Caroline Breton
| Naissance | Avignon |
|---|---|
| Nationalité | Française |
| Profession |
Actrice, danseuse et chorégraphe |
| Formation |
ERAC |
Caroline Breton est une actrice, danseuse et chorégraphe française, née à Avignon. Formée au théâtre à l'École régionale d'acteurs de Cannes et Marseille (ERAC), elle travaille d'abord au sein de collectifs et dans des productions théâtrales, tout en jouant au cinéma et dans des fictions radiophoniques. Son parcours s'oriente progressivement vers la performance et la danse contemporaine. Avec Charles Chemin, elle crée les spectacles I hope (2019) et Figures (2022), avant de développer ses propres chorégraphies, notamment De natura rerum (2021) et Euphoria (2025)[1],[2].
Biographie
Formation et premiers engagements
Après une classe préparatoire littéraire et des études de lettres modernes à la Sorbonne, Caroline Breton se forme au jeu à l'ERAC, dont elle sort en 2004. Elle y travaille notamment avec Valérie Dréville et Jean-Pierre Vincent. Elle suit parallèlement une formation en danse contemporaine, notamment auprès de Sophie Lessard, à la Ménagerie de Verre. Son parcours comprend également la philosophie et la pratique du piano[3],[2].
À sa sortie de l'école, elle participe à la fondation du collectif Extime, qui développe plusieurs créations de 2004 à 2009. Elle joue simultanément sous la direction de Gildas Milin, dans Lenz et la fabrique scientifique pour un théâtre du ressenti, de Jean-Pierre Vincent dans La Mort de Danton, et de Jean-Pierre Baro dans Léonce et Léna et L'Humiliante Histoire de Lucien Petit. Elle rejoint aussi Jean-Louis Martinelli pour La République de Mek-Ouyes de Jacques Jouet, puis pour Ithaque de Botho Strauss au Théâtre Nanterre-Amandiers[1].
Son activité s'étend à l'écran. Elle apparaît dans Paris, je t'aime (2006), dans le segment réalisé par Bruno Podalydès, puis dans Go Fast (2008) d'Olivier Van Hoofstadt, où elle interprète Amandine. Elle tient également de petits rôles dans Jeune et Jolie (2013) de François Ozon et Elle (2016) de Paul Verhoeven[4]. En parallèle, elle prête sa voix à des dramatiques de France Culture et de France Inter[3].
Théâtre, performances et danse
Au cours des années 2010, Caroline Breton élargit sa pratique scénique aux formes situées entre théâtre, danse et arts visuels. Elle participe notamment à Kaïro – Le Réseau, un spectacle conçu par Gérard Hourbette et mis en scène par Édouard Reichenbach d'après le film de Kiyoshi Kurosawa, ainsi qu'à Et puis j'ai demandé à Christian de jouer l'intro de Ziggy Stardust de Renaud Cojo[1].
Elle retrouve le théâtre de répertoire avec George Dandin, monté par François Rodinson, puis incarne à la fois Viola et Sébastien dans La Nuit des rois de William Shakespeare, mise en scène par Bérangère Jannelle. Créée à Saint-Nazaire en octobre 2013, cette adaptation est jouée dans plusieurs villes françaises avant d'être accueillie par le Théâtre de la Ville au Carreau du Temple, à Paris, en mai 2014[5].
Elle présente aussi des performances à la Gaîté-Lyrique, au Centre Pompidou et à Strasbourg. En 2014, elle participe à Surrounded by the purest blue, performance de l'artiste islandaise Ásdís Sif Gunnarsdóttir, dans le cadre du festival Hors Pistes. Elle prend part à des projets associés à Falk Richter et à la Biennale de Venise et danse dans CommunExtase de Christophe Haleb, créé en 2015[6],[1].
Avec Alma Palacios, Ruth Vega Fernández, Pauline Moulène et Georgia Scalliet, elle cofonde le LIV Collectiv. En juin 2015, dans le cadre du festival Notre Temps Collectif au Théâtre de la Bastille, le groupe présente un premier travail d'après Madame de Sade de Yukio Mishima et la relecture qu'en a proposée Ingmar Bergman. Cette création, annoncée dans un premier temps sous le titre Et moi je ne veux pas finir comme une putain rangée après avoir mis de côté de quoi suffire à mes vieux jours, est également connue sous celui d’Ouvrage[7],[8].
Elle poursuit parallèlement son activité d'interprète en danse, auprès de Marco Berrettini, dont elle reprend en 2018 le rôle féminin dans iFeel2 aux côtés du chorégraphe, puis participe à My Soul Is My Visa. Elle travaille également avec Robert Wilson et prend part, en 2023, à la reprise de pièces de la chorégraphe américaine Simone Forti au Watermill Center, dans l'État de New York[9],[2].
Le groupe Karol Karol et la création chorégraphique
À la fin des années 2010, Caroline Breton fonde avec l'artiste et metteur en scène Charles Chemin le groupe Karol Karol. Leurs premières créations interrogent la représentation du corps féminin et l'identité à travers l'image photographique, le mouvement et la mémoire. I hope, présenté à la Ménagerie de Verre en mars 2019, est un solo interprété par Caroline Breton et dirigé par Charles Chemin. La succession de poses et de gestes y fait apparaître plusieurs figures féminines, entre portraits imposés par les conventions sociales et souvenirs personnels[10].
Cette recherche se prolonge avec Figures, créé en mars 2022. Le spectacle entremêle danse, vidéo, doubles de l'interprète et évocations de paysages forestiers. Dans un entretien accordé au journaliste Wilson Le Personnic, les deux artistes expliquent leur intérêt pour les images de Cindy Sherman, la construction sociale des identités et les rapports entre mémoire et perception. Ils présentent la pièce comme une tentative de portrait intérieur, qui ne chercherait pas à fixer une identité unique[11].
Entre ces deux créations, Breton signe sa première pièce chorégraphique en son nom, De natura rerum. Ce quatuor pour Jayson Batut, Nathalie Broizat, Olivier Müller et elle-même est créé en décembre 2021 à La Pop, à Paris, puis présenté notamment au festival Plastique Danse Flore de Versailles et dans le Festival Off d'Avignon en 2023. Il ouvre un cycle de recherche consacré à l'élan vital et aux manières de faire communauté par le mouvement[12],[2].
Son deuxième volet, Euphoria, est créé les 5 et 6 mars 2025 à L'Étoile du Nord, à Paris. Sur scène, Caroline Breton et Olivier Muller passent de deux figures de chouettes enveloppées de plumes à un duo humain aux mouvements acrobatiques et aux costumes colorés. La création sonore de Benoist Bouvot et les lumières de Charles Chemin accompagnent cette transformation. Soutenu par une bourse d'écriture de l'Association Beaumarchais-SACD attribuée en 2023, le spectacle est ensuite présenté dans plusieurs villes françaises et aux États-Unis[13],[14].
En 2026, elle prépare Agapé, un désir démesuré d'amitié, une pièce pour trois interprètes, avec Nina Berclaz et Olivier Muller. Consacrée aux relations d'amitié et à la formation d'un collectif, cette création est annoncée pour le 11 mars 2027 à l'Atelier de Paris – CDCN. Elle doit conclure le cycle amorcé avec De natura rerum et poursuivi avec Euphoria[15],[16].
Démarche artistique et réception
La pratique de Caroline Breton associe le jeu, la danse, la performance et les arts visuels. Dans I hope et Figures, le portrait devient une forme instable : poses photographiques, apparitions vidéo et fragments de mémoire mettent en question l'image que la société renvoie des femmes. Les artistes revendiquent notamment l'influence de Cindy Sherman et de ses mises en scène de l'identité féminine[11].
À partir de De natura rerum, Breton déplace cette recherche vers les rapports entre les êtres vivants. Ses spectacles recourent à des formes animales, à l'humour, aux transformations de costumes et à une gestuelle qui peut devenir acrobatique. Elle cite parmi ses inspirations la biologiste Rachel Carson, et notamment son attention à la capacité d'émerveillement devant le monde naturel. Dans Agapé, elle entend prolonger cette exploration par une réflexion sur l'amitié et l'interdépendance des corps[16].
Euphoria reçoit un accueil critique favorable, notamment pour la précision de l'interprétation et l'inventivité de son univers visuel. Dans Coups d'Œil, Claudine Colozzi souligne l'énergie du duo et sa fantaisie, tout en relevant que la transition entre les figures d'oiseaux et les personnages humains n'est pas immédiatement lisible[17]. Dans Cult.news, Béatrice Lapadat apprécie l'audace des couleurs et l'engagement physique, mais s'interroge sur l'ambiguïté du registre, entre ironie, érotisme et célébration de l'énergie vitale[18].
Théâtre et danse
Comédienne et performeuse
- 2004 : L'Épreuve du feu de Magnus Dahlström, mise en scène de Jean-Pierre Baro (Anja).
- 2004 : Lenz et la fabrique scientifique pour un théâtre du ressenti, d'après Georg Büchner, mise en scène de Gildas Milin (Lenz).
- 2004 : La Mort de Danton de Georg Büchner, mise en scène de Jean-Pierre Vincent (Marion)[1].
- 2005 : Je me donnerai à toi toute entière, d'après la correspondance de Juliette Drouet et Victor Hugo, mise en scène de Julia Duchaussoy et Jean-Pierre Baro (Juliette Drouet).
- 2006 : Léonce et Léna de Georg Büchner, mise en scène de Jean-Pierre Baro (Rosetta).
- 2006 : La République de Mek-Ouyes de Jacques Jouet, mise en scène de Jean-Louis Martinelli (Ozalide).
- 2007 : L'Humiliante Histoire de Lucien Petit de Jean-Pierre Baro, mise en scène de l'auteur (Madame Petit).
- 2008 : Turn on/Turn off, d'après Kathy Acker, création du collectif Extime.
- 2009 : Kaïro – Le Réseau, d'après Kiyoshi Kurosawa, conception de Gérard Hourbette et mise en scène d'Édouard Reichenbach.
- 2010 : Ivanov [ce qui reste dans vie…], d'après Anton Tchekhov, mise en scène de Jean-Pierre Baro (Sacha).
- 2011 : Ithaque de Botho Strauss, mise en scène de Jean-Louis Martinelli (le chœur).
- 2012 : Et puis j'ai demandé à Christian de jouer l'intro de Ziggy Stardust, mise en scène de Renaud Cojo.
- 2013 : George Dandin de Molière, mise en scène de François Rodinson (Claudine).
- 2013-2014 : Twelfth Night – La Nuit des rois, ou Ce que vous voulez de William Shakespeare, mise en scène de Bérangère Jannelle (Viola et Sébastien)[5].
- 2013 : Supertalk : Quelle est la différence entre une femme ?, conférence-performance avec Cédric Scandella et Stéphane Malfettes à la Gaîté-Lyrique.
- 2014 : Surrounded by the purest blue, performance d'Ásdís Sif Gunnarsdóttir, festival Hors Pistes du Centre Pompidou.
- 2014 : Théâtropical, performance conçue par Caroline Breton à La Laiterie, Strasbourg.
- 2015 : CommunExtase, création chorégraphique de Christophe Haleb / La Zouze.
- 2015 : Ouvrage (première étude intitulée Et moi je ne veux pas finir comme une putain rangée après avoir mis de côté de quoi suffire à mes vieux jours), création du LIV Collectiv d'après Yukio Mishima et Ingmar Bergman, Théâtre de la Bastille[8].
- 2015 : N°5 – Leçon de théâtre et de ténèbres, épisode 5, conception de Marie-Noëlle Genod[1].
Danse et chorégraphie
- 2018 : iFeel2, de Marco Berrettini, interprète dans la reprise du spectacle[19].
- 2018 : My Soul Is My Visa, de Marco Berrettini, interprète[1].
- 2019 : I hope, conception de Caroline Breton et Charles Chemin, mise en scène de Charles Chemin, interprète[10].
- 2021 : De natura rerum, chorégraphie de Caroline Breton, interprète[12].
- 2022 : Figures, chorégraphie de Caroline Breton et Charles Chemin, interprète[11].
- 2023 : Landscape Partners, Censor et Scramble, reprises de performances de Simone Forti au Watermill Center[2].
- 2025 : Euphoria, chorégraphie de Caroline Breton, avec Olivier Muller[13].
Filmographie
Cinéma
- 2005 : Les Voiliers du Luxembourg, court métrage de Nicolas Engel[20].
- 2006 : Paris, je t'aime, segment « Montmartre » de Bruno Podalydès.
- 2007 : Le Père de mon père ne s'appelait pas Jimmy Connors, court métrage de Renaud Guillemet.
- 2007 : Else, court métrage de Thibault Emin.
- 2008 : Go Fast d'Olivier Van Hoofstadt : Amandine.
- 2008 : Agathe Cléry d'Étienne Chatiliez : la standardiste.
- 2009 : Paris Untitled, court métrage de Samanou Acheche Sahlstrøm.
- 2011 : Temps libre, court métrage de Marine Riou.
- 2013 : L'Absinthe d'Olivier Bertin : Barbara.
- 2013 : Jeune et Jolie de François Ozon : la fille de Georges.
- 2016 : Elle de Paul Verhoeven : une jeune femme[4].
- 2019 : Demain il fera beau, court métrage de Jean-Baptiste Del Amo : la mère[21].
Télévision
- 2006 : Brigade Navarro, épisode « Trafic d'influence », réalisé par Philippe Davin.
- 2010 : Notre Dame des barjots, téléfilm d'Arnaud Sélignac : Lila[22].
- 2011 : A.C.A.M, mini-série de Nabil Dahmani.
- 2012 : Nos chers voisins, série télévisée.
- 2012 : Garick, d'Alexandre Dinault et Sylvia Fodor.
- 2012 : La Danse de l'albatros, téléfilm : une amie.
- 2013 : Clem, série télévisée : Florence.
- 2017 : À jamais, série télévisée : Romane[4].
Radio
Caroline Breton interprète de nombreuses fictions pour France Culture et France Inter. Sa pratique radiophonique, engagée dès les années 2000, se poursuit après son passage à la chorégraphie. Parmi ses participations figurent :
- 2008 : À l'Ouest de Violaine Schwartz, réalisation de Jean-Mathieu Zahnd, France Culture[23].
- 2009 : Virginia de Jens Christian Grøndahl, réalisation d'Étienne Vallès, France Culture.
- 2010 : Eden, matin, midi et soir de Chloé Delaume, réalisation d'Alexandre Plank, France Culture[24].
- 2012 : Chambre noire de C. Lucas, réalisation de François Christophe, France Culture.
- 2014 : La Poupée qui dit non de Tarik Noui, réalisation de Cédric Aussir, France Inter.
- 2015 : L'Île aux musées de Cécile Wajsbrot, France Culture (dans le chœur des statues)[25].
- 2018 : Intra muros de François Luciani, réalisation de Cédric Aussir, France Inter[26].
- 2021 : Le Château de Franz Kafka, adaptation de Stéphane Michaka, réalisation de Cédric Aussir, France Culture (Olga)[27].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 « Caroline Breton », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 « Bio Caroline Breton », sur Site de Caroline Breton (consulté le )
- ↑ 3,0 et 3,1 « Caroline Breton », sur THEATREonline (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « Caroline Breton : filmographie », sur IMDb (consulté le )
- ↑ 5,0 et 5,1 « Twelfth Night – La Nuit des rois, ou Ce que vous voulez », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- ↑ « Caroline Breton – Danse », sur Site de Caroline Breton (consulté le )
- ↑ « Notre temps collectif au Théâtre de la Bastille », sur Sceneweb, (consulté le )
- ↑ 8,0 et 8,1 « Georgia Scalliet », sur Comédie-Française (consulté le )
- ↑ Sophie Rieu, « iFeel2 », sur Action Parallèle, (consulté le )
- ↑ 10,0 et 10,1 « I hope », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- ↑ 11,0 11,1 et 11,2 Wilson Le Personnic, « Caroline Breton & Charles Chemin, Figures », sur MaCulture.fr, (consulté le )
- ↑ 12,0 et 12,1 « De natura rerum », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- ↑ 13,0 et 13,1 « « EUPHORIA » de Caroline Breton », sur Association Beaumarchais-SACD, (consulté le )
- ↑ « L'Alliance New York Presents Euphoria », sur Dance/NYC (consulté le )
- ↑ « Studio ouvert Caroline Breton – AGAPÉ », sur Ballet Preljocaj – Pavillon Noir (consulté le )
- ↑ 16,0 et 16,1 « Entretien — AGAPÉ, avec la chorégraphe Caroline Breton », sur Fonds de dotation Francis Kurkdjian, (consulté le )
- ↑ Claudine Colozzi, « Euphoria, plus chouette la vie ! », sur Coups d'Œil, (consulté le )
- ↑ Béatrice Lapadat, « S'entraîner au vivant : Euphoria de Caroline Breton au Théâtre L'étoile du nord », sur Cult.news, (consulté le )
- ↑ Sophie Rieu, « iFeel2 », sur Action Parallèle, (consulté le )
- ↑ « Les Voiliers du Luxembourg », sur La Cinémathèque française (consulté le )
- ↑ « Tomorrow Will Be Brighter », sur RNB Films (consulté le )
- ↑ « Notre Dame des Barjots : distribution », sur TV Wunschliste (consulté le )
- ↑ « À l'Ouest de Violaine Schwartz, avec la collaboration de Quentin Schoëvaërt », sur France Culture, (consulté le )
- ↑ Arnaud Maïsetti, « Hauke Lanz & Chloé Delaume : Lieux More », sur Arnaud Maïsetti, carnets, (consulté le )
- ↑ « L'Île aux musées de Cécile Wajsbrot », sur France Culture (consulté le )
- ↑ « Fiction Intra muros », sur France Inter, (consulté le )
- ↑ « « Le Château » de Franz Kafka (partie 1) », sur France Culture, (consulté le )
Liens externes
- Site officiel
- « Caroline Breton » (présentation), sur l'Internet Movie Database
- Fiche de Caroline Breton sur Les Archives du spectacle.
- Fiche de Caroline Breton sur Unifrance.
Article publié sur Wikimonde Plus
- Théâtre
- Danse
- Cinéma français