Stéphane Roder

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Stéphane Roder
Naissance (60 ans)
Nationalité Française
Profession
Ingénieur, entrepreneur et consultant
Autres activités
Enseignant, auteur
Formation
Université Pierre-et-Marie-Curie et Télécom Paris

Stéphane Roder, né en décembre 1965[1], est un ingénieur, entrepreneur, consultant et enseignant français spécialisé dans les usages de l'intelligence artificielle en entreprise. Diplômé de Télécom Paris en 1992, il travaille d'abord dans les télécommunications et l'internet, dirige plusieurs jeunes entreprises, puis se spécialise à partir des années 2010 dans les applications professionnelles de l'intelligence artificielle[2]. Il crée le cabinet de conseil AI Builders à la fin de 2018 et le dirige jusqu'à son acquisition par Wavestone le 29 juillet 2026 ; il rejoint alors Wavestone comme partner[3],[4],[5].

Il enseigne également l'e-business et les usages de l'intelligence artificielle à l'ESSEC Business School et figure parmi les experts de la Fondation Jean-Jaurès[6],[7]. Il est l'auteur du Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise, publié par Eyrolles en 2019 puis profondément remanié dans une deuxième édition en 2024[8],[9].

Formation

Stéphane Roder étudie à l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI), où il obtient une maîtrise d'informatique avec une spécialisation en intelligence artificielle. Il poursuit sa formation à l'École nationale supérieure des télécommunications, devenue Télécom Paris, dont il sort diplômé en 1992[2],[7]. Son mémoire de fin d'études porte sur l'application de méthodes génétiques aux réseaux de neurones[10].

Parcours professionnel

Télécommunications, internet et entrepreneuriat

Stéphane Roder commence sa carrière en 1992 au sein du groupe Sagem, dans le support technique lié aux télécommunications. Il rejoint en 1997 Cegetel, alors dans le groupe Vivendi, où il travaille jusqu'en 1999[2].

En 1999, il cofonde avec Diaa Elyaacoubi e-Brands, une société qui conçoit pour des marques des portails, des services d'accès à internet et des outils de fidélisation en ligne. 01net situe sa création en septembre 1999[11]. Vivendi acquiert e-Brands à l'automne 2000 ; Stéphane Roder en reste directeur associé au début de 2001[12].

De 2003 à 2006, il dirige Streamezzo, éditeur de logiciels de contenus multimédias pour téléphones mobiles issu des laboratoires de France Télécom. En avril 2006, alors qu'il en est le directeur général, l'entreprise réalise un deuxième tour de table de 11 millions d'euros auprès de plusieurs investisseurs[13]. Après Streamezzo, il travaille dans le conseil financier chez Optiva Capital, puis devient en 2008 directeur marketing de Netsize, entreprise spécialisée dans les services de paiement et de messagerie mobiles[2].

En 2010, il lance avec Marc Thoumyre Mister Recycle, une plateforme de reprise et de recyclage de téléphones mobiles ensuite rebaptisée Magic Recycle. Le Journal du Net indique qu'elle est également présente en Belgique, en Espagne et en Allemagne lors d'une levée de fonds de 2,1 millions d'euros en 2012[14]. Jean-Benoît Piot rejoint la direction de la société en 2012. Magic Recycle est placée en liquidation judiciaire en juin 2013, puis fait l'objet d'un plan de cession en août de la même année[15].

Spécialisation dans l'intelligence artificielle

Après Magic Recycle, Stéphane Roder rejoint Dhatim, entreprise développant des solutions d'automatisation pour les entreprises. Son parcours personnel mentionne une fonction de directeur marketing à partir de 2014 ; en 2017, La Tribune le présente comme directeur de la stratégie de Dhatim dans une tribune cosignée avec le fondateur de l'entreprise, Thomas Bourgeois[2],[16]. Cette période marque son recentrage sur les usages de l'intelligence artificielle dans les processus d'entreprise.

À la fin de 2018, il crée AI Builders. La société est constituée le 10 décembre et a pour activité déclarée le conseil en intelligence artificielle ; Stéphane Roder en devient président lors de son immatriculation[17]. En 2019, il s'associe à Côme Chatagnon pour développer le cabinet[18]. Le cabinet accompagne notamment les directions générales et les responsables des données sur la stratégie, la gouvernance, le développement de produits d'IA, leur déploiement et la conduite du changement[3].

À partir de 2021, le cabinet développe également une activité d'analyse, AI Builders Research, qui publie des études comparatives sur les technologies et les logiciels d'intelligence artificielle destinées aux entreprises[19]. Les études publiées sous le nom d'AI Decision Matrix portent notamment sur les assistants intégrés aux applications professionnelles en 2024[20], puis sur les plateformes permettant aux salariés de créer leurs propres agents d'IA en 2026[21].

Wavestone finalise l'acquisition d'AI Builders le 29 juillet 2026. Au moment de l'opération, le cabinet compte environ 50 consultants et vise un chiffre d'affaires de 10,3 millions d'euros pour l'année ; la valeur d'entreprise retenue pour l'acquisition est de 19,3 millions d'euros[3],[4]. La société Wavestone lui succède à la présidence d'AI Builders à compter de cette date[17]. Stéphane Roder poursuit son activité au sein du groupe comme partner. En septembre 2026, Wavestone et AI Builders Research publient une étude comparant 29 modèles d'IA chinois et occidentaux selon leurs performances, leurs coûts et leur degré d'adoption[5].

Enseignement et activités d'expertise

À partir de 2019, Stéphane Roder enseigne l'e-business et les usages de l'intelligence artificielle à l'ESSEC Business School[2]. En 2024, Archimag le présente toujours comme professeur à l'ESSEC dans un entretien consacré à l'adoption de l'IA par les organisations[6].

La Fondation Jean-Jaurès le compte parmi ses experts et publie, à partir de 2017, plusieurs de ses contributions consacrées aux dimensions économiques et industrielles de l'intelligence artificielle[7].

Prises de position sur l'intelligence artificielle

Les interventions publiques de Stéphane Roder sont principalement centrées sur la valeur économique de l'intelligence artificielle et les conditions de son intégration dans les organisations. Dans une note publiée par la Fondation Jean-Jaurès en 2017, il défend l'idée que l'automatisation et l'usage de l'IA peuvent contribuer à la compétitivité et à la réindustrialisation françaises[22]. L'année suivante, il propose la création d'une agence nationale de développement de l'intelligence artificielle chargée d'appuyer une stratégie industrielle de long terme aux côtés de la Banque publique d'investissement[23]. Dans une tribune publiée par Le Monde en janvier 2019, il présente l'IA comme un levier d'amélioration de la productivité et conteste les discours qu'il juge excessivement centrés sur la crainte de la technologie[24].

Ses prises de position associent ainsi le soutien à une politique industrielle active à une critique de certaines contraintes réglementaires. En 2021, il défend dans Les Échos une intervention de l'État pour développer une infrastructure française de cloud[25]. Quelques mois plus tard, interrogé par Place de l'IT, il critique le projet de règlement européen sur l'intelligence artificielle présenté par la Commission européenne, qu'il estime susceptible de freiner les initiatives des entreprises[26].

Après la diffusion de l'intelligence artificielle générative, son discours se concentre davantage sur les conditions concrètes du déploiement. Dans son entretien avec Archimag en 2024, il souligne que l'adoption se fait progressivement, en fonction du retour sur investissement et de la qualité des données, et désigne l'intégration dans les métiers et l'accompagnement du changement comme des difficultés centrales. Il insiste également sur la responsabilité humaine dans les décisions et sur les limites des grands modèles de langage lorsqu'ils sont employés sans contrôle[6]. En 2025, il présente les agents logiciels fondés sur l'IA générative comme une nouvelle étape de l'automatisation des processus d'entreprise, tout en relevant les problèmes de raisonnement et d'« hallucination » rencontrés par les premières générations de ces systèmes[27].

En novembre 2025, il estime dans La Tribune que les navigateurs dotés d'agents autonomes pourraient transformer l'accès aux services en ligne et leurs modèles économiques[28]. En juin 2026, il préconise de laisser les collaborateurs créer des agents pour leurs tâches, tout en organisant leur contrôle selon leur coût, leur fiabilité et les droits d'accès nécessaires. Il souligne notamment l'importance d'attribuer aux agents des identités propres, distinctes de celles des utilisateurs humains, afin d'encadrer leurs actions dans les systèmes d'information[21].

Publications

En février 2019, Eyrolles publie Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise : anticiper les transformations, mettre en place des solutions, préfacé par Luc Julia. Destiné aux responsables d'entreprise et de projets, l'ouvrage présente les grandes familles d'applications de l'intelligence artificielle et propose une méthode pour repérer les gains possibles puis conduire leur mise en œuvre[8].

Une deuxième édition paraît en janvier 2024 sous le sous-titre Après ChatGPT : créer de la valeur, augmenter la performance, avec la collaboration de Côme Chatagnon et la même préface de Luc Julia. Elle actualise l'ouvrage à la lumière de l'essor de l'intelligence artificielle générative et des grands modèles de langage, tout en conservant une approche organisée autour des métiers et de la transformation des entreprises[9]. Un compte rendu publié par HR Today souligne notamment le traitement des applications dans la finance, les achats, la chaîne logistique, le juridique et les ressources humaines, ainsi que la feuille de route opérationnelle proposée au lecteur[29].

  • Stéphane Roder, Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise : anticiper les transformations, mettre en place des solutions, Paris, Eyrolles, 2019, 198 p., (ISBN 978-2-212-57122-6)[8].
  • Stéphane Roder, avec la collaboration de Côme Chatagnon, Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise : après ChatGPT : créer de la valeur, augmenter la performance, 2e éd., Paris, Eyrolles, 2024, 288 p., (ISBN 978-2-416-01435-2)[9].

Notes et références

  1. ↑ « Stephane Roder », sur Pappers (consulté le )
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 (en) « Stéphane Roder », sur stephaneroder.com (consulté le )
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 « 2026/27 : 1er trimestre en repli de -2 %, objectifs annuels ajustés – AI Builders : acquisition ciblée d'un cabinet français IA et data », sur Wavestone, (consulté le )
  4. ↑ 4,0 et 4,1 Philippe Nieuwbourg, « Wavestone renforce son offre IA en rachetant AI Builders », Decideo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ 5,0 et 5,1 « Modèles d'IA chinois : quels enseignements pour votre stratégie d'IA ? », sur Wavestone, (consulté le )
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 Bruno Texier, « Rencontre avec Stéphane Roder : « la difficulté est d'intégrer l'IA dans les métiers » », Archimag,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ 7,0 7,1 et 7,2 « Stéphane Roder », sur Fondation Jean-Jaurès (consulté le )
  8. ↑ 8,0 8,1 et 8,2 « Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise », sur Éditions Eyrolles, (consulté le )
  9. ↑ 9,0 9,1 et 9,2 « Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise, 2e édition », sur Éditions Eyrolles, (consulté le )
  10. ↑ « Le Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise, par Stéphane Roder », sur Planet Fintech, (consulté le )
  11. ↑ « E-Brands, nouvel acteur du marketing en ligne », 01net,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ Frantz Grenier, « eBrands veut devenir le FAI joker de Vivendi », 01net,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. ↑ Jérôme Bouteiller, « Streamezzo lève 11 millions d'euros », Clubic,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ « MagicRecycle lève 2,1 millions d'euros », Journal du Net, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ « MAGIC RECYCLE », sur Societe.com (consulté le )
  16. ↑ Thomas Bourgeois et Stéphane Roder, « Non, Monsieur Alexandre, la France n'est pas le tiers-monde de l'intelligence artificielle, bien au contraire ! », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. ↑ 17,0 et 17,1 « AI BUILDERS », sur Pappers (consulté le )
  18. ↑ « Qui sommes-nous ? », sur AI Builders (consulté le )
  19. ↑ « AI Builders RESEARCH : Un savoir IA & Data gratuit pour tous », MtoM Mag,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. ↑ Thierry Maubant, « AI Decision Matrix : un outil d'AI Builders pour évaluer les assistants applicatifs », ActuIA,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. ↑ 21,0 et 21,1 Bertrand Lemaire, « La Self-Agentic AI sur la voie de la généralisation », Républik,‎ (lire en ligne, consulté le )
  22. ↑ Stéphane Roder, « L'intelligence artificielle, un axe de la réindustrialisation française », sur Fondation Jean-Jaurès, (consulté le )
  23. ↑ Stéphane Roder, « Pour une Agence nationale de développement de l'intelligence artificielle », sur Fondation Jean-Jaurès, (consulté le )
  24. ↑ Stéphane Roder, « « L'intelligence artificielle est un fantastique progrès pour nos entreprises, dont il ne faut pas avoir peur » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. ↑ Stéphane Roder, « C'est à l'État français de construire le cloud français », Les Échos,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. ↑ Philippe Guerrier, « Stéphane Roder - AI Builders : « Le cadre IA de la Commission européenne est à l'opposé de ce qui se fait en France » », Place de l'IT,‎ (lire en ligne, consulté le )
  27. ↑ Stéphane Roder, « L'Agentic AI, une révolution pour l'entreprise », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le )
  28. ↑ Stéphane Roder, « L'agentic change tous les paradigmes du Web », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le )
  29. ↑ Marc Benninger, « Compte rendu du livre de Stéphane Roder : Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise, éd. Eyrolles, 2024, 276 pages », HR Today, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le )

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