Benoit Fleury

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Benoît Fleury
Naissance
Nationalité Française
Diplôme
Doctorat en droit
Profession
Professeur des universités, avocat
Activité principale
Histoire du droit
Formation
Université Panthéon-Assas

Benoît Fleury, né en 1976, est un juriste et universitaire français, professeur d'histoire du droit à l'Université de Poitiers et avocat au barreau de Paris[1],[2],[3]. Docteur en droit de l'université Panthéon-Assas, il est reçu premier au concours national d'agrégation d'histoire du droit en 2008[4],[5]. Ses recherches portent notamment sur l'abdication et la déposition dans l'histoire du droit public. Il a également publié sur le droit des collectivités territoriales et des associations, tandis que sa pratique d'avocat et ses publications plus récentes concernent notamment le droit immobilier et la copropriété[6],[7].

Durant ses études à Paris-II, il milite au Groupe union défense (GUD), organisation étudiante d'extrême droite, dont il est l'un des dirigeants dans la seconde moitié des années 1990. Ce passé suscite en 2008 une contestation au sein de l'université lors de son affectation à Poitiers[8]. La même année, Benoît Fleury présente publiquement cet engagement comme révolu et déclare ne plus revendiquer d'appartenance politique[9].

Parcours universitaire

Benoît Fleury soutient en 2006 à l'université Paris-II Panthéon-Assas une thèse intitulée L'abdication dans le droit public européen de l'époque moderne : étude comparative, sous la direction de l'historien du droit Jean-Marie Carbasse[6],[10]. Entre 2004 et 2007, il est attaché temporaire d'enseignement et de recherche aux facultés de droit de Tours puis de Rouen. Il devient maître de conférences à l'université de Montpellier en septembre 2007[4].

En 2008, il est reçu premier au concours d'agrégation d'histoire du droit. Il est ensuite nommé professeur à l'université de Poitiers, avec prise de fonctions au 1er septembre 2008[5],[11]. Il demeure rattaché à l'Institut d'histoire du droit de l'université de Poitiers, qui le compte parmi ses professeurs[2],[12].

Engagement au GUD et affectation à Poitiers

À Paris-II, Benoît Fleury est actif au Groupe union défense entre 1995 et 2000 et y exerce des responsabilités dirigeantes ; des sources de presse de 2008 et 2013 le présentent comme président ou ancien dirigeant de l'organisation pendant cette période[5],[13]. Le GUD est alors identifié par la presse comme une organisation universitaire d'extrême droite[8].

Lorsque son affectation à Poitiers est annoncée au début de 2008, son passé militant provoque des réactions parmi des enseignants, personnels et étudiants. Le 25 février, le conseil d'administration de l'université adopte une motion demandant au président de la République de ne pas procéder à sa nomination et à son affectation[8],[5]. Cette demande n'empêche pas sa nomination : un décret du 17 avril 2008 l'affecte à l'université de Poitiers à compter du 1er septembre suivant[11].

Dans une lettre publiée par Le Monde en mars 2008, Benoît Fleury reconnaît son ancienne « activité passée de militant nationaliste », mais affirme que ces engagements appartiennent au passé et qu'il ne revendique plus d'appartenance politique depuis près de dix ans[9]. Il y conteste également des propos qui lui avaient été attribués dans un entretien publié en 1999 et indique avoir été relaxé à l'issue du procès portant sur cette publication[9].

Détachement en Vendée et retour à Poitiers

Après une année d'enseignement à Poitiers, Benoît Fleury est placé en détachement en septembre 2009 auprès du conseil général de la Vendée, alors présidé par Philippe de Villiers[14]. Il y prend la direction des services juridiques ; sa notice universitaire le mentionne également, pour cette période, comme directeur général adjoint des services[4].

Après près de quatre ans en Vendée, il est réintégré à l'université de Poitiers au 1er septembre 2013. Il enseigne alors notamment sur les sites de Niort et d'Angoulême. Sa réaffectation suscite des protestations de l'UNEF de Poitiers et du Mouvement des jeunes socialistes, qui invoquent son ancien engagement au GUD[13].

Travaux et activité juridique

Les premiers travaux de Benoît Fleury s'inscrivent dans l'histoire du droit public. Sa thèse étudie les mécanismes juridiques de l'abdication dans l'Europe de l'époque moderne. Il poursuit cette réflexion sur les rapports entre renonciation au pouvoir, continuité institutionnelle et droit de l'Église ; en 2017, il intervient notamment lors d'un colloque consacré à la déposition du pape, à propos de l'abdication de Célestin V[6],[15]. Cette contribution est publiée en 2019 dans l'ouvrage collectif La déposition du pape hérétique[16],[17].

Parallèlement, ses fonctions en Vendée s'accompagnent d'une production consacrée au droit appliqué des collectivités et des associations : financement et contrôle des associations subventionnées, domaine public, compétences territoriales ou encore voirie rurale. Il publie plusieurs ouvrages pratiques dans ces domaines entre 2012 et 2015 et contribue notamment à Jurisassociations. Sa notice à l'Institut d'histoire du droit indique qu'il a rejoint en 2011 le comité de rédaction de La Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales[4],[6].

Il exerce en parallèle comme avocat depuis 2012[7]. D'abord inscrit au barreau des Sables-d'Olonne[13], il est inscrit au barreau de Paris au moins depuis la fin de 2023[18],[3]. Au sein du cabinet Guimet Avocats, son activité porte principalement sur la copropriété, les ensembles immobiliers complexes, les baux et le contentieux immobilier[7]. Ses publications professionnelles récentes traitent notamment de la responsabilité des syndicats de copropriétaires, du recouvrement des charges et de la responsabilité liée aux transactions immobilières[19],[20].

Publications

Thèse

  • L'abdication dans le droit public européen de l'époque moderne : étude comparative, thèse de doctorat en droit, université Paris-II Panthéon-Assas, 2006, sous la direction de Jean-Marie Carbasse[6].

Ouvrages

La Bibliothèque nationale de France recense notamment cinq ouvrages juridiques publiés sous son nom entre 2012 et 2015[1] :

  • Les chemins ruraux, Voiron, Territorial éditions, 2012.
  • avec Patrick Lestienne, Le contrôle des associations subventionnées : contractualisation et maîtrise des risques, Voiron, Territorial éditions, 2013[6].
  • Associations et collectivités : guide pratique, Voiron, Territorial éditions, 2014.
  • avec Patrick Lestienne, Établissements recevant du public : police et contrôle, Voiron, Territorial éditions, 2014[6].
  • La réglementation de l'affichage publicitaire, Voiron, Territorial éditions, 2015.

Contribution à un ouvrage collectif

  • « Le rôle des instances de l'Église dans un cas voisin de la déposition : autour de l'abdication de Célestin V (1294) », dans Cyrille Dounot, Nicolas Warembourg et Boris Bernabé (dir.), La déposition du pape hérétique : lieux théologiques, modèles canoniques, enjeux constitutionnels, Paris, Mare & Martin, 2019[16].

Références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 « Fleury, Benoît (1976-....) », Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, consulté le 24 septembre 2026.
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « L'équipe enseignante », Faculté de droit et des sciences sociales de l'université de Poitiers, consulté le 24 septembre 2026.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Tribunal judiciaire de Paris, ordonnance du 22 janvier 2025, RG no 24/55894, Cour de cassation, 22 janvier 2025.
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 « Benoît Fleury », Institut d'histoire du droit, université de Poitiers, consulté le 24 septembre 2026.
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 et 5,3 « Mobilisation de l'université de Poitiers contre la nomination d'un ex-militant du GUD », L'Étudiant, 26 février 2008.
  6. ↑ 6,0 6,1 6,2 6,3 6,4 6,5 et 6,6 « Benoît Fleury », Portail universitaire du droit, consulté le 24 septembre 2026.
  7. ↑ 7,0 7,1 et 7,2 « Benoit Fleury », Guimet Avocats, consulté le 24 septembre 2026.
  8. ↑ 8,0 8,1 et 8,2 « Université de Poitiers : tollé contre l'arrivée d'un ex-dirigeant du GUD », Le Monde, 26 février 2008.
  9. ↑ 9,0 9,1 et 9,2 « Une lettre de Benoît Fleury », Le Monde, 20 mars 2008.
  10. ↑ « Jean-Marie Carbasse », Persée, notice d'autorité, consultée le 24 septembre 2026.
  11. ↑ 11,0 et 11,1 « Décret du 17 avril 2008 », Journal officiel de la République française, 19 avril 2008.
  12. ↑ « Les membres », Institut d'histoire du droit, université de Poitiers, consulté le 24 septembre 2026.
  13. ↑ 13,0 13,1 et 13,2 Arnault Varanne, « L'ancien du GUD Benoît Fleury affecté à l'université de Poitiers », Le7.info, 23 septembre 2013.
  14. ↑ « Villiers s'attache les services d'un ancien dirigeant d'extrême droite », Le Monde, 28 août 2009.
  15. ↑ « La déposition du pape », Portail universitaire du droit, 30 mars 2017.
  16. ↑ 16,0 et 16,1 « La déposition du pape hérétique », Mare & Martin, 5 septembre 2019.
  17. ↑ « La déposition du pape hérétique. Lieux théologiques, modèles canoniques, enjeux constitutionnels », European Society for Comparative Legal History, 7 février 2020.
  18. ↑ Cour d'appel de Paris, arrêt du 21 décembre 2023, RG no 23/07087, Cour de cassation, 21 décembre 2023.
  19. ↑ « Copropriété – Un exemple de responsabilité de plein droit du syndicat des copropriétaires, ancienne version », Guimet Avocats, 7 février 2025.
  20. ↑ « Responsabilité professionnelle – Cession d'actifs immobiliers en copropriété et responsabilité du notaire instrumentaire », Guimet Avocats, 3 avril 2025.

Liens externes

Article publié sur Wikimonde Plus

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