Commission innovation 2030

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La commission Innovation 2030[1], présidée par Anne Lauvergeon, ancienne présidente du groupe Areva, a été installée par le président de la République française le 19 avril 2013.

Ce dernier a indiqué que cette commission doit proposer au gouvernement, avant l'été 2013, « les secteurs et les technologies où la France est susceptible d'occuper des positions de leader à l'horizon 2030, en privilégiant les activités qui répondront aux besoins de la société de demain et créeront la plus grande valeur et le plus d'emplois » en France.

Selon Anne Lauvergeon qui a évoqué lors de la mise en place de la commission la Corée du Sud, les pays du Moyen-Orient, les États-Unis et leurs « systèmes stratèges avec une vision », il s'agit d'aider l'État à faire des choix stratégiques concernant les secteurs qui nécessiteraient de prioriser des moyens pour les années à venir.

La commissions inclut deux « financiers » : Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique d'investissement (BPI) et Louis Gallois, commissaire général à l'investissement[2].

Le rapport a été remis à l'Élysée le 11 octobre 2013[3].

Étapes et gouvernance

La commission travaille sous la double tutelle ministérielle des ministres Arnaud Montebourg et de Fleur Pellerin :

  • un premier rapport doit être rendu le 14 juillet. Il proposera cinq à dix défis industriels crédibles, donc dans des domaines où la France dispose déjà de compétences. Il pourrait s'agir d'innovations concernant la santé, le vieillissement, le climat ou le développement durable. Les projets d'entreprise doivent correspondre aux « sept ambitions stratégiques » définies par la Commission Innovation 2030, à savoir[4] :
  1. Le stockage de l'énergie.
  2. Le recyclage des métaux.
  3. La valorisation des richesses marines.
  4. Les protéines végétales et la chimie du végétal.
  5. La médecine individualisée.
  6. La silver économie, l'innovation au service de la longévité.
  7. La valorisation des données massives (Big Data).
  • pour chaque « défi », un concours et appel à projets sera ouvert à des participants du monde entier ;
  • la commission choisira les projets correspondant le mieux à ses critères, qui incluent l'intérêt pour la France et le potentiel d'emplois ;
  • 150 millions d'euros (Investissements d'avenir) permettront de lancer ces projets, qui pourront être portés par de petites entreprises ou des chercheurs créatifs. En accord avec la Présidence de la République, des échecs ou réorientations ne seront pas interdits, car il s'agira de tester des solutions innovantes ;
  • l'éventuelle phase d'industrialisation des projets qui auront fait leurs preuves et méritant des capitaux plus importants, sera aidée par la Banque publique d'investissement (BPI), d'éventuelles aides régionales et privées.

Liste des personnalités membres de la Commission

Anne Lauvergeon, présidente

Contexte

Alors que se développe dans le monde le web 2.0, l'innovation ouverte, la pollinisation croisée et de nouveaux modes de travail, dont le travail collaboratif s'appuyant sur l'Internet, souvent plus rapide et efficient, la création de cette commission suit la publication d'un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) de janvier 2012 par Claude Birraux et Jean-Yves Le Déaut[5], qui pointe l'importance de l'innovation et de son transfert, sa diffusion, puis d'un rapport de Jean-Luc Beylat et Pierre Tambourin[6], qui propose dix-neuf recommandations groupées en quatre axes principaux : développer la culture de l'innovation et de l'entrepreneuriat, accroître l'impact économique de la recherche par le transfert, accompagner la croissance des entreprises innovantes et mettre en place les instruments d'une politique publique de l'innovation.

Réactions critiques à la constitution de la commission

Les syndicats CFE-CGC et Unsa de France Télécom ont fait savoir à François Hollande et à la presse qu'ils ne comprennent pas la nomination dans cette commission de leur ancien PDG Didier Lombard alors qu'il est selon les syndicats sous contrôle judiciaire et depuis juillet 2012 sous le coup d'une mis en examen pour harcèlement moral dans le cadre d'une enquête relative à la vague de suicides de salariés de France Télécom de 2008 à 2009. Ils se disent « abasourdis » par ce choix alors que cette commission doit préparer le pays, sur le plan technologique et industriel, aux nouveaux besoins des vingt prochaines années[7].

Lors de l'installation de la commission, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, a rappelé que son ministère dispose d'un « agenda stratégique de la Recherche, France Europe 2020 », s'appuyant sur la « stratégie Europe 2020 », stratégie de croissance sur dix ans de l'Union européenne : « pour une croissance intelligente[8], durable[9] et inclusive[10] », incluant la notion de troisième révolution industrielle selon Jeremy Rifkin. Le ministère veut aussi contribuer aux solutions à la crise de l'emploi[11].

Notes et références

  1. http://www.redressement-productif.gouv.fr/commission-innovation-2030-installee
  2. Fabrice Nodé-Langlois (2013), Anne Lauvergeon chargée de trouver l'Apple français de demain, Le Figaro, 19 avril 2013, consulté le 26 avril 2013
  3. site de l'Élysée, Remise du rapport de la commission « Innovation 2030 » présidée par Mme Anne LAUVERGEON
  4. DGCIS
  5. L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques, rapport de MM. Claude Birraux et Jean-Yves Le Déaut, députés, fait au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, n° 286 tome I (2011-2012), 24 janvier 2012.
  6. Jean-Luc Beylat et Pierre Tambourin (2013), L'innovation, un enjeu majeur pour la France ; dynamiser la croissance des entreprises innovante pour le Ministère du redressement productif et le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.
  7. Commission "Innovation 2030" : le choix de Didier Lombard ulcère les syndicats de France Télécom, Le Point, 26 avril 2013
  8. Commission européenne, Croissance intelligente, consulté le 26 avril 2013.
  9. Commission européenne, Une croissance durable, pour une économie plus efficace dans l'utilisation des ressources, plus verte et plus compétitive , consulté le 26 avril 2013.
  10. Commission européenne, Croissance inclusive – Une économie à fort taux d'emploi favorisant la cohésion économique, sociale et territoriale, consulté le 26 avril 2013.
  11. François Hollande installe la Commission « Innovation 2030 », 26 avril 2013.

Voir aussi

Articles connexes

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