Encyclopédie Wikimonde

René Duval

Aller à : navigation, rechercher

Erreur Lua dans Module:Wikidata à la ligne 121 : attempt to index field 'wikibase' (a nil value). René Duval, né le à Paris et mort le dans cette même ville, est un industriel français de l'entre-deux-guerres dans le secteur de la parfumerie de luxe.

Biographie

Né le à Paris, il est issu d'une famille d'artisans-commerçants ; son père était peaussier et sa mère était issue d'une famille de tonneliers à Bercy.

À 24 ans, il entre le comme représentant-employé de commerce chez le parfumeur François Coty à Suresnes. Mobilisé lors de la Première Guerre mondiale au Fort du Mont-Valérien au service des transmissions télégraphiques, il poursuit son activité salariée chez Coty. Vers 1917, sa rencontre avec Pierre Perreau-Pradier, futur député de l'Yonne, sera un solide atout dans sa carrière. En 1918, François Coty, considéré aujourd'hui comme le « Père de la parfumerie moderne », le nomme directeur général de la Parfumerie Coty.

René Duval créée en 1919 deux sociétés opérant dans la parfumerie de luxe : la société Sorys, spécialisée dans la création de conditionnements pour la parfumerie, la confiserie et les articles de petite maroquinerie d'une part, puis les Parfums de Volnay[1]. François Coty poursuit alors René Duval en justice pour concurrence déloyale et contrefaçon. S'ensuit un procès qui se terminera en 1922[Comment ?].

Dès 1920, il se rend à New York et créé une filiale Parfums de Volnay inc. sur la Cinquième Avenue.

Au , le catalogue commercial des Parfums de Volnay présente une vingtaine de lignes de parfums et de cosmétiques. La maison de parfums se distingue sur le marché avec un parfum grand-luxe "Ambre de Siam" présenté dans trois différents flacons d'art en tirage limité de René Lalique : "Gros Fruits", "Brûle-parfum" et "Cachet" ; ces trois créations de René Lalique pour Volnay seront exposées à Nancy en 1920 dans le magasin de décoration de Louis Majorelle.

En 1924, René Duval lance le premier parfum « bijou » baptisé "Perlinette" dont le flacon imite une perle créé par le verrier André Jollivet. La même année il signe un contrat de licence avec l'actrice Gabrielle Dorziat pour développer un parfum et des produits cosmétiques à son nom. "Le Parfum de Gabrielle Dorziat" de Volnay s'invite ainsi dans les théâtres où l'actrice se produit, gage d'une publicité et de notoriété pour cette maison de parfums.

Entre 1922 et 1930, d'autres parfums voient le jour. Tout comme Molinard le parfumeur provençal, René Duval propose tous ses parfums de Volnay sous forme de concrètes (parfums sur cire). Des gammes de poudres de riz, de brillantines liquides ou solides, des rouges à lèvres et des savons à barbe complètent l'assortiment. La crème "Secret de Jadis" est apprécié des garçonnes dansant le charleston au rythme des jazz bands.

Vers 1928, un bureau de représentation des Parfums de Volnay est ouvert à San Francisco. 80 % de la production de parfums de Volnay sont exportés. La marque Parfums de Volnay s'implante dans les pharmacies en Italie et en Australie, Volnay est diffusée aussi à Londres et aux États-Unis, notamment dans les grands magasins John Wanamaker à Philadelphie et à New York.

Entretemps, le , René Duval épouse Germaine Nicolle qui avait épousé en premières noces André Madeline et était devenue acheteuse-commissionnaire pour le département « Le Coin Français » au sein du grand magasin John Wanamaker de New York. Elle participera au développement des Parfums de Volnay[2].

En 1929, René Duval rachète les Parfums Fontanis et les Parfums Madhva à la suite du décès en 1927 de leur fondateur, le pharmacien Daniel Jacquet.

Le parfum est devenu un accessoire complémentaire à la haute couture sous l'impulsion de Paul Poiret. C'est ainsi que René Duval tout en créant et commercialisant ses propres parfums de luxe dans des flaconnages artistiques de René Lalique, de Baccarat, et de créateurs comme Julien Viard, André Jollivet et André Maugenest, noue des collaborations avec les couturiers Jeanne Lanvin, Germaine Lecomte, Andrée Leroy des Fourrures Max, Redfern et la maison new yorkaise Henri Bendel.

Parallèlement, avec ses ateliers de conditionnement et de maroquinerie Sorys, il devient fournisseur et fabricant de coffrets, d'écrins et d'étuis en cuir pour certains de ses confrères notamment les Parfums Isabey, les Parfums Richard Hudnut, Les Parfums Chanel, les Parfums Burval, les Parfums Marcel Guerlain, les Parfums Becker, les Parfums Félix Millot, les Parfums Babani, les Parfums Pléville, les Parfums Rigaud, les Parfums Forest, les Parfums Bichara, et la Parfumerie Neige des Cévennes. Il devient également en 1928 le fabricant des sacs du soir de la « Mode Simultanée » créée par Sonia Delaunay et le couturier Jacques Heim.

Un autre marché intéresse cet industriel : celui des grands magasins français. En effet, le parfum Caresse de Rose est créé par la maison Volnay pour le magasin des Trois Quartiers. Le Grand Magasin du Louvre confie le conditionnement de ses produits de parfumerie chez Sorys. À Rouen, il créé la Parfumerie Danglas, dont les parfums et les cosmétiques étaient fabriqués uniquement pour le marché français.

La prospérité de ses affaires se justifie vraisemblablement par le carnet d'adresses qu'il s'est constitué lors de ses débuts chez François Coty. Membre de l'association « La Bienvenue Française » créée pour favoriser les échanges intellectuels et moraux entre nations, René Duval fréquente le Tout-Paris des années folles. Cette association regroupait des personnalités importantes : la présidence d'honneur revint à Gaston Doumergue et à Alexandre Millerand, anciens Présidents de la République. Les Vice-présidents de cette association furent François Arago ancien vice-président de la Chambre des Députés, Joseph Barthélemy député du Gers, le duc de Doudeauville, Pierre Viala membre de l'Institut, le compositeur Charles-Marie Widor secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts.

En 1934 René Duval est nommé conseiller économique au Commerce extérieur par décret pour représenter la parfumerie française et ses industries.

De santé fragile, marqué par les grèves de 1936 paralysant son entreprise de parfumerie, il décède prématurément à 49 ans le à Paris. Le lendemain dans le quotidien Le Matin est publié le faire-part de son décès dans lequel sont énumérées ses différentes fonctions : fondateur et dirigeant des Parfums de Volnay à Suresnes, président des Fonderies d'Étampes, administrateur de la Société Fournier, administrateur et gérant de la Société Duval-Frétigny (société créée avec son beau-frère Paul Frétigny spécialisée dans l'immobilier), administrateur de la société des Pêcheries Industrielles de Saint Malo, actionnaire de la société Lory Frères, de la société immobilière du Bois Le Sueur et de la société immobilière Cardinet-Malesherbes.

Il repose auprès de sa famille au cimetière Nord de la ville de Saint-Mandé.

Les Parfums Volnay après René Duval

À partir de 1947, la maison effectue surtout du conditionnement pour d'autres parfumeurs. L'usine de Suresnes des Parfums Volnay cesse son activité pour être déménagée en 1991 Rue Pagès à Suresnes puis transférée en Normandie à partir de 1994. Sa démolition intervient en 1990[3]. En 2011 les Parfums Volnay déposent le bilan et les salariés sont licenciés[4]. Cependant Volnay renait en 2014 grâce à Muriel et Olivier Madeline qui relancent la marque[4]{{}}[5],[6],[7] avec les parfums Ambre de Siam , Perlerette, Yapana, Brume d'Hiver ou Objet Céleste.

Notes et références

  1. « La parfumerie et les cosmétiques », sur le site du Musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes.
  2. Marion Louis, « Un vent frais de nostalgie souffle sur la cosmétique », sur Madame Figaro,
  3. Valentine Rousseau, « Chiner dans le 93 : il expertise vos flacons de parfum », sur Le Parisien, .
  4. 4,0 et 4,1 Dominique Malécot, « Volnay se lance sur le marché des parfums rares », sur lesechos.fr,
  5. Dominique Malécot, « Volnay se lance sur le marché des parfums rares », sur Les Échos,
  6. Muriel Madeline, Amélie Bourgeois et Jean-Marie Martin Hattemberg (8 février 2016). « Volnay, parfumeur à Paris depuis 1919 » . 
  7. Anne-Sophie Savenier, « Maison Volnay: un parfum d’histoire », sur fr.fashionnetwork.com, (consulté le )

Voir aussi

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie

  • Archives de la société des Parfums de Volnay (fonds René Duval détenu par Jean-Marie Martin-Hattemberg) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Précieux Effluves, Éditions Milan, , p. 100-101 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christie Mayer Lefkowith, L'Art du Parfum, Éditions Celiv, , p. 205  Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Marie Martin-Hattemberg, Isabey, parfumeur à Paris depuis 1924, Éditions Gourcuff-Gradenigo, , p. 70  Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Félix Marcilhac, Catalogue raisonné et analyse de l'œuvre du verrier René Lalique, Éditions de l'Amateur,   Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes

Article publié sur Wikimonde Plus

Erreur Lua dans Module:Suivi_des_biographies à la ligne 197 : attempt to index field 'wikibase' (a nil value).