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Opération Tarzan

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L'opération Tarzan, qui est évoquée par Jacques Bergier dans son livre Agents secrets contre armes secrètes [1] sous ce nom aurait été une opération de la seconde guerre mondiale (1944-1945), menée par les services de contre-espionnage américain, consistant à contrôler un peu au hasard, sur les routes de France, de Belgique et du Luxembourg, des militaires américains de tout grade afin de détecter et d'arrêter des espions allemands déguisés en Américains. Cette opération a permis de contrecarrer les opérations Maquis Blanc, et Œuf de Pâques préparées par les nazis.

Contexte

Suite à des renseignements provenant de divers réseaux de résistance, le service du contre-espionnage allié auraient appris le projet de plusieurs assassinats des membres de l'état major allié en Europe (SHAEF) et sur le sol des États-Unis dont celui du général Eisenhower commandant en chef des forces alliées en Europe, et à la désorganisation des troupes alliées afin de lancer une offensive de grande envergure (l'offensive von Rundstedt).
Ce projet, qui aurait été conçu par l'amiral Canaris, devait être relayé par les commandos de Skorzeny.

Prologue

Fin septembre 1944, Hitler charge un état-major restreint sous le contrôle du général Jodl de préparer une offensive dans les Ardennes. Cette opération reçoit le nom de Wacht am Rhein (du nom du célèbre chant allemand Die Wacht am Rhein, « La Garde au Rhin »). L'opération Greif, opération d'intoxication et d'incursion dans les lignes ennemies de soldats allemands parfaitement anglophones, fut mise en place en novembre 1944 par Otto Skorzeny qui s'était rendu célèbre par l'audacieux enlèvement de Benito Mussolini lors de l'Opération Eiche. Le 16 décembre 1944, 8 équipes du groupe de Skorzeny vêtus d'uniformes de soldats et d'officiers américains et circulants à bord de véhicules ennemis, capturés ou volés, sèment la pagaille et la confusion au sein des troupes alliées.[2][3]. Ces petites équipes, composées de soldats allemands totalement anglophones, mais qui ne connaissaient pas le jargon américain, étaient chargées d'obtenir des renseignements, de couper les lignes téléphoniques, répandre de faux ordres et entretenir la confusion chez l'adversaire. Ces équipes ne devaient utiliser leurs armes qu'en cas de necessité absolue, à condition d'être revêtues à ce moment là du seul uniforme allemand[3].
Selon l'écrivain McDonald, certains des hommes de Skorzeny pensaient que le but de cette opération était l'assassinat du général Eisenhower commandant en chef des forces alliées en Europe, ce qui n'a jamais été le cas[4].

L'une des équipes de Skorzeny parvint jusque Huy, ou elle envoya une colonne blindée américaine dans la nature et que celle-ci fut recherchée pendant 2 jours par l'état-major[5]. Cette même équipe coupa des lignes téléphoniques et changea les tableaux signalisateurs des unités de soutien logistique américaines.
Une autre fit reculer une unité d'infanterie américaine sur Grand-Halleux assurant que les Allemands étaient déjà plus à l'ouest du côté de Lierneux[5].
À partir du 18 décembre, il en résultat dans les lignes alliées un véritable chaos.
Le dernier commando à court d'essence s'arrêta devant un poste de ravitaillement américain et le chauffeur demanda : Petrol please. Le GI de service appella alors de l'aide, le véhicule des commando allemands se retourna en cherchant à fuir et les GI aperçurent alors l'uniforme allemand sous l'uniforme américain. En effet dans l'amrée US on ne dit pas du petrol mais du gas et on ne dit pas please quand on est pressé[5].
Des dizaines de milliers de MP se mirent alors en chasse afin de dépister au plus tôt les nazis déguisés.

Par ailleurs, un avertissement donné par le réseau de résistance français Marco Polo a été pris au sérieux par les agents des services secrets américain, qui avaient été alertés dans toute la France.

Alors commence l'opération Tarzan.

L'opération

L'opération Tarzan consistait à arrêter un peu au hasard, sur les routes de France, de Belgique et du Luxembourg, des militaires américains de tout grade.


Le général Omar Bradley lui-même dut « prouver » à trois reprise qu'il était réellement américain, en indiquant: [6]
La capitale de l'Illinois
En désignant les joueurs d'une grande équipe de football américain
mais ne pu donner le nom du dernier époux de Betty Grable[5]

Le général Bernard Montgomery est également arrêté à plusieurs reprises [7]

Bref la motié de l'armée américaine cherche Skorzeny et ses commandos dans ses rangs[8]. Ni le grade, ni les documents d'identité, ni les protestations n'empêchaient les combattants qui faisaient mouvement d'être interrogés à chaque carrefour.

Il en était de même à l'arrière, ou la psychose s'était installée.
Ce fut par hasard, que l'un des agents des services secrets s’ aperçut de la présence d'un espion :
Il vit dans les rues de Reims, un GI hésitant sur la façon dont on doit ouvrir un paquet de cigarettes américaines.
Pour les non-fumeurs (de l'époque et d'aujourd'hui), l'ouverture des paquets se fait en déroulant une bande de cellophane transparente qui en fait le tour… à cette époque ce système n'était pas encore utilisé en Europe.
Il paraissait extraordinaire que chez un fumeur « made in USA » un tel geste ne soit pas devenu entièrement automatique.
Les hommes du Counterintelligence (et non le FBI qui n'opère pas en France) arrêtèrent immédiatement ce faux-américain qui passa rapidement aux aveux…

Les faux papiers fournis aux membres du groupe Skorzeny s'étant révélés parfaits, les services du contre-espionnage des forces des États-Unis durent avoir recours, pour dépister les faux Américains, à un questionnaire qui devait démonter leur connaissance du folklore moderne des États-Unis telles que [1]:
Qui est Tarzan ?
Qui est Superman ?
Quelles bandes de « comics » lisez vous ?
Qui sont Babe Ruth et Joe DiMaggio ?
Qui est Harvey, le lapin invisible ?
Etc.
Ce questionnaire permit de démasquer les agents de Skorzeny, qui n'avaient pas prévu cette intervention de Tarzan et de Superman aux côtés des forces américaines…

Toutefois ce test faillit mener à sa perte un général américain extrêmement cultivé, mais qui n'avait jamais lu ni Tarzan, ni Superman ni les « comic strips »…

On notera toutefois que Bergier est le seul à faire état d'une opération planifiée des services de renseignement. Tous les autres auteurs ayant traité de la bataille des Ardennes parlent d'initiatives individuelles des soldats gardant les postes de contrôle. Et si certains des hommes de Skorzeny circulèrent revêtus d'uniformes américains, aucun auteur ne fait état de faux papiers[9].

Epilogue

L'enceinte du SHAEF, à Versailles devint une véritable forteresse, avec fil de fer barbelés et chars de combats et la garde fut quadruplée. On trouva un sosie au général Eisenhower[10]

A Paris, la police et la gendarmerie française, firent des rafles, en particulier place de l'Opéra et au café de la Paix[11] emmenant bon nombre d'officiers américains et britanniques ainsi que des Parisiens à « l'allure suspecte »[10].

Ailleurs en France, la police et la gendarmerie française, renseignés par les documents du réseau Marco-Polo, détruisent l'organisation Brandebourg, déjà infiltrée en zone libérée : 1 500 agents et 48 postes émetteurs furent pris.
En outre le contre-espionnage allié saisissait 800 dépôts d'armes en France, 200 en Belgique et 80 en Hollande et de plus les saboteurs de l'organisation Brandebourg disposaient de cartes d'identité d'agent de la Sûreté inscrits à la préfecture de Police.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Agents secrets contre armes secrètes de Jacques Bergier aux éditions J'ai Lu Leur aventure N° A 101, chapitre 12, pages 163 et suivantes.
  2. Charles B. MacDonald, Noël 44 : La bataille d'Ardennes, Bruxelles, Didier Hatier, , 587 p. (ISBN 2-87088-664-0)  (L'ouvrage original a été publié en anglais sous le titre A time for trumpets - The untold story of the Battle of the Bulge en 1984)
  3. 3,0 et 3,1 La guerre inconnue d'Otto Skorzeny page 302
  4. MacDonald, o.c. p.84-85
  5. 5,0, 5,1, 5,2 et 5,3 La guerre inconnue d'Otto Skorzeny page 318 Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « P318 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  6. A soldier's story d'Omar Bradley
  7. Art de la guerre du général Emile Wanty
  8. Commando extraorinary de Charles Foxley
  9. Voir notamment MacDonald, o.c.
  10. 10,0 et 10,1 La guerre inconnue d'Otto Skorzeny page 322-323
  11. Le café de la Paix étant, selon les services de renseignements américain, le lieu de rendez-vous des saboteurs-assassins de Skorzeny

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

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