PSL*

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Le projet PSL* est une initiative d'excellence, qui a été présentée en janvier 2011, en réponse à un appel d'offre du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, dans le cadre du programme des investissements d'avenir (plus connu sous le nom de "Grand emprunt"). Porté par le pôle de recherche et d'enseignement supérieur Paris Sciences et Lettres - Quartier latin, PSL* regroupe 13 partenaires institutionnels, situés à Paris et dans la région parisienne.

Partenaires

Les institutions membres couvrent une grande variété de champs académiques, de l'astrophysique (Observatoire de Paris) à la création artistique (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, Conservatoire national supérieur d'art dramatique, École nationale supérieure des arts décoratifs et École nationale supérieure des beaux-arts), en passant par l'économie (Université Paris-Dauphine, Institut Louis Bachelier), les sciences de l'ingénieur (École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, École nationale supérieure de chimie de Paris) ou la recherche médicale (Institut Curie). Les deux institutions qui apparaissent comme pilotes du projet, en raison de leur prestige et du champ académique qu'elles couvrent, sont l'Ecole normale supérieure (de la rue d'Ulm) et le Collège de France. Le projet inclut également la Fondation Pierre-Gilles de Gennes pour la recherche, dont la fonction principale est d'encourager la valorisation socio-économique de la recherche[1]. La diversité des participants au projet est parfois mentionnée comme une source de faiblesse pour le projet[2], mais les défenseurs de PSL* soulignent la complémentarité entre les établissements et le potentiel de collaboration.

Université Paris-Dauphine

PSL* et les "investissements d'avenir"

L'appel d'offres des initiatives d'excellence (Idex) n'est qu'un des volets du programme des investissements d'avenir. PSL* a répondu à la plupart des appels d'offres proposés par l'Agence nationale de la recherche, notamment : les laboratoires d'excellence (Labex), les équipements d'excellence (Equipex), les instituts Carnot, les instituts de recherche et de technologie (IRT) et les sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT). Les résultats de ces différents appels d'offres sont annoncés périodiquement par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche depuis janvier 2011.

Equipements d'excellence (Equipex)

Le 20 janvier 2011, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a dévoilé la liste des 52 équipements d'excellence sélectionnés en première vague par un jury international, présidé par le Canadien Philippe Le Prestre. A travers les Equipex, l'objectif affiché est de financer des équipements lourds nécessaires à la poursuite de recherches scientifiques - au sens large - avancées. Les institutions de PSL* ont obtenu 7 Equipex, sur les 10 qu'elles avaient initialement présentés. Les Equipex sont dotés de 340 millions d'euros, dont 260 millions directement utilisables et 80 millions tirés du placement du reste de la dotation[3]. Les projets disposent d'un financement qui va de 2 à 10 millions d'euros.

Les Equipex présentés par PSL* recouvrent l'ensemble des domaines que couvre le projet, des sciences humaines et sociales aux sciences exactes. Plusieurs ont un caractère interdisciplinaire. Ils associent, dans la plupart des cas, des institutions extérieures à PSL*, de même que les équipes de PSL* appartiennent souvent à des Equipex portés par d'autres centres[4]. Les Equipex retenus sont les suivants :

  • D-FIH (Données financières historiques) doit constituer une nouvelle base de données sur les marchés financiers français sur une longue période, dans la perspective d'une initiative à l'échelle européenne.
  • Equip@meso (Equipement d'excellence de calcul intensif de Mesocentres coordonnés - Tremplin vers le calcul petaflopique et l'exascale) doit renforcer le réseau de centres régionaux de calcul à haute performance.
  • Planaqua (PLAteforme expérimentale NAtionale d'écologie aQUAtique) vise à établir une infrastructure expérimentale pour l'étude des systèmes aquatiques.
  • ICGex (Equipement de biologie intégrative du cancer pour une médecine personnalisée) a pour objectif de faire progresser l'intégration de données génomiques dans des programmes de recherche à grande échelle sur les mécanismes de développement du cancer, en vue d'applications médicales.
  • IPGG (Institut Pierre Gilles de Gennes pour la microfluidique) créera l'infrastructure et les équipements du projet de plateforme fédérative dédiée à la microfluidique.
  • Paris-en-Resonance (Résonance Magnétique: de la Polarisation Nucléaire Dynamique à l'Imagerie à 800 MHz à Paris) est porté par tous les groupes de recherche parisiens en résonance magnétique. Il sera installé à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm.
  • Ultrabrain (Thérapie et Neurostimulation cérébrale de très haute précision par Ultrasons Transcraniens) vise à établir une plateforme de recherche clinique pour la chirurgie non invasive du cerveau par ultrasons focalisés, ainsi que pour la neurostimulation non invasive à haute précision.
Chercheurs actifs au sein de PSL*
2 Prix Nobel

4 Médailles Fields

4 Médailles d'or du CNRS

30 lauréats du European Research Council

40 membres d'Académies en France et à l'étranger

Laboratoires d'excellence (Labex)

L'annonce des résultats de l'appel d'offres concernant les laboratoires d'excellence a été faite le 25 mars 2011 par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Articulés parfois aux équipements d'excellence, les Labex visent à encourager des équipes de recherche prometteuses dans tous les domaines. Les responsables du Commissariat général à l'investissement rejettent les affirmations selon lesquelles les Labex, comme les Equipex, auraient favorisé les sciences dures au détriment des SHS[5].

Sur les 11 projets présentés par PSL*, six portés directement par les établissements de l'initiative d'excellence ont été retenus. Il s'agit des projets ENS-ICFP, IEC, IPGGM, MemoLife, TransferS et WIFI. Les cinq autres projets sont soit portés par un établissement membre de PSL* dans le cadre d'un projet régional ou national, soit portés par un Réseau thématique de recherche avancée dont les membres de PSL sont fondateurs : ESEP, FIRST-TF, L-IPSL, OSE et SMP. Au-delà des 11 Labex sélectionnés, les institutions de PSL sont impliquées, par leurs unités de recherche, dans de nombreux autres laboratoires d'excellence : on peut ainsi citer Laboratoire des arts et médiations humaines, Industries culturelles et création artistique. Numérique et internet, Lifesenses, UnivEarthS, MiChem, Matisse et l'Institut Lagrange de Paris[6].

Observatoire de Paris

L'attribution des Labex a été entachée de soupçons lorsqu'il a été dit que le gouvernement serait intervenu pour allonger la liste des Labex sélectionnés à une centaine de laboratoires, contre 50 sélectionnés par le jury[7]. Parmi les projets retenus pour PSL*, il semble que le Labex Wifi, porté par l'Institut Langevin de Mathias Fink, ait été le seul concerné.

Label Carnot

La seconde vague des appels d'offres pour les Instituts Carnot a débouché sur l'obtention par PSL* et les institutions associées de deux Instituts Carnot, alors que trois avaient été proposés[8] :

  • Curie-Cancer (porté par l'Institut Curie) qui doit faciliter les transferts vers l'industrie dans la lutte contre le cancer.
  • ICI (porté par l'INRIA) qui doit promouvoir les usages industriels des technologies numériques.

Le label Carnot est un label d'excellence attribué pour 5 ans qui vise à encourager la recherche partenariale (public-privé). Il permet aux projets concernés d'obtenir des financements supplémentaires de l'Etat en même temps que des revenus issus de leurs accords avec le secteur privé.

Instituts de recherche et de technologie

PSL* a déposé un dossier d'institut de recherche et de technologie (IRT), au titre des pôles de compétitivité. Il est porté par l'Institut Louis Bachelier et concerne l'analyse financière. Les résultats de cet appel d'offres ne sont pas encore connus.

Société d'accélération du transfert de technologies

Les résultats de l'appel d'offre des SATT devraient être annoncés sous peu.

Le projet d'Idex

Au-delà des appels d'offres ciblés auxquels ont répondu les institutions de PSL*, le projet d'Idex comporte une stratégie globale de développement. Les projets déposés par les Idex ont été publiés sur le site des syndicats de l'enseignement supérieur et sont librement consultables[9]. Les partenaires de chaque Idex sont tenus de proposer une stratégie de développement à horizon de 4 et de 10 ans. Le 25 mars 2011, le projet PSL* a intégré un groupe restreint de 7 projets pré-sélectionnés, la décision finale devant intervenir en juillet[10]

Fichier:Cnsmdp.jpg
Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris

Le projet de PSL* souligne la complémentarité entre les établissements partenaires et les synergies envisageables. Il demande une dotation d'un peu plus d'1,2 milliards d'euros, qui devrait générer des revenus annuels compris entre 40 et 50 millions d'euros. L'objectif affiché est de constituer une "Université collégiale de recherche" : l'appellation recouvrirait, selon le projet présenté, un modèle anglo-saxon d'articulation entre des "colleges" qui conserveraient leur autonomie. Le projet propose ainsi de transformer les institutions membres en "collèges" de la future université PSL*. Une telle fusion permettrait d'améliorer spectaculairement leur rang dans les classements internationaux [11]. En cela, les initiatives comme PSL* s'inscrivent dans une préoccupation générale de rendre l'enseignement supérieur français visible pour l'étranger, mais se heurtent à des critiques[12].

Parmi les initiatives proposées par le projet, plusieurs aspects sont à mentionner :

  • L'accent mis sur une offre de formation renouvelée, à travers la mise en place d'un premier cycle pluridisciplinaire sélectif (alors que les institutions sont pour l'instant concentrées sur le niveau "graduate"), la création de cursus d'élite en mathématiques et informatique, l'augmentation des bourses de master, de doctorat et de post-doctorat et la mise en place d'un "doctorat en création", destiné à couronner des études pratiques et théoriques en art. Des formations "exécutives" d'initiation aux problématiques de la recherche à l'intention de dirigeants ou de managers publics sont également prévues.
  • La création envisagée de structures fédératives de recherche : Institut de l'environnement, Institut de chimie, Centre des humanités, Institut de mathématiques.
  • Le développement des activités de valorisation socio-économique de la recherche, indiqué comme une des priorités de PSL*, ainsi que la diffusion des savoirs[13].
  • La diffusion des savoirs à travers la mise en place d'une plateforme numérique commune de diffusion sur la base de l'expertise du Collège de France[14], la mutualisation des ressources documentaires, la numérisation de livres rares, la création d'un musée scientifique et artistique...

Notes et références

  1. Descriptif des objectifs de la FPGG disponible sur son site officiel [1]
  2. de Gilbert Béréziat, professeur à l'UPMC (membre de l'Initiative d'excellence concurrente SUPER).
  3. Communique du MESR, 20 janvier 2011.
  4. Descriptif des participants aux 52 Equipex retenus, 20 janvier 2011.
  5. http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20110415trib000615680/nous-procederons-a-des-ajustements-sur-le-grand-emprunt-le-cas-echeant.html Interview de "La Tribune" avec René Ricol, commissaire général à l'investissement, 15 avril 2011.
  6. Communiqué de presse PSL*, 25 mars 2011.
  7. "Le Monde" : "Grand emprunt : 100 projets de laboratoires d'excellence retenus".
  8. http://www.facebook.com/pages/PSL-%C3%A9toile/194628770572826?sk=wall Communiqué de presse PSL*.
  9. http://www.snesup.fr/Votre-metier?aid=5539&ptid=10&cid=3692 Site du SNESUP.
  10. http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid55559/initiatives-d-excellence-7-projets-pre-selectionnes.html Communique du MESR, 25 mars 2011.
  11. Le projet d'Idex remis le 7 janvier affirme, sur la base d'une étude bibliométrique préliminaire, que PSL* se placerait dans les 20 premières universités mondiales aux classements de Shanghaï et du Times, voire dans les 10 premières dans certaines disciplines (mathématiques, physique, astrophysique).
  12. http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/020719758099-classement-de-shanghai-les-universites-francaises-pietinent-au-plan-mondial.htm "Les Echos" : "Classement de Shanghaï : les universités françaises piétinent au niveau mondial".
  13. http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2011/04/27/dauphine-offre-une-plus-grande-valeur-ajoutee-que-les-grandes-ecoles_1513688_1473692.html Interview du président de Paris-Dauphine, Laurent Batsch, par "Le Monde", 27 avril 2011.
  14. http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/audio_video/index.htm Le site du Collège de France revendique 9 millions de vidéos vues chaque année.

Article publié sur Wikimonde Plus

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