la manière dont la guerre en Ukraine peut traverser les liens privés[3],[4]

Contexte de publication

Lettre Zola est lancé en février 2024 comme une publication littéraire par abonnement : chaque mois, un auteur contemporain y propose un texte bref ancré dans le réel, envoyé par voie postale. Le projet se situe volontairement entre la presse et l'édition, dans le registre de la non-fiction littéraire[3]. Vladimir m'a pris Vadim en constitue le numéro 31, d'abord daté de septembre 2026 dans la série destinée aux abonnés[1].

Le livre occupe une place particulière dans l'évolution de Lettre Zola. À partir d'octobre 2026, la structure étend sa diffusion aux librairies et se présente désormais comme une maison d'édition disposant de deux circuits, l'abonnement postal et la vente en librairie. Vladimir m'a pris Vadim est le titre choisi pour inaugurer cette nouvelle étape[5],[3]. Au moment de la sortie, Le Monde indique un tirage de 15 000 exemplaires[3].

La publication intervient un an après La Collision, premier livre de Gasnier chez Gallimard, qui reçoit le Prix Goncourt des détenus en décembre 2025[6]. Les deux ouvrages partent d'une expérience familiale et l'élargissent à un sujet collectif : La Collision revenait sur la mort de la mère de l'auteur et sur les fractures sociales auxquelles ce drame avait été associé, tandis que Vladimir m'a pris Vadim aborde une fracture politique au sein de sa propre famille[3].

Contenu

Une proximité familiale

Le récit s'ouvre sur une réunion familiale en Ardèche, à l'été 2024. Une discussion à propos de Vladimir Poutine fait apparaître l'ampleur du désaccord entre les deux cousins et sert de point de départ à un retour sur leur relation[7].

Gasnier remonte ensuite à leur enfance commune dans les années 1990. Il décrit deux cousins proches, partageant les mêmes références de culture populaire, les vacances et les réunions de famille. Vadim grandit avec une double culture française et russe : son père, Sacha, lui transmet le russe ainsi qu'à ses frères et sœurs, que Gasnier présente comme bilingues à l'adolescence[4]. Cette proximité initiale donne son enjeu au récit : la divergence politique n'oppose pas deux inconnus, mais deux membres d'une même famille qui ont longtemps partagé un cadre affectif et culturel.

Éloignement politique

À partir de cette histoire commune, Gasnier reconstitue rétrospectivement ce qu'il considère comme les signes d'une adhésion croissante de Vadim au poutinisme. Parmi les épisodes retenus figure le portrait officiel de Vladimir Poutine que son cousin aurait accroché face à son lit, élément mis en avant dans les extraits publiés par Le Nouvel Obs[4]. Le livre présente cette évolution du point de vue de l'auteur : les convictions de Vadim et leurs causes sont donc rapportées à travers son regard et sa mémoire.

Le récit élargit progressivement son échelle. Lettre Zola le présente comme un parcours allant de l'enfance en Ardèche à la Place Rouge et aux champs de bataille ukrainiens[1]. Gasnier fait de la relation entre les deux cousins un prisme pour raconter l'évolution des rapports à la Russie et la manière dont la guerre en Ukraine transforme des discussions politiques en fracture intime[4].

Forme et thèmes

Vladimir m'a pris Vadim relève du récit personnel plutôt que de l'essai géopolitique. Le Monde souligne son écriture à la première personne et son traitement littéraire d'un sujet contemporain[3]. Le dispositif repose sur l'écart entre la mémoire d'une enfance partagée et la distance politique qui s'installe à l'âge adulte. Le mouvement du texte, de la scène familiale vers la Russie et l'Ukraine, permet ainsi de relier l'expérience privée à un conflit international sans abandonner le point de vue du narrateur.

La formation des convictions constitue l'un des fils directeurs de l'ouvrage. L'éditeur présente le texte comme une réflexion sur la façon dont se fabriquent les croyances politiques et sur la capacité d'une guerre à franchir les frontières jusqu'à affecter les relations les plus proches[1]. De son côté, Le Monde y voit une interrogation sur la séduction de l'autoritarisme et sur le pouvoir de la politique de rompre les liens familiaux[3].

Le titre résume cette articulation entre géopolitique et intimité : « Vladimir » renvoie à Vladimir Poutine, tandis que « Vadim » désigne le cousin dont Gasnier raconte l'éloignement. Il traduit le sentiment de perte qui structure le récit, l'auteur présentant l'évolution politique de son cousin comme quelque chose qui lui retire progressivement une relation auparavant familière[1].

Accueil

Avant même la sortie en librairie, Le Nouvel Obs retient Vladimir m'a pris Vadim dans une sélection de dix livres de la rentrée littéraire 2026[8]. Le magazine accompagne ensuite la parution d'une série intitulée « Vadim, Poutine et moi », conçue en quatre épisodes, dont les deux premiers publient des extraits du livre les 30 septembre et 1er octobre[7],[4].

La couverture du Monde au moment de la sortie insiste moins sur une évaluation critique du livre que sur son adéquation au projet éditorial de Lettre Zola : un texte bref, ancré dans l'actualité, écrit dans une forme littéraire et capable de faire passer un sujet politique par une histoire personnelle[3]. Sa parution sert également de vitrine au passage de Lettre Zola du seul abonnement postal à la diffusion en librairie[5].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 « Vladimir m'a pris Vadim », sur Lettre Zola (consulté le )
  2. ↑ « Vladimir m'a pris Vadim - Paul Gasnier », sur Decitre (consulté le )
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 3,6 et 3,7 Clémentine Goldszal, « L’aventure éditoriale de « Lettre Zola », entre journalisme et littérature », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 et 4,4 Le Nouvel Obs, « « Le poutinisme qui saisira Vadim a été annoncé par des signes avant-coureurs » : un récit signé Paul Gasnier », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  5. ↑ 5,0 et 5,1 Élodie Carreira, « Lettre Zola se déploie en librairie et devient une maison d’édition », Livres Hebdo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ « Le prix Goncourt des détenus 2025 est décerné à Paul Gasnier pour son roman « La collision » (Gallimard) », sur Centre national du livre, (consulté le )
  7. ↑ 7,0 et 7,1 Le Nouvel Obs, « « Mon cousin s’appelle Vadim, et il est progressivement devenu poutiniste » : un récit de Paul Gasnier », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  8. ↑ Didier Jacob, Amandine Schmitt, Grégoire Leménager, Elisabeth Philippe et Anne Crignon, « 10 livres de la rentrée littéraire qui méritent d’être posés sur votre table de chevet », Le Nouvel Obs,‎ (lire en ligne, consulté le )

Article publié sur Wikimonde Plus