Jean-Claude Colin-Simard

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Jean-Claude Colin-Simard
Naissance
Antony (Seine, France)
Décès (à 80 ans)
Boulogne-Billancourt (France)
Nationalité Française
Profession Journaliste, écrivain, auteur radiophonique
Spécialité Vulgarisation historique
Historique
Radio La Tribune de l'Histoire, Clio danse et s'amuse

Jean-Claude Colin-Simard, né le 25 juillet 1924 à Antony et mort le 9 janvier 2005 à Boulogne-Billancourt, est un journaliste, écrivain et auteur d'émissions radiophoniques français[1]. Il est principalement connu pour avoir créé, avec Alain Decaux et André Castelot, La Tribune de l'Histoire, émission consacrée à la vulgarisation historique qui débute en 1951 sur Paris-Inter et se poursuit jusqu'en 1997, bien après son départ de l'équipe[2].

Son activité associe la presse, les milieux littéraires et l'écriture pour la radio. Il publie notamment Découverte archéologique de la France, ouvrage consacré à l'histoire des recherches préhistoriques sur le territoire français[3].

Biographie

Formation et débuts dans la presse

Jean-Claude Colin-Simard grandit dans un milieu où la littérature occupe une place importante. Sa tante Denise Colin et l'époux de celle-ci, Jean-Germain Tricot, participent à son éducation. Helléniste, critique littéraire et collaborateur de la revue Esprit, Tricot, auteur des Harmonies de la Grèce (1938), exerce sur lui une influence intellectuelle. Il meurt pendant l'exode de 1940, dans la région d'Orléans. Le Journal littéraire de Paul Léautaud présente d'ailleurs Colin-Simard, en décembre 1944, comme le fils adoptif de Jean-Germain Tricot[4].

Après des études au lycée Notre-Dame de Boulogne-Billancourt, il s'initie au journalisme, notamment dans l'entourage de Tricot, qui dirige la revue bibliographique Micromégas. Il travaille également pour Paris-Midi et s'intéresse à la critique théâtrale. Il suit des cours auprès du metteur en scène Charles Dullin, une expérience qui le familiarise avec le jeu des comédiens et l'écriture dramatique.

À la Libération, Jean-Claude Colin-Simard fréquente des écrivains et des personnalités du théâtre parisien, notamment Sacha Guitry et Paul Léautaud. Ce dernier évoque dans son journal un jeune homme qui se consacre à la fois au métier de comédien, à l'écriture dramatique et au journalisme. Colin-Simard participe à une pétition en faveur de Guitry, emprisonné en 1944. Il entretient ensuite des relations suivies avec Léautaud, auquel il consacre en 1946, dans la revue Adam, un portrait intitulé « Un écrivain qui vit hors du temps »[4].

La création de La Tribune de l'Histoire

Au début des années 1950, Jean-Claude Colin-Simard et Alain Decaux envisagent de proposer à la radio une histoire plus accessible que les conférences de spécialistes alors diffusées sur les ondes. Decaux racontera que le projet naît de leur insatisfaction commune devant une émission jugée trop universitaire. Ils s'associent à André Castelot, déjà connu pour ses livres d'histoire, afin de faire accepter leur proposition par la radiodiffusion publique. La première de La Tribune de l'Histoire est diffusée le 18 octobre 1951 sur Paris-Inter[5].

L'émission prend d'abord la forme d'un magazine consacré aux livres, aux films, aux expositions et à l'actualité des recherches historiques. À partir du milieu des années 1950, elle accorde une place croissante aux évocations dramatisées : des comédiens interprètent des dialogues écrits pour reconstituer un épisode du passé, puis les animateurs le commentent et le replacent dans son contexte. Colin-Simard participe à cette écriture, à la présentation et à la production des émissions[6],[7].

Cette formule rencontre un vaste public, attiré par les grandes figures et les épisodes marquants de l'histoire, en particulier française. Le programme privilégie les récits politiques, les intrigues de cour, les procès, les batailles et les énigmes. Il s'inscrit dans une tradition de spectacles historiques radiophoniques déjà ancienne, mais contribue, grâce à sa régularité et à sa longévité, à populariser ce mode de narration[2].

L'approche ne fait toutefois pas l'unanimité. L'historienne Céline Loriou souligne le décalage entre les sujets privilégiés par La Tribune de l'Histoire, centrés sur les personnages et les événements, et les transformations de la recherche historique, de plus en plus attentive aux dimensions sociales, économiques et culturelles du passé. Dès 1960, un comité de la Radiodiffusion-télévision française critique le poids accordé par les trois producteurs à l'histoire événementielle[6].

Jean-Claude Colin-Simard quitte l'équipe de La Tribune de l'Histoire au début des années 1960. Jean-François Chiappe lui succède en 1963. L'émission continue avec Decaux et Castelot, puis s'arrête en 1997 après quarante-six années de diffusion[2]. Les textes dactylographiés de la série sont conservés notamment dans le fonds Alain Decaux de l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine[8].

Écriture radiophonique et travaux historiques

Les archives de la Bibliothèque nationale de France donnent la mesure du travail de scénariste accompli par Colin-Simard. Les textes conservés, principalement datés de 1957 et 1958, portent aussi bien sur la monarchie française et la Révolution que sur l'histoire religieuse ou les conflits du XXe siècle. Ils comprennent notamment des évocations consacrées au procès de Galilée, à l'abdication de Nicolas II, aux Templiers et à Louis XV. Ces manuscrits témoignent d'une activité d'écriture distincte de sa présence au micro[9].

Il collabore également à Clio danse et s'amuse, une autre production radiophonique consacrée à l'histoire. Un scénario intitulé Le Monde sous le Second Empire, daté de 1958, est conservé à la BnF. La notice de ce document associe à la production Colin-Simard, Decaux, Castelot et Marguerite Bonnin, avec une réalisation d'Alain Barroux[10].

Son intérêt pour l'histoire se traduit aussi par des publications. Dans Découverte archéologique de la France : la préhistoire au grand soleil, paru chez Amiot-Dumont au milieu des années 1950, il retrace l'essor de la préhistoire comme discipline scientifique à partir des découvertes faites en France. L'ouvrage est construit autour des explorations, des fouilles et des chercheurs plutôt que comme un exposé strictement technique. Une recension de 1957 dans la Revue Défense Nationale relève précisément son caractère narratif et son souci de rendre accessibles les débuts de l'archéologie préhistorique[3].

Auparavant, il a recueilli les propos de Jean Cocteau pour Gide vivant, paru en 1952 chez Amiot-Dumont. Consacré à André Gide, le volume comporte également des pages du journal de Julien Green et des photographies de Dominique Darbois[11].

Vie familiale

En 1958, Jean-Claude Colin-Simard épouse à Rouffignac, en Charente-Maritime, Annette Wisner (morte en 1997), connue sous le nom d'Annette Colin-Simard. Journaliste et critique littéraire, notamment au Journal du dimanche[12], elle est également l'autrice de plusieurs livres, parmi lesquels Les Apparitions de la Vierge, leur histoire et Au nom de la reine de Saba, récompensé en 1987 par le prix Roland de Jouvenel de l'Académie française[13]. Leur fille Valérie Colin-Simard devient elle aussi journaliste et écrivaine.

Jean-Claude Colin-Simard meurt à Boulogne-Billancourt le 9 janvier 2005, à l'âge de 80 ans. Il est inhumé au cimetière de Montmartre, à Paris, auprès de son épouse[1].

Publications et textes

Livres

  • Gide vivant, paroles de Jean Cocteau recueillies par Jean-Claude Colin-Simard, pages de journal de Julien Green, photographies de Dominique Darbois, Paris, Amiot-Dumont, 1952[11].
  • Découverte archéologique de la France : la préhistoire au grand soleil (Paléolithique), Paris, Amiot-Dumont, coll. « L'Aventure du passé », 1955 (une édition porte la date de 1956) ; réédition au Livre contemporain, 1957[3],[14].

Articles et scénarios radiophoniques (sélection)

  • « Un écrivain qui vit hors du temps », portrait de Paul Léautaud, Adam, no 178, novembre-décembre 1946, p. 42-43[4].
  • Le procès de Louis XV, évocation radiophonique, 1957.
  • L'abdication de Nicolas II, scénario radiophonique, 1957.
  • Le procès de Galilée, scénario radiophonique, 1957.
  • La mort des Templiers, scénario pour La Tribune de l'Histoire, diffusé le 12 novembre 1958[7].
  • Clio danse et s'amuse : Le Monde sous le Second Empire, scénario radiophonique, 1958[10].

Ces scénarios sont répertoriés dans les collections de la BnF au titre des documents d'archives ; il ne s'agit pas de livres publiés[9].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 « Jean-Claude Colin-Simard (1924-2005) », avis de décès familial reproduit sur MesAieux, consulté en octobre 2026.
  2. ↑ 2,0 2,1 et 2,2 Céline Loriou, « À la radio, de l’histoire pour tous ? », Mondes sociaux, 3 septembre 2018, article repris sur le site des Clionautes.
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 R. Bt., « Colin-Simard : Découverte archéologique de la France », Revue Défense Nationale, no 143, janvier 1957, p. 169, lire en ligne.
  4. ↑ 4,0 4,1 et 4,2 Paul Léautaud, Journal littéraire, entrée du 2 décembre 1944 ; « Adam », site consacré à l'édition critique du Journal littéraire, 1er août 2025, lire en ligne.
  5. ↑ Romain Barucq, « Alain Decaux et la radio (2/3) : “Nous voulions rendre l’histoire accessible à tous” », Médias & Histoire, 8 juin 2012, lire en ligne, entretien avec Alain Decaux.
  6. ↑ 6,0 et 6,1 Céline Loriou, « La Tribune de l’Histoire : la mise en récit de l’histoire dans une émission de radio populaire », Belphégor, vol. 19, no 1, 2021, DOI : 10.4000/belphegor.3725.
  7. ↑ 7,0 et 7,1 Bibliothèque nationale de France, notice du scénario La mort des Templiers, écrit par Jean-Claude Colin-Simard et diffusé le 12 novembre 1958 dans La Tribune de l'Histoire.
  8. ↑ Institut Mémoires de l'édition contemporaine, « Decaux, Alain (1925-2016) », présentation du fonds d'archives.
  9. ↑ 9,0 et 9,1 Bibliothèque nationale de France, notice d'autorité de Jean-Claude Colin-Simard et liste des documents conservés sous son nom (scénarios radiophoniques de 1957 et 1958).
  10. ↑ 10,0 et 10,1 Bibliothèque nationale de France, notice bibliographique de Clio danse et s'amuse : Le Monde sous le Second Empire, 1958.
  11. ↑ 11,0 et 11,1 Bibliothèque nationale de France, catalogue général, notice de Gide vivant parmi les documents liés à Jean-Claude Colin-Simard, édition Amiot-Dumont, 1952.
  12. ↑ Patricia Briel, « “L'Alchimiste” ou le décalage sidérant entre la critique et le goût du public », Le Temps, 15 mai 2001, lire en ligne ; mention d'une critique d'Annette Colin-Simard publiée dans Le Journal du dimanche en 1994.
  13. ↑ Académie française, « Annette Colin-Simard », œuvres et prix littéraires.
  14. ↑ Notices d'exemplaires conservés et commercialisés, Découverte archéologique de la France, éditions Amiot-Dumont de 1955 et 1956.

Article publié sur Wikimonde Plus

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