Jacques Louvel
| Nom de naissance | Jacques Pierre Louvel |
|---|---|
| Alias |
Tessier |
| Naissance |
18e arrondissement de Paris, France |
| Décès |
(à 19 ans) Saint-Germain-du-Corbéis (Orne, France) |
| Nationalité | Française |
| Activité principale |
Résistant |
Jacques Pierre Louvel, dit « Tessier », né le 24 juillet 1924 à Paris et fusillé le 27 avril 1944 à Saint-Germain-du-Corbéis (Orne), est un résistant français membre des Francs-tireurs et partisans (FTP). Engagé dans la Résistance à Paris dès 1940, il participe à la lutte clandestine puis armée avant d'être envoyé dans l'Orne, où il prend la tête du maquis de Vrigny en mars 1944. Arrêté par les forces de l'ordre françaises et condamné à mort par un tribunal militaire allemand, il est exécuté avec cinq de ses compagnons[1].
Engagement dans la Résistance à Paris
Jacques Louvel grandit à Paris et habite au 196, rue Saint-Maur, dans le 10e arrondissement. Au début de l'Occupation, il étudie la mécanique à l'école professionnelle Diderot. Il rejoint en novembre 1940 un groupe de résistance constitué au sein de l'établissement par Jean Marrane[2].
En avril 1941, il adhère au Front patriotique de la jeunesse, organisation de la Résistance communiste. Dès le mois de juin, il coordonne les groupes des écoles Diderot et Dorian. Son activité porte alors sur la préparation et la diffusion de journaux clandestins, ainsi que sur l'organisation de lieux d'hébergement pour des résistants recherchés par la police du régime de Vichy[2].
Jacques Louvel rejoint les FTP en avril 1942 et participe désormais à des actions armées. En mai, il prend part à l'attaque d'un organisme pro-allemand installé rue Oberkampf, dans le 11e arrondissement. Le démantèlement de son groupe parisien, à la fin de 1943, le contraint à quitter la capitale. La direction des FTP l'envoie alors dans l'Orne[2].
Le maquis de Vrigny
Dans l'Orne, Jacques Louvel est nommé commissaire technique départemental des FTP et contribue à l'organisation d'opérations de sabotage. Il rejoint le maquis de Vrigny, formé autour d'un chantier forestier situé près du moulin de Vrigny. Les frères Henri Gagnaire et Robert Gagnaire, qui travaillent dans l'exploitation forestière familiale, y cachent notamment des jeunes refusant le Service du travail obligatoire (STO). Créé en 1943, le groupe se rattache d'abord au mouvement Vengeance, puis aux FTP. Il rassemble des armes et mène des actions de résistance dans la région[3],[4].
Jacques Louvel prend la responsabilité du maquis le 3 mars 1944. Cette nomination intervient au moment où les autorités françaises sont sur la piste du groupe, notamment après une tentative d'assassinat manquée contre un collaborateur local le 17 février précédent[2],[3].
Arrestation et exécution
Le 4 mars 1944, Henri Gagnaire et Bernard Montigny sont arrêtés alors qu'ils effectuent un repérage en vue d'un sabotage de ligne électrique. L'enquête provoque une série d'interpellations et l'investissement du maquis par la gendarmerie, la police et les Renseignements généraux français. Des armes, des munitions et de faux papiers sont saisis[4],[1].
Ayant appris les arrestations, Jacques Louvel se rend au lieu-dit La Haute-Bellière. Il y retrouve Robert Gagnaire, resté sur place pour mettre à l'abri du matériel compromettant. Tous deux envisagent une opération contre la gendarmerie de Mortrée afin de libérer leurs camarades détenus. Dans la nuit du 4 au 5 mars, les forces de l'ordre encerclent leur refuge et les arrêtent après un affrontement armé. Conduits à Argentan, ils sont remis aux autorités allemandes à Alençon le 6 mars[2],[4].
Le 21 avril 1944, le tribunal militaire allemand FK 916, siégeant à Alençon, condamne Jacques Louvel et cinq autres résistants à mort. Ils sont fusillés le 27 avril à la carrière des Aulnaies, sur la commune de Saint-Germain-du-Corbéis. Outre Jacques Louvel, les exécutés sont Henri et Robert Gagnaire, Marcel Lemoulan, Bernard Montigny et André Suriray[1],[3].
Mémoire et hommages

Le nom de Jacques Louvel figure sur le monument commémoratif des fusillés de Saint-Germain-du-Corbéis. À Paris, une plaque lui rend hommage sur l'immeuble du 196, rue Saint-Maur, où il résidait avant son départ pour l'Orne[1],[2].
Par arrêté du 8 juin 1946, l'ancienne rue Corbeau, dans le 10e arrondissement de Paris, est rebaptisée rue Jacques-Louvel-Tessier en sa mémoire. Ce nom réunit son patronyme, Louvel, et son nom de Résistance, Tessier[5],[2].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Thomas Pouty, « LOUVEL Jacques, Pierre », sur Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie, Université de Caen Normandie (consulté le )
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 et 2,6 « Plaque en hommage au FTPF Jacques Louvel-Tessier », sur Musée de la Résistance en ligne, Fondation de la Résistance (consulté le )
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 « Robert Gagnaire », sur Musée de l'ordre de la Libération, Ordre de la Libération (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 Thomas Pouty, « MONTIGNY Bernard, Jules, Félix », sur Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie, Université de Caen Normandie (consulté le )
- ↑ « Rue Corbeau (Paris, France) », sur Référentiel des voies de Paris, Archives nationales (consulté le )
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