Twitter files

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Les Twitter files sont un ensemble de correspondances internes de Twitter, partagés par le propriétaire Elon Musk avec les journalistes indépendants Matt Taibbi, Bari Weiss, et l'auteur Michael Shellenberger en décembre 2022. Taibbi, Shellenberger et Weiss ont conjointement publié des documents avec l'aval d'Elon Musk, dans le cadre d'une série de thread Twitter[1],[2]. Néanmoins, bon nombre d'informations étant déjà connues par le grand public[3], cette affaire a pour principal effet d'instaurer un débat sur la modération de Twitter depuis le rachat du réseau social par Elon Musk. Le nouveau propriétaire de Twitter avait toutefois déjà fait parlé de lui en débannissant le compte de Donald Trump et du principal contributeur du site néonazi The Daily Stormer, Andrew Anglin[4].

Contexte

Après avoir fait l'acquisition de Twitter en octobre 2022, Elon Musk a déclaré le 28 novembre 2022 que des Twitter files seraient bientôt divulgés sur Twitter pour favoriser la liberté d'expression. Ce qui eu effectivement lieu tout au long du mois de décembre. Toutefois durant cette même période Elon Musk a banni sans sommation plusieurs journalistes[5] bien qu'il ait par la suite rétabli les comptes suspendus[6].

Contenu

Partie 1 : Limitation d'une enquête sur le fils de Joe Biden

Lors de cette première partie publiée par Matt Taibbi, le fil twitter révèle les coulisses d'une décision de modération polémique de Twitter concernant la présidentielle de 2020. Le journaliste revient sur la diffusion d'une enquête d'octobre 2020 par le New York Post sur Hunter Biden, le fils de l'actuel président des États-Unis, qui avait été temporairement bloquée par Twitter deux semaines avant l'élection présidentielle américaine. Cependant, cette information était déjà connue par le grand public et n'apportent aucuns nouveaux éléments de fond[7]. Par ailleurs, l'ancien propriétaire de Twitter Jack Dorsey, avait déjà reconnu en mars 2021 que cette décision temporairement prise pour éviter la propagation de potentielles fake news avait été une erreur[8].

Partie 2 : Liste noire secrète limitant la visibilité de certains comptes

Ce second thread de la journaliste Bari Weiss dévoile comment Twitter avait mis en place une liste noire ces dernières années pour empêcher certains tweets ou comptes d’être trop visibles. Tout cela se faisait en secret et n’était connu que d’une poignée d’employés haut placés sans que les utilisateurs n’en soient informés[9]. Dans le fil de discussion, Weiss montre un certain nombre d’exemples de comptes qui ont été restreints. Certains d’entre eux avaient une portée limitée, tandis que d’autres ne pouvaient pas être consultés via la fonction de recherche. Twitter a appelé cette fonctionnalité « Filtrage de la visibilité »[10] ou « VF ». Ce qui serait une manière de diminuer la portée des publications des utilisateurs sans les informer, c'est-à-dire d'exercer du shadow banning.[11] Néanmoins, Twitter a toujours déclaré classer les tweets et les résultats de recherche en fonction d'un certain nombre de critères allant de la pertinence à la fiabilité de la provenance. En mai 2018, il a été déclaré dans un article de blog que les tweets ou les conversations pouvant nuire seraient susceptible d'être cachés[12].

Partie 3 : Le rôle du FBI dans la modération de Twitter

Ce troisième thread de Matt Taibbi revient sur le contexte de la prise décision de Twitter de bannir le compte du 45 e président des États-Unis, Donald Trump. Matt Taibbi explique le 8 octobre 2020, que des dirigeants du réseau social, dont Roth Yoel, VIjaya Gadde et Jim Baker, l’ex-avocat du FBI « ont ouvert un canal sur Slack, pour discuter des suppressions liées aux élections »[13]. Ces échanges ciblaient en particulier des comptes « très médiatisés », appelés « Very Important Tweeters ». Ce troisième volet des Twitter Files révèle également le rôle joué par le FBI dans la modération de contenus autour des élections[14]. Le Directeur des politiques, Nick Pickles aurait notamment suggéré à d’autres employés de décrire le FBI dans les politiques comme des « partenaires » grâce auxquels Twitter « détecte les fausses informations » et suspendait des profils.[15]

Partie 4 : Le rôle des pressions extérieures dans le bannissement de Trump sur Twitter

Ce quatrième fil de Michael Shellenberger publie un fil le dimanche 11 décembre, pour relater dans le cadre du quatrième volet des Twitter Files ce qu'il s'est passé avant la suspension du compte de Trump, à partir du 6 janvier 2021. Dans son thread, il évoque d’abord la pression que subissaient Twitter et son ancien propriétaire, Jack Dorsey, pour suspendre le compte de Trump. Shellenberger affirme que les messages échangés entre Yoel Roth et son collègue montrent clairement comment Dorsey a été contraint d'imposer des restrictions plus importantes aux discours autorisés par Twitter pendant les élections[16]. Il insiste sur la question concernant « l'incitation à la violence », soulignant en outre comment Twitter avait déclaré que la raison du bannissement définitif de Trump était le « risque d'une nouvelle incitation à la violence ». Le fil de Shellenberger a également fourni des captures d'écran suggérant qu'il y a eu des cas où les employés ont marqué des tweets et appliqué des strikes à leur propre initiative et sans directives spécifiques[17].

Partie 5 : Le rôle des pressions intérieures dans le bannissement de Trump sur Twitter

Ce cinquième fil de Bari Weiss publié le lundi 12 décembre porte sur la pression des employés de Twitter[18] dans le rôle du bannissement de Trump sur Twitter. Plus de 300 salariés avaient ainsi signé une lettre ouverte adressée à leur PDG de l'époque, Jack Dorsey, pour lui demander de bannir le président sortant[19]. Mais plusieurs cadres de Twitter jugeaient de leur côté que Donald Trump ne violait pas clairement les règles du réseau social, selon les captures d'écran publiées par Bari Weiss. Néanmoins, 471 publications de Donald Trump ont ainsi été dotées d'un message d'avertissement et le bannissement de Donal Trump faisait suite à une longue série d'avertissement[20].

Partie 6 : Le partenariat entre le FBI et Twitter

Ce sixième fil de Matt Taibbi expose les relations entre le FBI et Twitter. Selon les informations publiées le vendredi 16 décembre, le contact entre Twitter et le FBI aurait été « constant et omniprésent, comme s’il s’agissait d’une filiale » : entre janvier 2020 et novembre 2022, plus de 150 courriels auraient été échangés entre le FBI et l’ancien chef de Twitter Trust and Safety, Yoel Roth[21]. Le journaliste souligne notamment que le groupe du FBI axé sur les médias sociaux connu sous le nom de FTIF a été créé au lendemain de l'élection de 2016. Gonflé à 80 agents et correspond avec Twitter pour identifier les allégations d'influence étrangère et de falsification électorale de toutes sortes.

Références

  1. William Audureau et Damien Leloup, « Que sont les « Twitter Files », ces informations censément compromettantes pour Joe Biden ? » Accès libre, sur Le Monde, (consulté en )
  2. « Que révèle le deuxième volet des «Twitter files» relayé par Elon Musk ? » Accès libre, sur LIbération, (consulté en )
  3. (en) « Elon Musk’s first Twitter manipulation effort was a big flop », sur MSNBC.com (consulté le )
  4. (en) « Twitter Files ‘reveal’ about ‘shadow-ban’ policy, but former product head calls it ‘misleading’ », sur MSN (consulté le )
  5. « Twitter suspend des comptes de journalistes : l’Union européenne menace le réseau social de « sanctions » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. LIBERATION et AFP, « Twitter : Elon Musk rétablit les comptes de journalistes suspendus, l’ONU reste «préoccupée» », sur Libération (consulté le )
  7. « Que sont les « Twitter Files », ces informations censément compromettantes pour Joe Biden ? », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « Que révèlent vraiment les « Twitter files » ? », sur www.20minutes.fr, (consulté le )
  9. (en) « Twitter Files, Part 2: Yes, Twitter Engaged in Shadow Banning, or 'Visibility Filtering' », sur CNSNews.com, (consulté le )
  10. (en) « TechScape: I read Elon Musk’s ‘Twitter Files’ so you don’t have to », sur the Guardian, (consulté le )
  11. « Twitter files : «Preuve est faite que ces méthodes de censure, que beaucoup soupçonnaient, existent» », sur LEFIGARO, (consulté le )
  12. (en) « Twitter Files ‘reveal’ about ‘shadow-ban’ policy, but former product head calls it ‘misleading’ », sur MSN (consulté le )
  13. (en-US) « Twitter Files: What they are and why they matter », sur www.cbsnews.com (consulté le )
  14. (en-US) View Author Archive et Email the Author, « 'Twitter Files' part 3 details Trump's ban after Jan. 6 Capitol riot », (consulté le )
  15. (en-US) « Twitter Files Part 3 reveals what led to Trump's removal from social media platform », sur MSN (consulté le )
  16. (en-US) Andrew Miller, « Twitter Files part 4 drop showing executives' approach to 'change of policy for Trump alone' », sur Fox News, (consulté le )
  17. (en) « Part Four of Musk's 'Twitter Files' reveals decision process post-Jan. 6 protests », sur Washington Examiner, (consulté le )
  18. (en-US) The Washington Times https://www.washingtontimes.com, « Latest ‘Twitter Files’ reveal internal chaos as employees pressured executives to ban Trump », sur The Washington Times (consulté le )
  19. « VRAI OU FAKE. Censure, bannissement, listes noires... Les révélations des "Twitter Files" en sont-elles vraiment ? », sur Franceinfo, (consulté le )
  20. Par Juliette Mansour Le 9 janvier 2021 à 18h41 et Modifié Le 9 Janvier 2021 À 19h49, « Donald Trump banni de Twitter : cinq questions sur une décision inédite et critiquée », sur leparisien.fr, (consulté le )
  21. (en-US) The Washington Times https://www.washingtontimes.com, « Latest ‘Twitter Files’ reveal flood of FBI emails, back-channel tools used by feds to censor posts », sur The Washington Times (consulté le )

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