Pierre de La Coste

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Pierre de La Coste en 2007.

Pierre de La Coste, né le 18 avril 1962[1], est un journaliste, consultant en technologies de l'information et écrivain français. Après avoir travaillé dans la presse puis au sein de cabinets ministériels dans les années 1990, il se consacre aux usages publics, politiques et culturels de l'informatique en réseau. Il est notamment l'auteur du rapport L'Hyper-République : bâtir l'administration en réseau autour du citoyen, remis en 2003 au secrétaire d'État à la Réforme de l'État Henri Plagnol, et participe, par l'intermédiaire de l'association Mélusine, à la préparation de la première édition nationale de la Fête de l'Internet.

Son activité d'écrivain accompagne cet intérêt pour les technologies numériques : il expérimente l'hypertexte dans ses premières fictions, avant de publier des romans et des essais consacrés notamment à l'idée de progrès et à l'intelligence artificielle.

Parcours professionnel et numérique

Pierre de La Coste travaille d'abord comme journaliste au Figaro et à Valeurs actuelles[2]. Il rejoint ensuite les cabinets ministériels. De 1993 à 1995, il est conseiller de Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur[3]. Dans la seconde moitié des années 1990, il est conseiller technique au cabinet du ministre de l'Industrie, de la Poste et des Télécommunications[4].

Parallèlement, il préside l'association Mélusine, consacrée aux formes d'écriture sur supports multimédias. Un rapport du Sénat publié en 1997 la présente comme explorant les possibilités d'écriture ouvertes notamment par l'hypertexte[5]. Mélusine fait ensuite partie, avec plusieurs associations actives dans le développement des réseaux et de leurs usages, du groupe qui prépare la première Fête de l'Internet organisée à l'échelle nationale au printemps 1998[6].

Après son passage dans les cabinets ministériels, Pierre de La Coste poursuit ses activités de conseil dans le secteur numérique. En 2003, il dirige Mélusine Conseil, société de veille stratégique travaillant pour les administrations et les collectivités locales[7]. L'Institut français des relations internationales (Ifri) le présente en 2006 comme le fondateur de ce cabinet[8]. Il travaille par la suite dans l'environnement de la recherche et développement d'Orange ; en 2016, il est notamment présenté comme modérateur du blog de la recherche du groupe[9].

L'Hyper-République et l'administration électronique

À la fin de 2002, Henri Plagnol confie à Pierre de La Coste une mission consacrée à l'administration en réseau et à ses relations avec les usagers. La mission s'appuie notamment sur un forum en ligne animé pendant trois mois[7]. Le rapport qui en résulte, intitulé L'Hyper-République : bâtir l'administration en réseau autour du citoyen, est remis au secrétaire d'État au début de janvier 2003[10].

Le document formule dix-huit propositions. Il met l'accent sur l'accessibilité des services électroniques et leur organisation autour des besoins de l'usager. Parmi les pistes recensées figurent l'équipement des lieux publics en bornes interactives, la promotion de la démocratie participative en ligne, l'orientation des sites publics vers les utilisateurs, la création de portails régionaux de téléservices et une charte de qualité mesurant la satisfaction des usagers[10].

Une version complétée paraît en août 2003 chez Berger-Levrault sous le titre L'Hyper-République : l'administration électronique au service du citoyen, avec la collaboration de Vincent Bénard et une préface d'Henri Plagnol[7]. La même année, un rapport budgétaire de l'Assemblée nationale présente la création de l'Agence pour le développement de l'administration électronique (ADAE) comme conforme à la fois aux recommandations de Pierre de La Coste et au programme gouvernemental RE/SO 2007[10]. Les chercheurs David Alcaud et Amar Lakel replacent toutefois L'Hyper-République dans la continuité des réflexions menées par l'État français sur l'administration électronique depuis les années 1990. Ils retiennent en particulier l'idée que la numérisation des services publics relève à la fois de la modernisation de la gestion publique et d'un élargissement des possibilités d'action du citoyen[11].

Le rapport suscite aussi des réserves sur la place accordée à la protection de la vie privée. Dans son rapport d'activité pour 2002, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) regrette que la protection des données personnelles y soit peu abordée et estime que, lorsqu'elle l'est, elle apparaît surtout comme un obstacle au déploiement de l'administration électronique[12].

Démocratie électronique et gouvernance d'Internet

Dans le prolongement de ce travail, Pierre de La Coste lance en 2004, lors du Forum mondial iDémocratie, le Club de l'Hyper-République. Il le présente comme un espace de réflexion et d'expérimentation ouvert à des sensibilités politiques diverses. Dans un entretien accordé à Clubic en janvier 2005, il défend une conception de la démocratie électronique qui ne se limite pas au vote en ligne : elle passe aussi, selon lui, par l'accès à l'information publique, la transparence des administrations et le débat politique sur Internet[13].

Ses réflexions s'élargissent ensuite à la gouvernance internationale du réseau. Dans un article publié par l'Ifri en 2006, il aborde la protection des citoyens dans les usages administratifs et commerciaux d'Internet, la place du logiciel libre dans la souveraineté numérique et l'articulation entre institutions publiques et acteurs privés pour la gouvernance mondiale du réseau[8].

Écriture et essais

Les premiers travaux littéraires de Pierre de La Coste sont liés aux expérimentations portées par Mélusine autour de l'hypertexte. En 2000, il publie chez 00h00.com Qui veut tuer Fred Forest ?, un roman mettant en scène l'artiste Fred Forest et conçu pour une lecture associant récit principal et liens hypertextes[14]. Une étude universitaire consacrée à la littérature hypertextuelle décrit un dispositif dans lequel le lecteur peut quitter le fil principal pour suivre les commentaires du chien Platon, ces fragments formant un second récit susceptible d'être lu de manière autonome dans les versions électroniques[15]. Fred Forest présente lui-même l'ouvrage comme un « roman numérique », lancé à l'occasion du Salon du livre et de la Fête de l'Internet de 2000[16].

Il revient au roman en 2006 avec Arkhalià : le livre sans page, illustré par Cherokee et publié aux éditions Lampsaque[17], puis publie en 2011 le récit de science-fiction MaMa, aux Éditions Dédicaces[18]. Le roman Un idiot dans la ville paraît en 2021 aux éditions Persée[19].

À partir des années 2010, ses essais portent davantage sur les effets sociaux et philosophiques du changement technique. Apocalypse du Progrès, publié en 2014 avec une préface de Frédéric Rouvillois, interroge la croyance dans un progrès historique nécessaire et en propose une généalogie où l'auteur accorde une place centrale à l'héritage chrétien occidental[20]. En 2026, dans Peut-on vivre sans IA ?, il critique les effets qu'il attribue à l'intelligence artificielle générative dans des domaines comme l'information, l'enseignement, le travail ou la création, et prolonge cette réflexion par une critique du transhumanisme et du déterminisme technologique[21].

Ouvrages

  • Qui veut tuer Fred Forest ?, 00h00.com, 2000[14].
  • L'Hyper-République : l'administration électronique au service du citoyen, avec la collaboration de Vincent Bénard, préface d'Henri Plagnol, Berger-Levrault, coll. « Le Point sur », 2003[7].
  • Arkhalià : le livre sans page, illustrations de Cherokee, Lampsaque, 2006[17].
  • MaMa, Éditions Dédicaces, 2011[18].
  • Apocalypse du Progrès, préface de Frédéric Rouvillois, Perspectives Libres, 2014[20].
  • Un idiot dans la ville, Persée, 2021[19].
  • Peut-on vivre sans IA ? : elle sait tout de toi, tu ne connais rien sur elle, Temporis, 2026[21].

Notes et références

  1. ↑ « Pierre de La Coste », sur data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  2. ↑ « Nos auteurs », sur Cercle Aristote (consulté le ).
  3. ↑ « Aux Invalides, la droite rend hommage à la « légende » Pasqua », sur Le Journal du dimanche, (consulté le ).
  4. ↑ « L'Internet : un vrai défi pour la France » [PDF], sur Vie-publique.fr, La Documentation française (consulté le ).
  5. ↑ « Maîtriser la société de l'information : quelle stratégie pour la France ? », sur Sénat, (consulté le ).
  6. ↑ « La Fête de l'Internet », sur Archives Fred Forest (consulté le ).
  7. ↑ 7,0 7,1 7,2 et 7,3 « L'hyper-République : l'administration électronique au service du citoyen », sur Librairie Mollat (consulté le ).
  8. ↑ 8,0 et 8,1 « La gouvernance mondiale de l'Internet », sur Institut français des relations internationales, (consulté le ).
  9. ↑ « Génération mobilité 7 : découvrez le palmarès des articles sur « Intelligence artificielle et robotisation : vers une humanité augmentée ? » », sur Sia Partners, (consulté le ).
  10. ↑ 10,0 10,1 et 10,2 « Rapport spécial sur le projet de loi de finances pour 2004 : Fonction publique et réforme de l'État », sur Assemblée nationale, (consulté le ).
  11. ↑ David Alcaud et Amar Lakel, « Les nouveaux « visages » de l'administration sur Internet : pour une évaluation des sites publics de l'État », Revue française d'administration publique, no 110,‎ , p. 297-313 (DOI 10.3917/rfap.110.0297, lire en ligne, consulté le ).
  12. ↑ « 23e rapport d'activité 2002 » [PDF], sur Commission nationale de l'informatique et des libertés (consulté le ), p. 16.
  13. ↑ Ariane Beky, « Pierre de la Coste : « Le Club de l'Hyper-République promeut et défend la démocratie électronique » », sur Clubic, (consulté le ).
  14. ↑ 14,0 et 14,1 « Qui veut tuer Fred Forest ? », sur Fnac (consulté le ).
  15. ↑ Aurélie Cauvin, « La littérature hypertextuelle, analyse et typologie », sur Memoire Online, (consulté le ).
  16. ↑ « Qui veut tuer Fred Forest ? », sur Fredforest.org (consulté le ).
  17. ↑ 17,0 et 17,1 « Pierre De La Coste : tous les produits », sur Fnac (consulté le ).
  18. ↑ 18,0 et 18,1 « MaMa », sur CritiquesLibres.com (consulté le ).
  19. ↑ 19,0 et 19,1 « Un idiot dans la ville », sur Chasse aux livres (consulté le ).
  20. ↑ 20,0 et 20,1 « Apocalypse du Progrès », sur Bibliothèque numérique francophone accessible (consulté le ).
  21. ↑ 21,0 et 21,1 « Peut-on vivre sans IA ? : elle sait tout de toi, tu ne connais rien sur elle », sur Fnac, (consulté le ).

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