Société belge d'étude des phénomènes spatiaux

Aller à la navigation Aller à la recherche

La Société belge d'étude des phénomènes spatiaux (SOBEPS) était une association sans but lucratif belge consacrée à l'étude des objets volants non identifiés (OVNI), qu'elle abordait sous l'appellation plus générale de phénomènes aériens non identifiés. Ses statuts parurent aux Annexes du Moniteur belge le 20 mai 1971. Animée principalement par des bénévoles, elle recueillait des témoignages, menait des enquêtes, constituait des archives et diffusait ses travaux, notamment dans la revue Inforespace[1].

Fondée autour de Lucien Clerebaut et de plusieurs collaborateurs, dont Patrick Ferryn, la SOBEPS connut son plus fort développement dans les années 1970. Michel Bougard, entré dans l'association peu après sa création, en devint président en 1976 et conserva cette fonction jusqu'à sa dissolution. L'association se fit surtout connaître pendant la vague belge d'OVNI de 1989-1991, au cours de laquelle elle centralisa un grand nombre de signalements et obtint ponctuellement la coopération de la gendarmerie, des services de navigation aérienne et de la Force aérienne belge[1],[2].

Les conclusions tirées de certains dossiers de cette période ont été vivement discutées. Des scientifiques belges et des auteurs sceptiques ont contesté la valeur probante de témoignages, de photographies et de données radar, ainsi que certaines interprétations avancées dans les publications de la SOBEPS[3]. La photographie de Petit-Rechain, longtemps considérée comme une pièce importante du dossier, s'est révélée être un canular après les aveux de son auteur en 2011[4]. Un rapport technique de la Force aérienne consacré aux enregistrements des F-16 de la nuit du 30 au 31 mars 1990, rendu public par la Défense belge en 2025, a par ailleurs montré que plusieurs « interceptions » pouvaient être attribuées au second F-16 ou à des effets du traitement radar, tout en laissant certaines séquences sans explication certaine[5]. La SOBEPS avait alors disparu depuis plusieurs années : sa dissolution fut décidée le 11 juin 2007 et devint effective le 31 décembre suivant[6],[7].

Histoire

Fondation et essor dans les années 1970

Le projet de la SOBEPS fut principalement porté par Lucien Clerebaut. Plusieurs personnes associées à sa création avaient auparavant fréquenté le « Groupe D », cercle informel animé par J. G. Dohmen et intéressé notamment par les « soucoupes volantes ». Les statuts furent déposés en avril 1971 et publiés le 20 mai. Louis Musin, éditeur et homme de lettres, devint le premier président ; Clerebaut occupa la fonction de secrétaire général et Patrick Ferryn fit partie du noyau fondateur[1],[8].

La nouvelle association se développa rapidement. D'après son historique interne, elle comptait environ 700 membres cotisants à la fin de 1971. Sa revue Inforespace, dont Michel Bougard fut le premier rédacteur en chef, fut lancée en 1972. Elle parut d'abord à un rythme soutenu et devint à la fois l'organe d'information des membres et le principal support de publication des enquêtes et analyses de la SOBEPS[1].

Louis Musin quitta la présidence en 1972 et fut remplacé par André Boudin, physicien à l'Université libre de Bruxelles. Au début de 1976, Michel Bougard lui succéda. Les archives de l'association situent la même année son maximum d'effectifs à environ 1 750 membres[1]. Cette période vit aussi paraître les premiers ouvrages d'ampleur liés à la SOBEPS : Des soucoupes volantes aux OVNI, recueil collectif dirigé par Bougard, en 1976, puis La Chronique des OVNI, publiée par celui-ci en 1977 et consacrée à des récits antérieurs à l'apparition de l'expression « soucoupe volante » en 1947[9].

Recul des adhésions dans les années 1980

L'essor ne se poursuivit pas au même rythme. Selon les chiffres publiés par la SOBEPS, ses effectifs avaient diminué d'environ 36 % en 1981 par rapport à 1976 et étaient tombés sous les 500 membres en 1985. Inforespace passa progressivement de six à quatre, puis à deux numéros annuels[1]. L'activité d'enquête et de publication se maintint toutefois, avec un réseau de correspondants et d'enquêteurs et des changements successifs à la direction de la revue.

En novembre 1988, la SOBEPS organisa à Bruxelles un congrès européen sur les phénomènes aériens anormaux. Il réunit des intervenants aux approches diverses, parmi lesquels Jacques Vallée, Richard Haines, Pierre Lagrange, Jean-Pierre Petit et Auguste Meessen ; les actes furent publiés l'année suivante[1]. À la fin de 1989, l'association connaissait néanmoins une période de faible activité, liée à la diminution des signalements et des adhésions. La série d'observations commencée le 29 novembre 1989 modifia brusquement cette situation.

Vague belge de 1989-1991

Le 29 novembre 1989, deux gendarmes en service dans la région d'Eupen signalèrent un phénomène lumineux qu'ils décrivirent comme un grand objet sombre muni de plusieurs lumières. D'autres observations furent rapportées dans l'est de la Belgique et l'affaire reçut rapidement une importante couverture médiatique. La SOBEPS mobilisa alors son réseau d'enquêteurs et devint l'un des principaux interlocuteurs civils pour la collecte des témoignages[1],[2].

L'ampleur de la documentation produite est surtout connue par les chiffres de l'association elle-même. Son bilan rétrospectif fait état de plus de 1 500 dossiers liés à la vague, représentant environ 20 000 pages et provenant d'informations communiquées par plusieurs milliers de témoins[1],[6]. Ces nombres décrivent le volume des archives recueillies ; ils ne correspondent ni à autant de phénomènes indépendants ni à autant de cas demeurés inexpliqués après examen.

La vague donna lieu à deux importants ouvrages collectifs, Vague d'OVNI sur la Belgique : un dossier exceptionnel en 1991 et Vague d'OVNI sur la Belgique 2 : une énigme non résolue en 1994. La SOBEPS y rassembla témoignages, statistiques, analyses photographiques et études des données radar qui avaient marqué la période[9].

Après la vague et dissolution

Après le milieu des années 1990, la SOBEPS poursuivit ses enquêtes et la publication d'Inforespace, mais avec des moyens plus limités. Dans l'éditorial annonçant sa disparition, Michel Bougard invoqua la raréfaction des observations jugées importantes, la stagnation de certains travaux, la chute du nombre d'adhérents et de bénévoles, l'épuisement des ressources financières et la transformation de la circulation de l'information par Internet[6].

L'assemblée générale du 11 juin 2007 vota à l'unanimité la dissolution. Le dernier Inforespace, un numéro double 114-115, parut en octobre, et la dissolution devint effective le 31 décembre 2007[10],[7]. Une partie d'anciens collaborateurs, notamment Patrick Ferryn et le physicien Léon Brenig, constitua ensuite le Comité belge d'étude des phénomènes spatiaux (COBEPS). Cette structure plus légère reprit la réception de témoignages et la conservation d'une partie de l'expérience et des archives de la SOBEPS, sans maintenir l'ensemble de ses infrastructures ni sa revue[7].

Fonctionnement et méthodes

La SOBEPS définissait son objet comme « l'étude rationnelle » des phénomènes aériens non identifiés et des questions connexes. Elle affirmait vouloir recueillir et diffuser les informations sans préjuger de la nature des phénomènes signalés[1]. Dans la pratique, son travail reposait sur des bénévoles : réception de signalements, entretiens avec les témoins, déplacement sur les lieux lorsque le cas le justifiait, recherche d'explications conventionnelles et constitution d'un dossier d'enquête.

Pour homogénéiser les pratiques du réseau, Michel Bougard et Jean-Luc Vertongen élaborèrent un Guide de l'enquêteur ; l'association diffusa également un Guide de l'observateur. Elle entretenait une bibliothèque, des archives et un réseau national d'enquêteurs. Plusieurs scientifiques collaborèrent à titre de conseillers ou d'analystes, notamment Auguste Meessen, professeur de physique à l'Université catholique de Louvain, Léon Brenig, physicien à l'Université libre de Bruxelles, ainsi que Claude Gillet et Jean-Pierre Auquière[8],[1].

Lorsqu'elle disposait de données extérieures, la SOBEPS cherchait à confronter les récits à des informations météorologiques, aéronautiques ou radar. Elle obtint, selon les périodes, des contacts et des formes de coopération avec la gendarmerie, la Régie des voies aériennes et la Force aérienne belge. Une enquête sceptique publiée en 1994 décrivait d'ailleurs la SOBEPS comme une association privée inhabituellement bien organisée et relevait ses accès à certains services publics, tout en contestant plusieurs de ses interprétations[2]. Cette coopération institutionnelle facilitait l'accès à des données ou à des moyens techniques ; elle ne constituait pas une validation officielle des conclusions ufologiques de l'association.

La diffusion occupait enfin une place importante : Inforespace, ouvrages, conférences, communiqués et interventions dans les médias assuraient la circulation des enquêtes. Pendant la vague belge, cette visibilité contribua à faire de la SOBEPS un point de passage fréquent pour les témoins et les journalistes, mais devint elle-même un objet de débat lorsque des auteurs s'interrogèrent sur les effets possibles de la médiatisation sur la multiplication et la forme des signalements.

Enquête sur la vague belge

Collecte des témoignages et coopération institutionnelle

À partir de la fin de 1989, la SOBEPS réactiva et élargit son réseau d'enquêteurs. Des informations lui furent transmises par des gendarmes, tandis que des contacts existaient avec des organismes chargés de la circulation aérienne et avec la Force aérienne. L'association tenta ainsi de recouper les déclarations avec des données indépendantes et d'obtenir, lorsque cela était possible, des moyens d'observation instrumentale[1],[2].

La façon de compter les témoignages est devenue un enjeu méthodologique. Plus d'une centaine de récits furent, au fil des enquêtes, rattachés à la seule soirée du 29 novembre 1989. Marc Hallet puis Jean-Michel Abrassart ont souligné qu'une partie de ces déclarations avait été recueillie après la médiatisation des premières observations : la date du phénomène rapporté ne doit donc pas être confondue avec celle du signalement. Ils contestent en conséquence l'emploi du total rétrospectif comme preuve que de très nombreux témoins indépendants avaient tous rapporté spontanément un même phénomène avant toute couverture médiatique[11],[12]. La SOBEPS, de son côté, estimait que la diversité des témoins, des lieux et des circonstances ne pouvait être ramenée à la seule influence des médias[9].

Campagnes d'observation

La SOBEPS chercha également à dépasser l'enquête rétrospective en organisant des campagnes d'observation. Une première opération systématique eut lieu du 17 au 19 mars 1990. Du 13 au 17 avril, une campagne plus importante, baptisée « Opération Identification », bénéficia de moyens mis à disposition par plusieurs organismes, dont la Force aérienne à Bierset. Une autre campagne fut menée au printemps 1991[1].

Ces opérations n'aboutirent pas à une observation instrumentale décisive correspondant aux performances attribuées aux objets décrits par certains témoins. Pierre Magain et Marc Remy s'appuyèrent notamment sur ce résultat pour contester l'idée que la vague avait révélé un phénomène physique nouveau : à leurs yeux, la mise à disposition ponctuelle de moyens inhabituels n'avait pas produit de donnée objective suffisante pour établir l'existence d'un engin inconnu[3].

Nuit du 30 au 31 mars 1990

L'épisode radar le plus célèbre eut lieu dans la nuit du 30 au 31 mars 1990. Après des observations de lumières au sol et des contacts radar, deux F-16 de la Force aérienne belge décollèrent de Beauvechain. Le radar de l'un des appareils enregistra treize séquences de contact entre 0 h 13 et 0 h 50. Aucun des pilotes ne vit cependant de cible correspondant directement aux échos enregistrés[5],[13].

La SOBEPS accorda une place importante à ces enregistrements. Auguste Meessen les étudia dans ses publications et défendit d'abord une interprétation très favorable à l'existence d'un phénomène inhabituel, avant de formuler une conclusion plus prudente dans le second volume de 1994 : les données radar ne démontraient pas, à elles seules, qu'un OVNI matériel avait été détecté[9],[12]. Magain, Remy et d'autres critiques estimaient déjà que les enregistrements pouvaient résulter de défauts d'interprétation, d'échos parasites ou de particularités du système radar[3].

Un rapport technique réalisé à l'époque sous la direction du lieutenant-colonel Salmon, mais resté longtemps non publié, a été communiqué par la Défense belge en juin 2025. Son analyse identifie les interceptions 8, 9 et 10 comme correspondant au second F-16. Elle montre aussi que le mode de poursuite et le filtre de Kalman du radar pouvaient prolonger artificiellement un contact, produire des interpolations trompeuses, des trajectoires fictives ou des changements de cible. Pour d'autres séquences, le rapport envisage notamment des échos du sol ou des effets associés à une inversion thermique[5].

Le document ne prétend toutefois pas expliquer chaque contact : il qualifie lui-même de spéculatives plusieurs explications proposées faute de données techniques suffisantes. Sa conclusion est surtout méthodologique : les valeurs et trajectoires affichées par le radar pouvaient s'écarter sensiblement du mouvement réel d'une cible et ne devaient donc pas être interprétées sans précaution comme les performances d'un même objet matériel[5]. Cette analyse réduit la portée probante qui avait parfois été attribuée aux enregistrements sans, à elle seule, fournir une explication de tous les témoignages visuels de la vague.

Photographie de Petit-Rechain

La photographie dite de Petit-Rechain, prise en avril 1990, montrait sur fond sombre trois lumières principales disposées en triangle et une lumière centrale. Devenue l'une des images les plus célèbres de la vague, elle fit l'objet d'analyses détaillées de la SOBEPS ; Auguste Meessen défendit pendant plusieurs années l'hypothèse d'un objet réel présentant des propriétés physiques inhabituelles[9].

Le document comportait cependant une limitation fondamentale : aucun élément du décor ne permettait d'en établir directement la distance ou les dimensions. Wim Van Utrecht réalisa des essais destinés à montrer qu'une maquette de petite taille pouvait produire une image comparable, tandis que Magain et Remy relevèrent plusieurs difficultés entre les caractéristiques photographiques et le récit de la prise de vue[2],[3].

Le 26 juillet 2011, l'auteur de la photographie reconnut à la télévision belge avoir fabriqué le cliché à l'aide d'une petite maquette en polystyrène munie de lumières et photographiée de nuit. La photographie cessa ainsi de pouvoir être considérée comme un document d'un objet aérien inexpliqué[4]. Le COBEPS, héritier d'une partie des activités de la SOBEPS, reconnut explicitement la supercherie, tout en soulignant qu'elle ne tranchait pas à elle seule la nature des autres observations recueillies pendant la vague[14].

Publications

Inforespace

Inforespace fut le principal périodique de la SOBEPS. Lancée en 1972, la revue publiait des comptes rendus d'enquêtes, des dossiers, des analyses, des informations sur des cas étrangers et des débats internes. Sa périodicité diminua avec les effectifs et les ressources de l'association. Les archives conservées par le COBEPS recensent 115 numéros, le dernier étant le double numéro 114-115 d'octobre 2007, ainsi que plusieurs hors-série[9],[10].

Principaux ouvrages

  • Michel Bougard (dir.), Des soucoupes volantes aux OVNI, SOBEPS / Jean-Pierre Delarge, 1976. L'ouvrage reprend et remanie une sélection de textes parus dans Inforespace entre 1972 et 1976[9] ;
  • Michel Bougard, La Chronique des OVNI, Paris, Jean-Pierre Delarge, 1977[9] ;
  • SOBEPS, Vague d'OVNI sur la Belgique : un dossier exceptionnel, Bruxelles, SOBEPS, 1991, ISBN 2-9600007-0-6. L'ouvrage rassemble notamment des contributions de Michel Bougard, Léon Brenig, Lucien Clerebaut, Patrick Ferryn, Auguste Meessen et Jean-Luc Vertongen[9] ;
  • SOBEPS, Vague d'OVNI sur la Belgique 2 : une énigme non résolue, Bruxelles, SOBEPS, 1994, ISBN 2-9600007-1-4. Le second volume approfondit notamment les données des F-16, la photographie de Petit-Rechain, les statistiques de témoignages et les relations entre signalements et couverture médiatique[9].

Réception et débats

Les critiques adressées à la SOBEPS ont surtout porté sur la valeur probante de ses dossiers et sur les inférences tirées de témoignages difficiles à vérifier indépendamment. À l'automne 1991, dix scientifiques belges rendirent publique une prise de position contestant que le premier volume consacré à la vague permette de conclure à des visites extraterrestres. Leur argument distinguait la sincérité possible des témoins de la validité de l'interprétation donnée à ce qu'ils avaient vu[15].

En 1993, les astrophysiciens Pierre Magain et Marc Remy développèrent une critique plus systématique dans Physicalia Magazine. Ils estimaient que les données disponibles ne mettaient pas en évidence un phénomène physique nouveau et insistaient sur la nécessité de distinguer un témoignage inexpliqué d'une preuve positive en faveur d'un engin inconnu. Leur discussion portait notamment sur les campagnes d'observation, les enregistrements radar et la photographie de Petit-Rechain[3]. La révélation du canular photographique en 2011 et la publication, en 2025, du rapport technique sur le radar des F-16 ont renforcé rétrospectivement deux réserves centrales : l'absence de garantie sur l'authenticité d'un document spectaculaire et la difficulté d'interpréter directement une donnée instrumentale sans connaître les traitements qui l'ont produite[4],[5].

Marc Hallet fut, pendant la vague et les années suivantes, l'un des critiques les plus constants de la SOBEPS. Il contesta plusieurs vérifications et raisonnements du premier volume et défendit une lecture principalement sociopsychologique du phénomène : les observations initiales, la médiatisation, les attentes du public et l'activité des organisations ufologiques auraient pu s'alimenter mutuellement et contribuer à la multiplication de récits convergents[16],[11].

Jean-Michel Abrassart a repris cette approche dans plusieurs travaux et dans une thèse de doctorat consacrée au modèle sociopsychologique du phénomène OVNI. Il y traite la vague belge comme un cas de processus collectif dans lequel la perception, la mémoire, les attentes culturelles et la circulation médiatique peuvent jouer un rôle majeur, sans supposer qu'un même appareil inconnu soit à l'origine de l'ensemble des signalements[17],[12]. D'autres auteurs, dont Wim Van Utrecht, ont privilégié pour une partie des cas des méprises avec des avions, des hélicoptères, des astres ou d'autres phénomènes ordinaires, sans proposer nécessairement une explication unique de toute la vague[2].

La SOBEPS rejetait pour sa part l'idée qu'un effet médiatique ou une série de méprises suffise à rendre compte de l'ensemble de son corpus. Ses responsables mettaient en avant la diversité sociale des témoins, la présence de gendarmes parmi eux, la récurrence de certaines descriptions et l'existence de cas qu'ils considéraient comme résistants aux explications conventionnelles[9]. Le désaccord portait ainsi autant sur la qualité des données que sur le niveau de preuve nécessaire pour qualifier un cas d'inexpliqué et sur la possibilité d'extrapoler de cas individuels à une interprétation générale de la vague.

Postérité

La dissolution de la SOBEPS n'a pas entraîné la disparition de toute sa documentation. Le COBEPS conserve et met en ligne une partie de son historique, de ses publications et de ses dossiers, tandis que les archives d'enquête ont été considérées par les responsables de l'ancienne association comme un fonds à préserver sous réserve de protéger l'anonymat des témoins[6],[7].

La SOBEPS reste principalement associée à la vague belge de 1989-1991. Ses deux volumes constituent un corpus volumineux de témoignages et de documents réunis au plus près des événements, mais aussi un ensemble dont les interprétations ont été continuellement réexaminées. Le canular de Petit-Rechain a invalidé l'une des pièces visuelles les plus médiatisées ; la mise à disposition du rapport technique de la Force aérienne a, plus récemment, renouvelé la lecture des enregistrements radar. Ces révisions n'établissent pas une explication unique pour l'ensemble des signalements, mais elles illustrent les limites d'un dossier largement fondé sur des témoignages et sur des données dont la valeur dépend étroitement des conditions de collecte et d'interprétation[4],[5].

Notes et références

  1. ↑ 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 et 1,12 « Historique de la SOBEPS », Comité belge d'étude des phénomènes spatiaux (COBEPS), consulté le 4 septembre 2026.
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 Wim Van Utrecht, « UFO's in België », Skepter, vol. 7, no 3, 1994.
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 Pierre Magain et Marc Remy, « Les OVNI : un sujet de recherche ? », Physicalia Magazine, vol. 15, no 4, 1993, p. 311-318.
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 « Le célèbre OVNI de Petit-Rechain était une supercherie », Le Parisien, 26 juillet 2011.
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 5,4 et 5,5 Défense belge, Rapport du Lt. Colonel Salmon au sujet des échos radar enregistrés lors d'un vol de F-16 belges au cours de la nuit du 30 au 31 mars 1990, rapport technique, copie partiellement expurgée communiquée le 18 juin 2025 en application de la loi du 11 avril 1994 relative à la publicité de l'administration, reproduite en ligne, consultée le 4 septembre 2026.
  6. ↑ 6,0 6,1 6,2 et 6,3 Michel Bougard, « Dissolution de la SOBEPS », COBEPS, consulté le 4 septembre 2026.
  7. ↑ 7,0 7,1 7,2 et 7,3 « À propos du COBEPS », Comité belge d'étude des phénomènes spatiaux, consulté le 4 septembre 2026.
  8. ↑ 8,0 et 8,1 « Jean-Luc Vertongen », COBEPS, consulté le 4 septembre 2026.
  9. ↑ 9,00 9,01 9,02 9,03 9,04 9,05 9,06 9,07 9,08 9,09 et 9,10 « Publications de la SOBEPS », COBEPS, consulté le 4 septembre 2026.
  10. ↑ 10,0 et 10,1 « L'ultime Inforespace », COBEPS, consulté le 4 septembre 2026.
  11. ↑ 11,0 et 11,1 Marc Hallet, La Vague OVNI belge ou le triomphe de la désinformation, Liège, chez l'auteur, 1992.
  12. ↑ 12,0 12,1 et 12,2 Jean-Michel Abrassart et Nicolas Gauvrit, « La vague belge d'OVNI : une panique engendrée par les médias ? », Association française pour l'information scientifique, 4 décembre 2014.
  13. ↑ Rodrigue Jamin, « “Disclosure Day” : les confessions du pilote de F-16 qui a pourchassé un ovni dans le ciel belge », Soirmag, 22 juin 2026.
  14. ↑ « La vague belge », COBEPS, consulté le 4 septembre 2026.
  15. ↑ Voir notamment « D'autres scientifiques belges face aux OVNI », La Meuse, 26-27 octobre 1991 ; « OVNI : dix scientifiques belges contestent les conclusions du rapport Sobeps », La Lanterne, 28 octobre 1991 ; « Polémique intersidérale à la Sobeps », Le Soir, 30 octobre 1991.
  16. ↑ Marc Hallet, « Le rapport de la SOBEPS : au sujet de la “vague d'O.V.N.I.” belge », Ciel et Terre, vol. 107, 1991.
  17. ↑ Jean-Michel Abrassart, Le modèle sociopsychologique du phénomène OVNI : un cadre conceptuel interprétatif en sciences humaines, thèse de doctorat, Université catholique de Louvain, 2016.

Voir aussi

Articles connexes

  • Vague belge d'ovnis
  • Photographie de Petit-Rechain

Liens externes

Article publié sur Wikimonde Plus

  • icône décorative Belgique