Paul Dhalluin
| Nom de naissance | Paul Achille Dhalluin |
|---|---|
| Alias |
« Paul Decroix » |
| Naissance |
Brive-la-Gaillarde (Corrèze, France) |
| Décès |
(à 28 ans) Chi-Dao, province de Hòa Bình, Tonkin, Indochine française |
| Nationalité | Française |
| Profession |
Officier |
| Activité principale |
Résistant |
| Formation |
Lycée Cabanis de Brive |
Paul Dhalluin, de son nom complet Paul Achille Dhalluin, né le à Brive-la-Gaillarde et mort au combat le à Chi-Dao, dans la province de Hòa Bình, au Tonkin, est un résistant et officier français. Le répertoire de son dossier d'officier au Service historique de la Défense l'enregistre comme lieutenant et le classe dans les troupes de marine à sa mort[1]. Engagé dans les Forces françaises de l'intérieur pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint ensuite l'armée régulière, participe à la campagne d'Alsace et d'Allemagne en 1945, puis sert à deux reprises en Indochine, où il est tué à l'âge de 28 ans.
Son itinéraire est principalement documenté par ses dossiers militaires et de Résistance ainsi que par sa correspondance. Une partie de celle-ci est conservée dans des fonds publics ; une édition posthume paraît en 2011 sous le titre Des maquis limousins aux rizières d'Indochine[2],[3].
Jeunesse et formation
Paul Dhalluin naît à Brive-la-Gaillarde dans une famille liée à l'armée : son père est sous-officier au 126e régiment d'infanterie, alors en garnison dans la ville. Il étudie au lycée Cabanis de 1931 à 1939 et obtient le baccalauréat. Durant ses années de lycée, il adhère à la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), dont il devient secrétaire fédéral en Corrèze, et fréquente les équipes sociales animées à Brive autour d'Edmond Michelet[4].
Après la défaite de 1940, il travaille quelque temps dans les structures de jeunesse mises en place en Limousin. Le secrétariat à la Jeunesse de Limoges l'envoie en stage au Châtelard et lui confie des visites de chantiers destinés aux jeunes chômeurs. En 1941, il est incorporé aux Chantiers de la jeunesse française à Lodève, puis rejoint l'école de cadres de Theix, à Saint-Genès-Champanelle, comme instructeur. Ses périodes de service dans les Chantiers le dispensent ensuite du Service du travail obligatoire[4].
Seconde Guerre mondiale
Résistance
Dhalluin quitte les Chantiers de jeunesse pour passer dans la clandestinité à titre permanent sous le pseudonyme de « Paul Decroix ». Dans l'Armée secrète en Haute-Vienne, il exerce des responsabilités dans l'encadrement des maquis, puis des fonctions de liaison. Il assure notamment des liaisons pour le délégué militaire régional connu sous le pseudonyme de « Chassaigne » et reçoit le grade de lieutenant FFI[4]. Son dossier administratif au Service historique de la Défense confirme l'homologation de ses services au titre des Forces françaises de l'intérieur[5].
Campagne de 1944-1945
À la Libération, il ne fait pas valoir son grade de lieutenant FFI dans l'armée régulière et y entre comme aspirant. Affecté au 23e régiment d'infanterie coloniale, il participe aux opérations en Alsace puis en Allemagne. Le régiment, engagé dans les combats de la Libération, franchit le Rhin au début d'avril 1945[6]. Paul Dhalluin est blessé le 7 avril 1945 dans les combats aux abords de Karlsruhe[4].
Guerre d'Indochine
Premier séjour
Dès juin 1945, alors que la guerre contre le Japon n'est pas encore terminée, Paul Dhalluin se porte volontaire pour servir en Indochine[4]. Après la capitulation japonaise, la situation politique y est profondément transformée : Hô Chi Minh proclame l'indépendance de la République démocratique du Viêt Nam le 2 septembre 1945, tandis que la France cherche à rétablir son autorité coloniale. L'affrontement avec le Viêt Minh débouche à la fin de 1946 sur la guerre d'Indochine[7].
Dhalluin sert d'abord en Cochinchine. Sa correspondance décrit les opérations selon le vocabulaire français de la « pacification » et insiste à la fois sur l'action militaire et sur l'administration des zones reprises. Il écrit ainsi avoir contribué à faire rouvrir une école, un hôpital et une maternité. Ses états de services font également état de commandements de compagnie et de partisans qui lui valent plusieurs citations[4].
En juin 1946, il rentre en France à la demande d'Edmond Michelet, alors ministre des Armées, et travaille au ministère. Son premier séjour en Extrême-Orient est ainsi interrompu[4].
Retour au Tonkin et mort
En novembre 1947, Dhalluin demande à repartir en Indochine pour achever son séjour. Il est affecté dans la haute région du Tonkin et commande un groupe de partisans, qualifié de « goum » dans sa correspondance. Blessé en mars 1948, il reprend son service[4].
Le 20 septembre 1948, il est tué dans une embuscade à Chi-Dao, dans la province de Hòa Bình[4],[1].
Correspondance et publication posthume
Les lettres de Paul Dhalluin constituent un témoignage sur ses engagements et permettent de suivre son itinéraire de la France occupée à l'Indochine. Elles montrent la continuité qu'il établit entre son patriotisme issu de la Résistance et sa défense de la présence française en Indochine. Son interprétation du conflit est également marquée par l'anticommunisme. Dans une lettre adressée à Edmond Michelet le 30 août 1948, il relève que la guerre est qualifiée en métropole de « sale guerre », mais estime qu'il faut poursuivre les combats pour parvenir à la paix : « Il faut faire la paix. Le malheur c'est qu'actuellement il faut faire la guerre pour faire la paix »[4].
Son témoignage est déjà repris avant l'édition de 2011. En 1999, une recension du deuxième tome de Lettres d'Indochine de Marcel Bigeard cite le lieutenant Paul Dhalluin parmi les témoins de la politique française de « pacification » et reproduit cette formule : « Non, la France de Lyautey n'est pas morte ! Mais elle est en danger »[8].
Les Archives départementales de la Corrèze conservent sous la cote BR/4857 un tapuscrit de 99 pages intitulé Servir. Correspondances et témoignages 1940-1948, établi à Brive en 2002[9]. Le Service historique de la Défense conserve pour sa part des « Papiers Dhalluin » couvrant les années 1939-1948[2].
Une édition plus ample paraît en 2011 aux Éditions Les Monédières sous le titre Des maquis limousins aux rizières d'Indochine : correspondances et témoignages, 1940-1948. L'ouvrage compte 403 pages[3].
Distinctions et mémoire
L'état des services reproduit dans l'édition de sa correspondance mentionne notamment les distinctions suivantes[4] :
- chevalier de la Légion d'honneur ;
- Croix de guerre 1939-1945 ;
- Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs ;
- Médaille de la Résistance française.
À Brive-la-Gaillarde, une voie porte le nom de « rue Lieutenant Paul Dhalluin ». L'édition de sa correspondance fait remonter cette dénomination à une délibération municipale du 20 juillet 1949[4]. L'existence actuelle de la voie est attestée dans des publications officielles[10].
Bibliographie
- Des maquis limousins aux rizières d'Indochine : Correspondances et témoignages, 1940-1948, Éditions Les Monédières, , 403 p. (ISBN 9782363400062) [présentation en ligne]
Notes et références
- ↑ 1,0 et 1,1 « Répertoire de la sous-série GR 8 YE : dossiers individuels d'officiers », sur Service historique de la Défense (consulté le ) Notice « DHALLUIN, Paul Achille », cote GR 8 YE 108956.
- ↑ 2,0 et 2,1 « Papiers Dhalluin », sur Service historique de la Défense (consulté le ) La notice décrit un ensemble de correspondances et témoignages de 1939 à 1948, représentant 217 pages dactylographiées.
- ↑ 3,0 et 3,1 « Des maquis limousins aux rizières d'Indochine : correspondances et témoignages, 1940-1948 », sur Google Livres (consulté le )
- ↑ 4,00 4,01 4,02 4,03 4,04 4,05 4,06 4,07 4,08 4,09 4,10 et 4,11 Des maquis limousins aux rizières d'Indochine : Correspondances et témoignages, 1940-1948, Éditions Les Monédières, , 403 p. (ISBN 9782363400062)
- ↑ « Dossiers administratifs de résistantes et résistants, sous-série GR 16 P, lettre D », sur Musée de la Résistance en ligne (consulté le ) Notice « DHALLUIN, Paul Achille », cote GR 16 P 183548 : services FFI homologués.
- ↑ « 5e compagnie du 23e régiment d'infanterie coloniale », sur Service historique de la Défense (consulté le )
- ↑ « Hommage aux morts pour la France en Indochine », sur Chemins de mémoire (consulté le )
- ↑ Michel Klen, « Lettres d'Indochine (Tome II) », sur Revue Défense Nationale, (consulté le ) Revue no 609, p. 190-191.
- ↑ « Servir. Correspondances et témoignages 1940-1948. Brive 2002 », sur FranceArchives (consulté le ) Cote BR/4857, Archives départementales de la Corrèze.
- ↑ « BODACC « A », annonce no 623, 3 et 4 avril 2023 », sur Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (consulté le )
Article publié sur Wikimonde Plus
- Naissance à Brive-la-Gaillarde
- Décès à 28 ans
- Résistant français
- Militaire français de la guerre d'Indochine
- Chevalier de la Légion d'honneur
- Titulaire de la médaille de la Résistance française
- Titulaire de la croix de guerre 1939-1945
- Titulaire de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
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