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BENIVM

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BENIVM est un terme français pour désigner un groupe de six pays émergents : le Bangladesh, l'Ethiopie, le Nigeria, l'Indonésie, le Vietnam et le Mexique. Ce terme a été utilisé, pour la première fois, dans un article de Laurence Daziano, maître de conférences en économie à Sciences po, paru dans Le Figaro, le 24 janvier 2013.

Historique

En janvier 2013, à l'occasion du forum de Davos, son fondateur Klaus Schwab a déclaré que « les BRICS sont en passe de devenir des pays émergés » et qu’ « une nouvelle génération est susceptible de les remplacer », en citant « la Colombie, les Philippines, la Turquie, l'Indonésie et le continent africain dans son ensemble ».

En 2001, un économiste de Goldman Sachs, Jim O'Neill, avait introduit l'acronyme des BRIC, élargi peu après aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), pour marquer l'entrée des grands pays émergents dans l'économie mondiale. En 2009, l'acronyme CIVETS est apparu (Colombie, Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie, Afrique du Sud), lancé par un journaliste de The Economist Intelligence Unit, pour désigner les nouveaux marchés émergents.

Or, il apparaît qu'aucune de ces deux classifications ne permettait de rendre compte, de manière méthodique et argumentée, d'un nouveau groupe de pays émergents à forte croissance pour les dix prochaines années. Dans le premier cas, la Chine et le Brésil se sont développés. Ils exportent, par exemple, leurs technologies dans les nouvelles économies du Sud en remplaçant les exportations du Nord. Quant aux « CIVETS », l'acronyme regroupe une catégorie de pays de manière hétéroclite. La présence de l'Afrique du Sud dans les deux catégories témoigne d'ailleurs de la difficulté de trouver une catégorie rationnelle des économies en développement.

Goldman Sachs avait tenté de poursuivre la classification des pays émergents en énumérant, en 2005, les « Next Eleven » ou les 11 prochaines économies émergentes (Bangladesh, Egypte, Indonésie, Iran, Mexique, Nigéria, Pakistan, Philippines, Turquie, Corée du Sud, Vietnam). Cependant, ce groupe de pays émergents ne présentait guère d'homogénéité, à tel point que Goldman Sachs avait ensuite parlé des « MIKT » (Mexique, Indonésie, Corée du Sud, Turquie) pour énumérer les économies les plus avancées.

Une classification d'un nouveau groupe de pays émergents

Il apparaît donc difficile de trouver l'exacte classification des pays émergents. Or, ces derniers constituent la principale dynamique de la croissance économique mondiale.

Laurence Daziano, maître de conférences en économie à Sciences po, retient cinq critères afin de qualifier les prochains « pays » émergents : une population d'au moins 100 millions d'habitants (suffisamment nombreuse pour constituer un marché domestique et en forte croissance) ; un taux de croissance potentielle à 10 ans oscillant autour de 5% (autrement dit, un sentier de croissance soutenu) ; une urbanisation à 50% en croissance (l'urbanisation étant un facteur structurel majeur de l'émergence) ; des besoins en infrastructures permettant d'accompagner le décollage économique (facilité de déplacement, équilibre du mix énergétique pour atténuer la dépendance, accès à l'eau potable et courante) ; une stabilité politique, indépendamment du type de régime, qui permet de mettre en œuvre des projets à long terme.

En vertu de ces cinq critères, et à quelques exceptions (un taux d'urbanisation de 33% au Bangladesh, mais avec la première densité de population au monde, et de 17% en Ethiopie, mais en très forte croissance), le groupe de pays émergents qui portera l'essentiel de la croissance mondiale dans les dix prochaines années est constitué du Bangladesh, de l'Ethiopie, du Nigeria, de l'Indonésie, du Vietnam et du Mexique (BENIVM).

Les BENIVM

Les BENIVM sont un ensemble de plus d'un milliard d'habitants, prévu en 2020, avec un taux de croissance démographique de 2%. Les taux de croissance économique potentielle oscillent autour de 5%, allant de 6,5% pour le Vietnam jusqu'à 4,5% pour le Mexique. Ces pays connaissent un taux d'urbanisation galopant, allant de 77% pour le Mexique à 17% pour l'Ethiopie, mais globalement compris à 50% (notamment pour l'Indonésie ou le Nigeria). Enfin, corollaire de la croissance démographique et de l'urbanisation, les besoins en infrastructures sont très importants pour les prochaines années.

Les BENIVM reprennent une partie des « Next 11 » de Goldman Sachs. Cependant, plusieurs pays sont retirés de cette liste : l'Egypte qui poursuit sa révolution, l'Iran sous le coup de sanctions internationales et la Turquie, déjà très avancée dans son développement (membre de l'OCDE et 16ème puissance économique mondiale). La Corée du Sud, exportatrice de technologie nucléaire et de trains à grande vitesse, n'a plus rien d'un pays émergent. Enfin, le Pakistan ne devrait pas être en mesure de faire face à son instabilité politique et à ses difficultés d'approvisionnement en énergie. Inversement, l'Ethiopie est intégrée à cette classification en raison de son potentiel de croissance, notamment en matière énergétique.

Les BENIVM regroupent ainsi les prochains pays émergents – et par définition, non encore émergés – présentant une stabilité politique. A ce titre, il convient de constater que la croissance potentielle des dix prochaines années se partage entre l'Asie et l'Afrique. A l'intérieur de l'Asie, le trio « Bangladesh, Indonésie et Vietnam » remplacer la Chine. Quant à l'Afrique, le continent réalise son émergence, avec quelques pays « figures de proue » sur la scène économique mondialisée. Au-delà du Nigeria et de l'Ethiopie, des pays comme l'Angola ou le Mozambique seront des moteurs de croissance régionaux importants.

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