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Sylvain Guintard

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Sylvain Guintard, expert d'arts martiaux japonais & prêtre bouddhiste Yamabushi.

Biographie

Né en janvier 1961, il commence la pratique des arts martiaux vers ses quinze ans, avec le Kung-Fu auprès des Maîtres Hoang Nam, Willy Pham Loi & Yuen Man Chen jusqu'à la ceinture noire.

Au début des années 80, il devient l’élève en sabre japonais (Iajutsu & Kenjutsu) de l’école Tenshin Shoden Katori Shinto représentée par Michel Coquet, qui lui indique la voie du Shugendō et des Budō japonais.

En 1983, Michel Coquet recommande Sylvain au moine Shinkai Suzumura 心深 鈴村, abbé du temple d’Oyamadera/ Daisenji au Japon, ville d'Ishihara, pour la pratique de la méditation sous les cascades. Ce dernier le recommande au moine yamabushi Yuki Hidetaka du monastère Yakuoin sur le Mt Takao, à l'ouest de Tokyo qui l'enverra ensuite vers les monts de l'Omine...

Lors de ses différents allers-retours au Japon, Sylvain étudie les Budō et le Bouddhisme ésotérique des écoles Shingon, Tendai et Shugen. Alors pionnier du Ninjutsu de l'école Bujinkan au niveau national français, comptant parmi les plus hauts gradés mondiaux en Ninjutsu, il contribue à l’essor de cette discipline en Allemagne, en Italie, en Grèce, aux Canaries et dans de nombreux pays européens.

Puis, fin 1989, Sylvain décide de partir vivre au Japon et de s’immerger totalement dans la culture japonaise.

Il continue l’étude des Budō avec les maîtres Yumio Nawa, Yagyu Toshimichi et Fumon Tanaka ainsi que d'autres, les carnets de route donneront naissance en 2014 à l’ouvrage Rencontres extraordinaires.

En 1992, il devient moine-novice puis prêtre yamabushi/山伏 (ceux qui couchent en montagne) dans un temple impérial de Kyoto. Il effectue la plupart des ascèses difficiles du Shugendō : le tour à pied des îles de Shikoku et de Sodoshima, chaussé de sandales en paille (waragi), le pèlerinage des neuf sommets sacrés du Japon, les vingt et un jours de jeûne sans boire d’eau dans la caverne troglodyte de l’île de Tomogashima.

En 1996, pour suivre l'exemple de l’un de ses maîtres du Shugen, l’abbé Nakai, chef du temple Kizoin du village de Yoshino, Sylvain réalise l’ascèse de cent jours à partir de la caverne de Shō dans les monts de l’Omine 大峰山. Après être devenu le premier prêtre occidental du « bouddhisme montagnard » Shugendō, il devient le premier Occidental et le soixante-quatrième ascète à réussir cette difficile épreuve. Son expérience est relatée dans l’ouvrage japonais Les soixante-quinze haltes des monts de l’Omine (Omine Najugo Nabiki) et le magazine de la congrégation Honzan-Shugen .

Sylvain Guintard devient le premier Occidental dans le monde très fermé du Shugendō traditionnel, sous le nom bouddhiste: Kûban Jakkôin/空鑁 寂 光院. Tout en travaillant au sein du département tourisme de la municipalité de la ville d’Asuke, puis au sein d’une agence de communication de Nagoya, Sylvain continue de vivre comme un prêtre du Shugendō. Il en profite pour approfondir ses recherches sur les « cultes et croyances populaires des montagnes du Japon » (Nihon sanzan minzoku shūkyō/日本三山民俗宗教). En 1999, il passe plusieurs mois en retraite martiale dans la ville d'Okayama, au sanctuaire de Kibitsu, afin de vérifier les grands principes du style de combat Namban Sattō Kempō du Ninja Saiko Fujita et reçoit la plus haute initiation du shugendō à l’ermitage de Zenki : la Jinsen Shō-kanjo.

En août 2001, alors dans sa quarante et unième année, Sylvain Guintard est victime d’un grave traumatisme crânien qui le plonge un mois durant dans un profond coma. Il se réveille le 11 septembre 2001 au moment où les tours s'effondraient à New-York: Les arts martiaux japonais et le Bouddhisme Shugen l'ont façonné, mais c'est vraiment à partir de 2001 qu'il a vraiment compris et expérimenté sur lui-même les techniques efficaces. Après l'accident, il était un légume. Petit petit, jour après jour, il se reconstruit différemment. Réapprenant à écrire, à parler, nouer à nouveau ses lacets, fermer une fermeture éclair, Hémiplégique, il était squelettique au sortir du coma, mais au bout de deux années, Sylvain fut en surpoids pour la première fois de sa vie.

Au bout de plusieurs mois, il peut de nouveau retrouver une certaine autonomie. En 2003, il rencontre l’ethnologue française, spécialiste mondiale du Shugendō, Anne Bouchy, qui enseigne à la faculté du Mirail à Toulouse et deux années plus tard, il crée le « Team Wolfpack », une association pour la réhabilitation neurologique par la pratique du ski.

En 2008, il fonde l’ermitage du « Précieux Vénéré immuable » (Shōmudo-an). Avec des amis, il donne le jour à l’association Shugendō-France, affiliée à l’Union Bouddhiste de France. Il participe alors aux grands événements bouddhistes à la Pagode de Vincennes pour la venue des saintes reliques du Bouddha Sakyamuni en 2009 et pour les commémorations de la triple catastrophe du Japon en 2011 ainsi qu'à divers événements.

L'écriture lui a permis de se reconstruire car il était totalement brisé. Le Yamabushi d'aujourd'hui est plus à l'écoute d'autrui, mais il fait moins de compromis. Son nouveau moi est devenu plus tranchant que l'ancien. C'est derrière un ordinateur et avec le médius de sa main droite qu'l retranscrit durant dix ans les notes prises au Japon. Cinq livres en sont nés : « Rencontres Extraordinaires » avec les experts nippons de Budo, la biographie de Saiko Fujita le Dernier ninja véritable, un ouvrage de vulgarisation du Shugendo, voie spirituelle des anachorètes yamabushi, rites, doctrines & pratiques nourri de centaines de photographies. De plus, il a pu rédigé un manuscrit consacré aux méthodes guerrières du Japon féodal qu'il a appliquées avec succès à des sportifs de haut niveau, principalement des skieurs. Enfin, en 2014, il achève « Journal en enfer » établi à partir des trois carnets de notes prises lors de l'ascèse de la caverne de Shô.

A présent, Sylvain Guintard/ Kûban Gentaro 空鑁 大天狗. "子連れ狼 験太郎" pense très sérieusement à s'établir loin de l'Europe "tumul-tueuse", ayant trouvé une terre ressemblant au Shugendo des origines, sur une île volcanique, perle des Caraïbes, comportant toutes sortes de végétations.

Il doit préserver les traditions martiales dont il est à présent l'unique détenteur, en les pratiquant comme "sadhana/JôjuHô/成就法 " ou "disciplines spirituelles" : le shuriken-jutsu de l'école Shingetsu/心 月 , le Kempo de l'école Namban Satto/ 南蛮 殺倒拳法 , la chaîne courte de l'école Masaki /正木 , le Manrikigusari-jutsu 万力鎖術 , ainsi que divers autres vieux Bujutsu/kôryu /古流. Sylvain cherche à s'installer sur une terre à l'abri de tous conflits religieux, où il sera possible de faire germer les graines de Shugendo contenues dans sa besace. Pour cela, il met en place des conférences sur son expérience suite à l'accident, ainsi des Master-Class de Budo et des ateliers de calligraphies japonaises dans les Caraïbes. C'est là que l'ascète japonais Jitsukaga Hayashi/ 林 林実利, en se jetant de la célèbre cascade de Nachi, espérait renaître « dans les Terres des Paradis de l'Ouest »...

ouvrages récents:

-2104, Editions Budo: Rencontres Extraordinaires

-2015, Editions Budo: le Dernier ninja, biographie de Saiko Fujita

Lien externe

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