François Longin

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François Longin est professeur de finance à l'ESSEC. Il poursuit une carrière dans les domaines de la banque et de la finance en alliant recherche académique, formation aux étudiants et aux professionnels, et activités d'entreprises.

Formation et parcours professionnel

François Longin est diplômé de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (1990) et du Doctorat HEC (1993) où il a obtenu sa thèse sur le thème « Volatilité et mouvements extrêmes du marché boursier ». Il est aussi agrégé de mathématiques et titulaire d'une maîtrise de mathématiques pures et d'un diplôme d'étude approfondi (DEA) en probabilités (Paris VI).

Il est professeur-chercheur dans le Département Finance de l'ESSEC depuis 1994. Auparavant, il avait effectué des recherches sur les marchés financiers à New York University (NYU) et London Business School (LBS).

Il est consultant auprès d'institutions financières internationales. Pendant plusieurs années, il a été en charge de la Direction de la Recherche et de l'Innovation (DRI) du groupe bancaire international HSBC où il a encadré une équipe d'ingénieurs financiers travaillant pour les salles de marchés et les sociétés de gestion.

Publications dans des revues académiques

Liste sélective des articles de François Longin publiés dans des revues académiques :

  • Longin F. et B. Solink (1995) “Is the correlation in international equity returns constant: 1960-1990 ?” Journal of International Money and Finance, 1995, N°14, pp 3-26. Cet article montre que la corrélation des marchés boursiers internationaux n'est pas constante au cours du temps. Sur la période étudiée, la corrélation a augmenté au cours du temps. De plus, la corrélation dépend du niveau de volatilité : la corrélation est plus importante en période de forte volatilité qu'en période de faible volatilité.
  • Longin F. (1996) “The asymptotic distribution of extreme stock market returns” Journal of Business, N°63, pp 383-408. Cet article montre que, même si la distribution statistique des rentabilités des actifs financiers n'est pas connue précisément, la distribution statistique des rentabilités extrêmes (les rentabilités minimale et maximale observée sur une période donnée) peut être identifiée grâce à la théorie des valeurs extrêmes (TVE). L'étude empirique sur le marché boursier américain montre qu'il s'agit d'une loi de Fréchet.
  • Longin F. (1999) “Optimal margin level in futures markets: a method based on extreme price movements” Journal of Futures Markets, N°19, pp 127-159. Cet article propose une méthode pour fixer de manière optimale le niveau du dépôt de garantie sur les contrats à terme échangé sur les marchés organisés. Ce travail d'ingénierie financière utilise la théorie statistique des valeurs extrêmes.
  • Longin F. (2000) “From VaR to stress testing: the extreme value approach” Journal of Banking and Finance, N°24, pp 1097-1130. Cet article propose une méthode pour mesure le risque de marché d'une position en prenant en compte les événements extrêmes comme les krachs et les booms boursiers. Ce travail d'ingénierie financière montre que la théorie statistique des valeurs extrêmes permet de mesurer le quantile de la distribution des variations de prix d'une position de marché pour des probabilités très faibles. Cela permet de quantifier l'approche de stress testing complément de la value at risk.
  • Longin F. et B. Solink (2001) “Extreme correlation of international equity markets” Journal of Finance, N°56, pp 651-678. Cet article montre que la corrélation des marchés boursiers internationaux n'est pas constante mais dépend non seulement de la volatilité mais aussi de la tendance du marché. Ce travail utilise la théorie statistique des valeurs extrêmes dans un cadre multivarié (utilisation de la copule de Gumbel). L'étude empirique sur les marchés boursiers internationaux montre que la corrélation extrême croît en cas de forte baisse du marché américain, et décroît en cas de forte hausse du marché américain. Un tel résultat peut avoir des implications en gestion de portefeuille (allocation d'actifs).
  • Longin F. (2001) “Beyond the VaR” Journal of Derivatives, N°8, pp 36-48. Cet article introduit le concept de perte au-delà de la VaR (application à la finance du concept d'expected shortfall déjà utilisé dans le domaine de l'assurance). Ce travail d'ingénierie financière montre l'utilité de la BVaR pour des positions de marché avec des produits dérivés ou des actifs dont la distribution de rentabilités présente des queues épaisses.
  • Longin F. (2005) “The choice of the distribution of asset prices: how extreme value theory can help ?” Journal of Banking and Finance, N°29, pp 1017-1035. Cet article montre que la théorie statistique des valeurs extrêmes peut aider à choisir une distribution statistique pour décrire le comportement des rentabilités des actifs financiers (loi normale, loi de Student, loi de Pareto, processus ARCH, etc.). En effet, la distribution statistique d'extrêmes (loi de Fréchet, loi de Gumbel et loi de Weibull) n'est pas compatible avec toutes les distributions statistiques. Par exemple, le domaine d'attraction de le loi de Fréchet comprend les lois de Pareto et les lois de Student ou encore les processus ARCH.

Publications dans des revues professionnelles

Liste sélective des articles de François Longin publiés dans des revues professionnelles : Boulier J.-F., R. Dalaud et F. Longin (1998) “Application de la théorie des valeurs extrêmes aux marchés financiers” Banque et Marchés, N°32, pp 5-14. Cet article applique la théorie es valeurs extrêmes aux marchés financiers : action, taux et change.

Longin F. et G. Martin (2003) “Quantifying the operational risk in investment fund valuation” Risk, N°16, pp 15-17. Cet article traite du risque opérationnel dans le processus de gestion de fonds d'investissement.

Ouvrages

François Longin coordonne l'ouvrage collectif ESSEC « Gestion de patrimoine : clés et outils ». Cet ouvrage publié par ESSEC Publishing en 2012 est disponible sous forme électronique. L'ouvrage est destiné à la fois aux particuliers qui s'intéressent à la gestion de leur patrimoine et aux professionnels qui travaillent dans le domaine du conseil en gestion de patrimoine ou des domaines connexes. L'originalité de l'ouvrage est à la fois de proposer des clés, c'est-à-dire des concepts pour penser la gestion de son patrimoine, et de proposer des outils, c'est-à-dire des instruments de modélisation et de simulation sur internet pour mettre en œuvre sa stratégie patrimoniale. La volonté des contributeurs de l'ouvrage est de former le plus grand nombre à la gestion de patrimoine.

Idées

Après le krach boursier d'octobre 1987 (baisse de la Bourse de New York de 20% en une seule journée), François Longin décide de s'intéresser aux événements extrêmes en finance. Ses premiers travaux ont été réalisés dans le cadre du cours « Modélisation et simulation » suivi à l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (1989) où il a pris connaissance de la théorie statistique des valeurs extrêmes (théorie couramment utilisée en ingénierie comme pour le dimensionnement des ouvrages). Il a poursuivi ses travaux sur l'application de la théorie des valeurs extrêmes en finance pendant son doctorat à HEC, puis à NYU et LBS. Il a montré que les mouvements extrêmes de prix des actifs financiers suivaient la distribution statistique de Fréchet. Une telle observation a remis en cause le paradigme de la loi de Gauss (loi normale) couramment utilisée en modélisation financière[1].

François Longin a introduit le concept de members’ buy-out (MBO)[2]. Un MBO est un mode de financement d'une organisation par ses propres membres. Une structure financière de type MBO présente les avantages suivants : 1) Elle renforce le lien entre l'organisation et ses membres en impliquant les membres des deux côtés de son bilan: l'activité à l'actif et les ressources au passif. Une telle structure peut permettre de réduite le coût d'agence en alignant davantage les objectifs des membres et ceux de l'organisation. 2) Un MBO permet à l'organisation de se reposer sur ses propres membres pour le contrôle de l'organisation ; 3) Quand l'organisation évolue (le nombre de membres devenant plus important), un MBO peut être un moyen de fournir de la liquidité du capital.

En particulier, dans le cas des entreprises, un MBO peut résoudre le problème de liquidité des fondateurs (revente de leurs actions). François Longin suggère que le MBO est pertinent pour les organisations dont les membres sont attachés à l'organisation elle-même. Quelques exemples : membres d'un réseau social (Facebook, LinkedIn, etc.), anciens d'une institution académique (Harvard, HEC, ESSEC, etc.). Cet attachement à l'organisation reflète la valeur du bien public (common good) produit par l'organisation comme la valeur du réseau pour ses membres ou la valeur d'un diplôme académique pour les anciens.

En 2012, ces travaux ont trouvé leur application dans la proposition du statut de société anonyme à but éducatif[3].

Activités d'entreprises

En complément de ses activités de recherche et d'enseignement, François Longin intervient auprès des entreprises : conseil en gestion des risques auprès d'institutions financières pour leur gestion des risques, des sociétés de gestion d'actifs pour leur gestion de portefeuille, et des entreprises pour leur gestion financière (rédaction de business plan et levée de fonds).

Il participe à l'animation du réseau professionnel FinLink spécialisé dans les secteurs de la banque, de l'assurance et de la finance.

Il contribue au développement du projet SimTrade qui est un site de simulation de trading sur les marchés financiers. Il a notamment élaboré le modèle mathématico-financier à la base des simulations boursières.

Notes et références

  1. Thèse de François Longin (1993) : « Volatilité et mouvements extrêmes du marché boursier » (Doctorat HEC)
  2. « Members’ buy-out (MBO) » est une marque déposée à l'Inpi (date de dépôt : 26/09/2007). http://bases-marques.inpi.fr/
  3. Article de presse sur la société anonyme à but éducatif : http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20120831.OBS0976/info-obs-hec-bientot-geree-comme-un-club-de-foot.html

Liens externes

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