François Haut
| Nationalité |
|
|---|---|
| Profession |
juriste, universitaire |
| Activité principale |
criminologie |
| Formation |
Droit public |
François Haut est un juriste, universitaire et criminologue français. Docteur en droit et ancien maître de conférences de droit public à l'université Paris-II Panthéon-Assas, il a consacré une part importante de ses travaux à la criminalité organisée, aux bandes criminelles, à la criminalité carcérale, au terrorisme et, plus largement, aux formes contemporaines de criminalité.
Après des travaux de droit administratif et d'histoire de l'enseignement supérieur, il participe à partir de la fin des années 1980 au développement, à Paris-II, d'un courant d'enseignement et de recherche centré sur les « menaces criminelles contemporaines ». Il a dirigé le Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines (DRMCC), rattaché à l'Institut de criminologie de Paris, et enseigné dans les formations de sécurité et de défense de l'université[1]. Il a également été sollicité comme expert par des institutions publiques sur les phénomènes de bandes et la délinquance.
Parcours universitaire
François Haut est docteur en droit. En 1984, alors assistant à l'université Paris-II, il publie une étude consacrée aux débats français sur la liberté de l'enseignement supérieur au début des années 1870[2]. Ses premiers travaux relèvent principalement du droit public. Il s'intéresse notamment au droit administratif comparé : en 1989, la Revue internationale de droit comparé publie son article « Réflexion sur la méthode comparative appliquée au droit administratif », qui le présente comme maître de conférences à l'université de droit, d'économie et de sciences sociales de Paris[3]. Les catalogues universitaires lui attribuent par ailleurs un travail intitulé Autorité de la chose jugée et effet directif des décisions de justice, réalisé sous la direction de Prosper Weil en 1979[4].
Parallèlement, il se tourne vers l'étude du terrorisme et des phénomènes criminels. Dès 1987, il est directeur de publication de Notes & Études de l'Institut de criminologie, publication réalisée avec Xavier Raufer et consacrée notamment à la clandestinité politique, au terrorisme et aux organisations criminelles[5]. Ces travaux s'inscrivent d'abord dans le cadre du Centre d'études et de recherches sur la violence politique (CERVIP), créé à Paris-II en 1986[6]. Le Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines (DRMCC), créé à Paris-II en 1997, est ensuite animé par François Haut et Xavier Raufer[7]. Cette structure est associée à un diplôme universitaire intitulé « Analyse des menaces criminelles contemporaines », proposé par l'Institut de criminologie de Paris et dont François Haut est encore indiqué comme responsable dans un état des formations françaises en criminologie établi en 2010 par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche[8]. Créé en 1998, ce diplôme est dispensé jusqu'en 2016, lorsque François Haut et Xavier Raufer rejoignent l'équipe du master de criminologie du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)[6]. François Haut figure alors au conseil de perfectionnement du master[9].
Il enseigne notamment dans le master Sécurité et défense de Paris-II et dirige ou évalue des travaux portant sur la criminalité organisée, les trafics, le terrorisme et les politiques de sécurité[10]. L'université le présente en 2018 comme « maître de conférences (H) », c'est-à-dire honoraire[1]. La même année, il siège encore dans le jury d'une thèse de science politique sur les réseaux criminels[11]. Le programme de l'unité « Violences urbaines » pour 2025-2026 lui attribue la partie consacrée aux bandes à l'étranger[12].
Ses activités ont aussi une dimension internationale. Une notice d'auteur publiée en 2017-2018 le présente comme associate professor à la China Criminal Police University et à la George Mason University aux États-Unis[13]. En 2026, il figure au comité éditorial de lInternational Journal on Criminology, qui le rattache à Paris-II[14].
Travaux en criminologie
Les travaux de François Haut portent d'abord sur le terrorisme et les transformations de la criminalité transnationale. En 1992, il publie avec Xavier Raufer Le Chaos balkanique, consacré aux risques politiques, militaires et criminels liés aux conflits qui suivent l'éclatement de la Yougoslavie[15]. Il aborde en parallèle les « zones grises » urbaines et leurs liens avec le trafic de stupéfiants, auxquels il consacre une étude publiée en 1994[5]. Ses recherches se concentrent ensuite plus particulièrement sur les bandes et les réseaux criminels.
Avec Stéphane Quéré, il publie en 2001 Les Bandes criminelles, ouvrage qui étudie les gangs de rue, leur organisation et leurs liens avec différentes formes de criminalité organisée[16]. Il développe ensuite ce thème dans des travaux consacrés aux organisations criminelles opérant depuis les prisons et aux bandes carcérales[17]. Il soutient que les bandes criminelles françaises doivent être considérées comme des groupes structurés, notamment par le contrôle d'un territoire, des liens de loyauté et l'organisation de trafics, plutôt que comme des rassemblements spontanés[18]. Il s'intéresse également à l'usage d'Internet et des réseaux sociaux par les gangs ; son article de 2014 sur le cyberbanging décrit la manière dont la mise en scène en ligne de l'appartenance à un gang peut prolonger les rivalités, la réputation et certaines activités criminelles hors ligne[19].
Son champ de publication couvre aussi les menaces chimiques, biologiques et nucléaires, les rapports entre terrorisme et diasporas et l'économie des stupéfiants. Lors d'une conférence organisée en 2006 par la RAND Corporation et le Center for Security Studies, il présente une communication consacrée au terrorisme et aux diasporas en France, publiée l'année suivante[20]. Dans un texte de 2018, il défend l'idée que la formation en droit pénal devrait s'appuyer sur une connaissance préalable de la criminologie et des comportements délinquants[21].
L'approche développée au DRMCC a fait l'objet de lectures critiques dans le débat académique français sur la criminologie. Dans un article publié en 2010 dans Politix, le sociologue Laurent Mucchielli inscrit le département parmi les institutions qui ont, selon son analyse, contribué à promouvoir en France une conception de la criminologie fortement orientée vers l'expertise en matière de sécurité, les menaces émergentes et les besoins des institutions policières[7]. Cette critique porte plus largement sur l'institutionnalisation, dans les années 1990 et 2000, d'un courant de criminologie appliquée distinct des traditions sociologiques et cliniques également présentes dans la discipline.
Expertise auprès des institutions publiques
En 2009, François Haut est entendu par le sénateur François Pillet, rapporteur de la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre les violences de groupes. Il distingue notamment les bandes des groupes formés à l'occasion de manifestations politiques et insiste sur le rôle de l'appartenance territoriale dans leur fonctionnement[22]. La loi issue de ces travaux est promulguée en mars 2010.
Il participe également au conseil d'orientation de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), où il représente le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques. Les comptes rendus de l'Observatoire le mentionnent à ce titre en 2013, 2014 et 2015[23],[24].
Engagements et réseaux politiques
Dans une tribune publiée dans Le Monde en 1986, François Haut défend la privatisation de TF1 et la libéralisation du secteur audiovisuel[25].
François Haut a participé à des travaux du Club de l'Horloge. Il cosigne notamment avec Georges Fenech, Henry de Lesquen et Didier Maupas l'ouvrage Rétablir la sécurité, publié par ce cercle en 2002[26].
Dans Les Marchands de peur (2011), essai critique consacré aux réseaux français de l'expertise sécuritaire, Mathieu Rigouste situe François Haut dans des réseaux issus de l'extrême droite et rappelle sa participation aux activités du Club de l'Horloge[27].
Publications
Ouvrages
- avec Xavier Raufer, Le Chaos balkanique, Paris, La Table ronde, 1992, 191 p., (ISBN 2-7103-0541-0)[15] ;
- avec Stéphane Quéré, Les Bandes criminelles, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Criminalité internationale », 2001, (ISBN 978-2-13-051858-7)[16] ;
- avec Georges Fenech, Henry de Lesquen et Didier Maupas, Rétablir la sécurité, Paris, Club de l'Horloge, 2002, 140 p., (ISBN 2-908046-21-0).
Il compte également parmi les contributeurs de l'ouvrage collectif Criminologie plurielle. Une introduction générale à la criminologie, dirigé par Alain Bauer et publié aux Presses universitaires de France en 2011[28].
Sélection d'articles et de chapitres
- « Réflexion sur la méthode comparative appliquée au droit administratif », Revue internationale de droit comparé, vol. 41, no 4, 1989, p. 907-914[3] ;
- « Du narco-trafic aux cités de la drogue : la jonction des zones grises », Notes & Études de l'Institut de criminologie, no 29, octobre 1994[5] ;
- « The Asymmetric Character of the Evolving Chemical, Biological and Nuclear (CBN) Threat », dans David Martin Jones (dir.), Globalisation and the New Terror: The Asia Pacific Dimension, Cheltenham et Northampton, Edward Elgar, 2004, p. 119-126 ;
- « Une menace méconnue : les bandes criminelles carcérales », dans Une certaine idée du droit. Mélanges offerts à André Decocq, Paris, Litec, 2004, p. 341-353[29] ;
- « The Nature of Today's Terrorism and Organized Crime: a French Perspective », dans Robert W. Orttung et Andrey Makarychev (dir.), National Counter-Terrorism Strategies: Legal, Institutional and Public Policy Dimensions in the US, UK, France, Turkey, and Russia, Amsterdam, IOS Press, 2006 ;
- avec Henri Hope, « Les violences urbaines de novembre 2005 : une affaire de bandes ? », Cahiers de la sécurité, no 1, juillet-septembre 2007[30] ;
- « Terrorism and Diasporas in France », dans Bruce Hoffman et Doron Zimmermann (dir.), The Radicalization of Diasporas and Terrorism, RAND Corporation et Center for Security Studies, 2007, p. 23-24[20] ;
- « The “Criminal Gang,” a French Ectoplasm? », International Journal on Criminology, vol. 2, no 1, 2014, DOI 10.18278/ijc.1.2.7[18] ;
- « Cyberbanging: When Criminal Reality and Virtual Reality Meet », International Journal on Criminology, vol. 2, no 2, 2014, DOI 10.18278/ijc.2.2.3[19] ;
- « Organized Crime Behind Bars », International Journal on Criminology, vol. 3, no 2, 2015, DOI 10.18278/ijc.3.2.3[31] ;
- « Drugs, a Global Contemporary Criminal Menace », International Journal on Criminology, vol. 5, no 2, hiver 2017-2018, DOI 10.18278/ijc.5.2.2[13] ;
- « Criminology, a Precursor to Criminal Law », International Journal on Criminology, vol. 6, no 1, printemps 2018, p. 39-48, DOI 10.18278/ijc.6.1.3[21].
Références
- ↑ 1,0 et 1,1 « Menaces criminelles et criminalités contemporaines », université Paris-Panthéon-Assas, 12 avril 2018.
- ↑ François Haut, « Vers la liberté de l'enseignement supérieur (1870-1875) », Annales d'histoire des Facultés de droit, no 1, 1984, p. 37-56.
- ↑ 3,0 et 3,1 François Haut, « Réflexion sur la méthode comparative appliquée au droit administratif », Revue internationale de droit comparé, vol. 41, no 4, 1989, p. 907-914, DOI 10.3406/ridc.1989.1863.
- ↑ « Haut, François », Persée, notice d'autorité et références bibliographiques.
- ↑ 5,0 5,1 et 5,2 « Notes & Études de l'Institut de criminologie : sommaire général », archives du Centre de recherche sur les menaces criminelles contemporaines.
- ↑ 6,0 et 6,1 « Sites d'archives du MCC », archives du Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines.
- ↑ 7,0 et 7,1 Laurent Mucchielli, « Vers une criminologie d'État en France ? Institutions, acteurs et doctrines d'une nouvelle science policière », Politix, no 89, 2010, p. 195-214, DOI 10.3917/pox.089.0195.
- ↑ Rapport de la Conférence nationale de criminologie sur la formation et la recherche en criminologie, ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, 28 juin 2010.
- ↑ Master criminologie. Sciences criminelles, Conservatoire national des arts et métiers, brochure d'avril 2016, p. 4.
- ↑ Emmanuel Briquet, L'importation de la criminalité en Europe par les Balkans : le cas de la traite des femmes à des fins d'exploitation sexuelle, mémoire de master recherche Sécurité et défense préparé sous la direction de François Haut, université Panthéon-Assas, 2009-2010.
- ↑ « Les réseaux criminels entre logiques économiques et logiques ethno-culturelles », université Paris-Panthéon-Assas, 28 novembre 2018.
- ↑ « Violences urbaines (CRM207) », Cnam Auvergne-Rhône-Alpes, programme 2025-2026, actualisé le 2 juillet 2025.
- ↑ 13,0 et 13,1 François Haut, « Drugs, a Global Contemporary Criminal Menace », International Journal on Criminology, vol. 5, no 2, hiver 2017-2018, DOI 10.18278/ijc.5.2.2.
- ↑ « About », International Journal on Criminology, consulté en septembre 2026.
- ↑ 15,0 et 15,1 « Le chaos balkanique / Xavier Raufer, François Haut », Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France.
- ↑ 16,0 et 16,1 « Les bandes criminelles », LGDJ, notice bibliographique.
- ↑ « Haut François, “Une menace méconnue : les bandes criminelles carcérales” », bibliographie de Criminocorpus.
- ↑ 18,0 et 18,1 François Haut, « The “Criminal Gang,” a French Ectoplasm? », International Journal on Criminology, vol. 2, no 1, printemps 2014, p. 72-77, DOI 10.18278/ijc.1.2.7.
- ↑ 19,0 et 19,1 François Haut, « Cyberbanging: When Criminal Reality and Virtual Reality Meet », International Journal on Criminology, vol. 2, no 2, 2014, DOI 10.18278/ijc.2.2.3.
- ↑ 20,0 et 20,1 Bruce Hoffman et Doron Zimmermann (dir.), The Radicalization of Diasporas and Terrorism, RAND Corporation et Center for Security Studies, 2007, p. 23-24.
- ↑ 21,0 et 21,1 François Haut, « Criminology, a Precursor to Criminal Law », International Journal on Criminology, vol. 6, no 1, printemps 2018, p. 39-48, DOI 10.18278/ijc.6.1.3.
- ↑ François Pillet, Rapport no 85 (2009-2010) sur la proposition de loi renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d'une mission de service public, Sénat, 4 novembre 2009.
- ↑ Conseil d'orientation de l'ONDRP, compte rendu, octobre 2013, Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice.
- ↑ Conseil d'orientation de l'ONDRP, compte rendu, 19 octobre 2015, Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice.
- ↑ François Haut, « La télévision, service public ? Au nom de quelle liberté l'État serait-il notre maître à penser audiovisuel ? », Le Monde, 30 mai 1986.
- ↑ Georges Fenech, François Haut, Henry de Lesquen et Didier Maupas, Rétablir la sécurité, Paris, Club de l'Horloge, coll. « Études et documents du Club de l'Horloge », 2002, 140 p., (ISBN 2-908046-21-0).
- ↑ Mathieu Rigouste, Les Marchands de peur. La bande à Bauer et l'idéologie sécuritaire, Paris, Libertalia, 2011, p. 55-57.
- ↑ « Haut, François », Persée, notice d'autorité ; voir la notice de Criminologie plurielle.
- ↑ « Bibliographie : bandes criminelles carcérales », Criminocorpus.
- ↑ « Avis relatif à la mise en vente de publications officielles (direction de la Documentation française) », Journal officiel de la République française, 11 juillet 2007, sommaire des Cahiers de la sécurité.
- ↑ « Organized Crime Behind Bars », International Journal on Criminology.
Article publié sur Wikimonde Plus
- Criminologie
- Droit
- Universités françaises