Marcel Cabille

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Marcel Cabille
Nom de naissance Marcel Émile Cabille
Naissance
Pau (France)
Décès (à 67 ans)
Toulouse (France)
Origine Française
Arme Gendarmerie nationale
Unité Garde personnelle du chef de l'État (1943-1944)
Grade Lieutenant-colonel
Conflits Seconde Guerre mondiale
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur

Marcel Émile Cabille, né le 24 août 1910 à Pau et mort le 5 mai 1978 à Toulouse, est un officier français de gendarmerie, parvenu au grade de lieutenant-colonel[1]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il commande une compagnie de la garde personnelle du maréchal Philippe Pétain à Vichy, tout en entretenant, d'après les témoignages recueillis à la Libération, des contacts avec la Résistance intérieure française. En août 1944, il rejoint les Forces françaises de l'intérieur avec des gendarmes de son unité et participe aux opérations de libération de la région de Thiers[2].

Parcours militaire avant 1943

Originaire du Béarn, Marcel Cabille entre dans la carrière militaire avant la Seconde Guerre mondiale. À vingt-sept ans, il sert comme lieutenant dans la Garde républicaine mobile, formation de la gendarmerie chargée notamment du maintien de l'ordre. En 1940, il commande un peloton monté de la Garde.

En 1942, il est détaché à l'état-major de la deuxième région aérienne, à Toulouse, où il exerce des fonctions de gendarmerie auprès de l'armée de l'air. Devenu capitaine, il est affecté le 1er février 1943 à la garde personnelle du chef de l'État français, stationnée à Vichy.

Commandement dans la garde personnelle de Pétain

Créée après la défaite de 1940, la garde personnelle de Pétain appartient à la gendarmerie. Elle assure la protection du chef de l'État français, de ses résidences et de ses déplacements officiels, mais contribue aussi à la représentation publique du régime. Les cérémonies auxquelles elle participe et le serment de fidélité exigé de ses membres en font un instrument de la propagande pétainiste. Son personnel, sélectionné sur des critères militaires et politiques, n'est cependant pas homogène : des gendarmes y sont affectés d'office, tandis que certains manifestent leur hostilité à l'occupation allemande ou s'engagent clandestinement dans la Résistance[3].

Marcel Cabille prend la tête d'une compagnie d'instruction, qui reçoit le 25 février 1943 la dénomination de « 3e compagnie dite compagnie Cabille ». Cette identification est attestée par l'inventaire des archives de l'unité conservées au Service historique de la Défense, comprenant notamment ses cahiers d'ordres de février 1943 à juillet 1944 et sa correspondance[4].

Résistance et Libération de l'Auvergne

Malgré ses fonctions auprès de Pétain, le capitaine entretient des relations avec des résistants. Son activité est notamment évoquée dans les travaux de Rémy, de Gilles Lévy et Francis Cordet, ainsi que dans un rapport établi le 30 août 1944 par le commandant FFI Serge Renaudin d'Yvoir, dit « Victoire », chef militaire de la zone de Thiers[5],[6],[2].

Ce rapport, rédigé quelques jours après les combats, affirme que Cabille a favorisé le départ de plusieurs gendarmes vers le maquis et qu'il a poursuivi ses contacts clandestins malgré la surveillance de la Milice française et de la Gestapo. Son auteur estime que l'officier aurait été soupçonné d'activités résistantes, sans être arrêté. Il présente également son affectation à la garde personnelle comme indépendante de sa volonté. Ces éléments reposent principalement sur l'appréciation d'un responsable des FFI, dont le texte vise à faire reconnaître les services de Cabille[2].

Le 20 août 1944, les Allemands contraignent Pétain à quitter Vichy. La garde personnelle ne s'oppose pas à cette opération ; dans les jours suivants, plusieurs de ses membres gagnent les maquis avec leur armement et leur matériel[3]. D'après le rapport de Renaudin d'Yvoir, Cabille rejoint alors les FFI en entraînant avec lui une unité de gendarmes et d'élèves gendarmes, ainsi que du matériel militaire[2].

L'unité est engagée dans les opérations autour de Thiers, dont la libération par les armes a lieu le 25 août 1944, à l'issue de combats menés contre les troupes allemandes par plusieurs groupes de résistants[7]. Le commandant « Victoire » attribue à Cabille et à ses hommes une participation aux affrontements des 25 et 26 août. Il rapporte notamment que le capitaine serait entré dans le dispositif ennemi à bord d'un side-car, armé d'un fusil-mitrailleur, et aurait contribué à la capture d'une vingtaine de soldats allemands. Ce récit et les bilans chiffrés présentés dans le même document reposent toutefois sur ce témoignage de commandement, sans confirmation indépendante établie[2].

À la suite des combats, Cabille est chargé de protéger des ponts sur l'Allier et d'organiser l'instruction de ses hommes. Le rapport du 30 août précise qu'il est remis, avec ses unités, à la disposition de la Garde. La garde personnelle du chef de l'État est officiellement dissoute le 9 septembre 1944 ; ses militaires sont alors, pour la plupart, réaffectés dans la gendarmerie[2],[3].

Après-guerre

Marcel Cabille poursuit sa carrière dans la gendarmerie après la Libération. Affecté en 1945 à la Garde républicaine à Paris, il exerce ensuite les fonctions de chef d'escadron à Moulins, dans l'Allier, avant de servir à Tours.

Un décret du 24 janvier 1962, publié au Journal officiel du 1er février, confirme sa promotion au grade de lieutenant-colonel avec prise de rang au 1er janvier 1962. Il y figure sous ses deux prénoms, « Marcel-Émile »[8]. Il termine sa carrière dans la réserve, à Toulouse, où il meurt en 1978[1].

Décorations

Les distinctions suivantes sont mentionnées dans les notices biographiques consacrées à Marcel Cabille :

  • Chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur ;
  • Médaille commémorative de la guerre 1939-1945, avec barrette « France » ;
  • Médaille d'honneur de la Jeunesse et des Sports ;
  • Médaille dite « de la reconnaissance franco-alliée », présentée comme une distinction liée à ses activités pendant la Résistance. Le statut exact de cette dernière distinction n'est pas établi par les sources consultées.

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 Données du fichier des personnes décédées de l'Insee, reprises dans « Cabille Marcel Émile », GénéaFrance.
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 Serge Renaudin d'Yvoir, dit « commandant Victoire », « Rapport sur le capitaine Cabille », Forces françaises de l'intérieur, région de Thiers, 30 août 1944. Document connu par une transcription issue d'archives familiales ; l'original n'a pas été consulté.
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Joël Drogland, « Les Gendarmes de la garde personnelle du chef de l'État (1940-1944) », compte rendu de l'ouvrage de Luc Demarconnay, La Cliothèque, 27 novembre 2025.
  4. ↑ Service historique de la Défense, Garde personnelle du chef de l'État, répertoire d'archives, sous-série 2007 ZM 1, cotes 301 080 à 301 083, notamment note 18.
  5. ↑ Colonel Rémy, La Résistance en Auvergne, Limousin, Berry et Bourbonnais, tome 2, Neuilly-sur-Seine, Éditions de Saint-Clair, 1975, p. 232.
  6. ↑ Gilles Lévy et Francis Cordet, À nous, Auvergne !, Paris, Presses de la Cité, 1974, p. 416.
  7. ↑ Ville de Thiers, « Libération », présentation de l'exposition des archives municipales organisée à l'occasion du 80e anniversaire de la libération de la ville, 2024.
  8. ↑ « Décret du 24 janvier 1962 portant promotions et nominations dans la gendarmerie nationale », Journal officiel de la République française, 1er février 1962, reproduction numérisée.

Bibliographie

  • Colonel Rémy, La Résistance en Auvergne, Limousin, Berry et Bourbonnais, tome 2, Neuilly-sur-Seine, Éditions de Saint-Clair, 1975.
  • Gilles Lévy et Francis Cordet, À nous, Auvergne !, Paris, Presses de la Cité, 1974.
  • Xavier Aiolfi, La Garde personnelle du chef de l'État (1940-1944), Paris, Nouvelles Éditions latines, 1999.
  • Luc Demarconnay, Les Gendarmes de la garde personnelle du chef de l'État (1940-1944), VA Éditions, 2025.

Article publié sur Wikimonde Plus

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