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Maison Alfred Terrassier

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La Maison Alfred Terrassier était localisée à Tain L’Hermitage, en Drôme. C’est une entreprise spécialisée dans les fours à bois depuis 1840[1]. A. Terrassier succède à la Maison Veuve Rozier & Compagnie.

L’activité sera ensuite rachetée en 1960 par Jacques Fayol[1]. L’entreprise Fayol est encore en activité aujourd’hui et produit des fours à bois dans la continuité de ses prédécesseurs[1].

Histoire de l'usine

Au milieu du XIXe siècle, Mme Rozier, propriétaire des carrières de kaolin à Larnage, loue un terrain à Tain L’Hermitage pour installer une usine de briques réfractaires[2].

Le 12 avril 1860, elle demande l’autorisation de construire un four pour la cuisson de briques et de blocs réfractaires, ainsi qu’un second pour la cuisson de pièces plus fines en kaolin ou en terre réfractaire[2]. Le 7 aout 1860, des entreprises concurrentes protestent contre l’installation de ces fours, dénonçant que la fumée produite par leur utilisation comportait des risques pour les habitations et les vignobles avoisinants[2]. La construction des deux fours fut finalement autorisés le 25 mars 1864[2].

Le 25 avril 1872, Joséphine Rozier, Joseph Métral ainsi qu’Alfred Terrassier forment une société pour une durée initiale de 5 ans : « pour le commerce du vin et l’exploitation et l’extraction des terres blanches ou réfractaires et des kaolins qui étaient à Larnage ainsi que la conversion de ces terres blanches ou réfractaires en briques, four ou autres »[2].

Mme Rozier propose ses locaux, qui deviennent le siège de la société, Mr Métral ses connaissances en tant qu’ancien marchand de charbon et Mr Terrassier son expertise dans le commerce ainsi que la participation financière de 20 000 Francs[2]. Finalement, Mr Métral se retire de la société le 30 juin 1872. Le 30 aout 1875, la société est dissoute et Alfred Terrassier devient le propriétaire[2].

Le 12 aout 1899, A. Terrassier rachète l’usine Robin Père & Fils située au quartier de Laya pour 5 000 Francs[3].

Paule Marthe Terrassier, la fille de Mr Terrassier épouse A. J. Fournier le 9 avril 1904. Cet union donne à la société le nom de Fournier-Terrassier qu’elle conserva pendant plus de 50 ans jusqu’a l’arrivée de Mr Fayol[2].  

Les locaux de l’usine réunissent en un seul lieu habitations, bureaux, ateliers de manipulation, de moulage et de cuisson des terres réfractaires. Elles sont situées sur un axe de communication très avantageux : elles sont traversées par la voie de chemin de fer reliant Paris à la Méditerranée ; et très proches du tramway à vapeur allant de Tain à Romans. La route de Romans passe aux portes des usines et la route nationale de Lyon - Marseille traverse la ville de Tain à quelques mètres. Ces atouts sont renforcées pas la voie fluviale puisque le Rhône traverse la commune. L’ensemble de ces voies de communications facilite les échanges internationaux : « Nulle fabrique au monde n’est plus heureusement située sous le rapport de l’économie, de la facilité et de la rapidité de ses communications avec tous les pays ». A. Terrassier.

La carrière

La carrière exploitée depuis 1860 par la maison Veuve Rozier & Compagnie est située à Larnage à 5 km de Tain L’Hermitage. C’est ici que sont extraits les terres réfractaires, dans les gisements de la carrière de Terre Blanche de Larnage[1], qui couvrent plusieurs hectares[2].

La carrière est formée d’un granit en dissolution composé de feldspath et de quartz. Très riche en alumine, cette terre se démarque par sa blancheur éclatante et sa composition idéale à la fabrication de produits réfractaires. La conclusion d’analyse du savant M. Gueymard le confirme : « Cette composition ne laisse rien à désirer pour faire d’excellentes briques réfractaire ».

Certains gisements ont une nuance de couleur saumon plus ou moins foncée, dans ce cas le kaolin extrait est très onctueux.

Les fours économiques

Ces fours à bois sont entièrement construits en terre réfractaire. Cette terre n’est pas conductrice, elle conserve et répercute la chaleur.

Ils sont très populaires dans la région et l'entreprise devient même un fournisseur de l'Etat[1] (Génie militaire et grandes administrations) : « Les pâtissiers, les boulangers, les ménages et les fermes qui sont munis des fours réfractaires sortant de ma maison se comptent par milliers. […] Ayant vu le Génie militaire adopter mes fours, ils se sont empressés d’en faire autant. » A. Terrassier. Ces fours sont également exportés en Suisse, en Algérie, en Syrie ainsi qu’en Tunisie.

Leurs avantages sont nombreux : « Ces fours de toutes dimensions, réunissent : propreté, élégance, solidité et longue durée, construction prompte et facile par tout ouvrier un peu intelligent ; chauffage rapide et long maintien de chaleur ; économie considérable de combustible sur tout autre four, et bon marché réel des matériaux les composants ». A. Terrassier. Ils sont donc solides, durables et très économiques. Leur montage est réalisable par un maçon débutant, il est rapide et facile, et les pièces n’ont pas à être cuites avant de pouvoir être utilisées.

Aujourd’hui encore, on retrouve énormément d’anciens four banaux Terrassier dans de nombreux villages de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Autres produits

Les produits naturels sont constitués de graviers de feldspath triés par tamisages ou par lavages du kaolin. Ces terres propres sont utilisées pour la fabrication de produits réfractaires. Les produits fabriqués sont constitués de kaolin, les objets réfractaires sont dans ce cas façonnés et cuits.

Les briques réfractaires sont plus légères que les autres briques concurrentes de part leur composition en kaolin et en alumine.

Le sommier, ou naissance de voute est une brique qui améliore la fabrication des fours à bois. Elle permet de supprimer de 40 % la présence des joints ce qui régularise les flammes et concentre la chaleur dans le sommier. La détérioration du four est également réduite car les rangs de coins s’abimaient lorsque l’on chargeait le four en bois, avec le sommier ce risque n’existe plus. Enfin elle facilite le travail du maçon en simplifiant la construction.

« Parmi mes produits spéciaux, je me permets de recommander particulièrement mes garnitures intérieures de cheminées, et notamment l’emploi des foyères courbées qui rejettent la chaleur dans l’intérieur de l’appartement, au lieu de la laisser échapper par la cheminée. » A. Terrassier.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Ardèche Hermitage Tourisme, « Visite des fours à bois Le Panyol », sur www.ardeche-hermitage.com
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5, 2,6, 2,7 et 2,8 Tain au quotidien, Tome 3, p. 155-156 
  3. Tain au quotidien, Tome 3, p. 452 

Article publié sur Wikimonde Plus

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