Rohan Graëffly

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Rohan Graëffly
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation

Collège Jésuite, Le Cap, Afrique du Sud

ENSAV La Cambre, Bruxelles, Belgique
Activité
Artiste plasticien
Autres informations
Domaine
Photographie, sculpture, vidéo, installation, peinture
Mouvement
Essentiellement influencé par le mouvement Dada et le Surréalisme
Site web
Distinction
Lauréat du prix du Luxembourg, arts plastiques, Centre d'Art Contemporain du Luxembourg Belge, CACLB, 1997

Rohan Graëffly, né à Luxembourg le [1], est un artiste plasticien, curateur d'exposition et médiateur culturel[2]. A travers sa pratique artistique, il explore et détourne le monde qui l'entoure, et cela avec le dessin, le collage, la sculpture, la vidéo, l'installation, la photographie.[3],[4] Il transforme avec cynisme les images et les objets et les images du quotidien et de la culture populaire et leur arrache leur fonction propre. Sa pratique est marquée par le détournement ironique, sarcastique, par la dérision et amène le spectateur à une réflexion nouvelle et distanciée du réel.[1],[5],[6],[7]

Biographie

De nom suisse, né d'un père franco-allemand et d'une mère belge, il a vécu son enfance en Afrique du Sud, à Le Cap. Il y a suivi son éducation dans un collège jésuite de 4 à 11 ans. Ne désirant faire son service militaire ni en France, ni en Allemagne, Rohan Graëffly a acquis la nationalité belge.[7]

Il a été diplômé de master en photographie et recherches para-photographiques à La Cambre (ENSAV) en 2001.[8] Il vit et travaille actuellement à Houdrigny dans les Ardennes Belges[1] dans la Province du Luxembourg[9].

Rohan Graëffly est actuellement représenté par la Galerie L'œil Histrion, située à Caen;[10]ainsi qu'il a été exposé et a participé à plusieurs expositions collectives : Benefiet Elpee, Viva Sara, Courtrai ( 2021)[6],[11]; Chimères, Château de Bussy-Rabutin, France (2020)[12],[13]; Black Box(es), La S Grand Atelier, Vielsalm, Belgique[14]; Warms, la Porcherie Lieu d’art contemporain, Ménétruex-le-Pitois, France.[15]; D'avance à rebours, Palais Abbatial de Saint-Hubert, Belgique[16]; Furiosité, Galerie Frederic Lacroix, Paris, France[17]; ART[AT]WORK, Palais Abbatial St-Hubert Belgium[18]. Il a aussi bénéficié en1997 du Lauréat du prix Luxembourg Arts plastiques Centre d’art contemporain du Luxembourg belge.[8]

L'altération du réel

Rohan Graëffly s'inspire essentiellement des grands artistes iconoclastes[19], cyniques, provocateurs et ironiques, tels que les artistes Dada Marcel Duchamp, John Heartfield, ou encore Wim Delvoye, Andres Serrano, Marcel Mariën, ou encore le surréaliste René Magritte.[3],[8],[16],[20]

Les objets (et installations)

Des outils affectés d'une maladie typiquement humaine (Algos, 2012-20215 et Précarisés, 2015) aux prothèses pour chevaux en plastique (Prothesis, 2012) ou à la construction d'Armes Posthistoriques, 2012, Rohan Graëffly détourne avec ironie les objets du quotidien. Algos et précarisés ont la forme d'un outil bien reconnaissable mais sont produits d'un matériaux qui leur arrache toute utilité et leur donne plutôt une grande fragilité; ou des outils anthropomorphique qui semblent avoir une attitude humaine affectée d'une maladie physique ou psychologique.[18] La semonce, représente une autre forme de détournement et est produite à partir de douilles de munition de guerre surmonté d'un noyau d'olive. Les outils posthistoriques reprennent des formes d'outils préhistoriques et sont produits à partir de matériaux actuels ou arborent des marques contemporaines. Les Pointes de flèches posthistoriques et le Tape-tape sont créées avec des morceaux de faïence cassées, tandis que le chopper Colt - Chopper Cal. 60 et la pierre à feu Bic sont respectivement gravés des marques Colt. et Bic. Ces œuvres mettent en perspective les activités et inventions humaines à travers les millénaires mais met par la même occasion en exergue la marchandisation et le branding actuel.[3]

Briser la glace, 2012 est une série plus directement engagée, avec son titre sarcastique à double sens. Elle est constituée de pavés "empruntés" à l'espace public" qui sont gravés d'un mot qui pour la plupart amènent à des réflexions sur les jeux de pouvoir (exemple: RESISTANCE, POWER, EXIT, DISCARD, CULPA, HELP, PROPOSITION, BAIT, EMPTY, CASUS BELLI, TABULA RASA, FUCK).[3]

Rohan Graëffly joue sur le niveau de perception et d'utilisation d'un objet mais ajoute une dimension langagière qui a toute son importance dans la réception de son travail, ce qui se perçoit dans les œuvres citées ci-dessus. Nous pouvons encore citer le travail plus récent Doppelgänger, 2020, qui, sans le titre ne dévoile pas tout l'humour dont fait preuve l'artiste.[3]

Les images (peintures, et vidéos)

Goldman Sucks, 2008, sans besoin d'expliquer la référence, un changement de lettre et le tour est joué, dans une certaine inspiration conceptuelle, rappelle la critique acerbe et sans concession des artistes Dada. L'œuvre apparait simple et directe mais n'en est pas moins corrosive.[3]

Que ce soit à l'aide de Tipp-Ex ou de minéraux plus ou moins précieux (à l'aide de collage numérique), Rohan Graëffly s'attaque à la chair et lui donne une nouvelle texture, une nouvelle densité, une nouvelle matérialité. En la transformant, en la manipulant, il l'efface pour mieux la faire ressortir. La blancheur dans la série TIPP-EX, 2020, accentue les contours des formes érotiques des magazines vintage Paper, les contours de la chair, tout en dissimulant celle-ci. Rohan Graëffly travaille consciemment sur un double-jeu. Un travail qui réponde certainement à la censure et au "puritanisme" grandissant sur et par les réseaux sociaux.[3]

Le minéral est d'autant plus surprenant qu'il est à l'opposé de la sensation du toucher au contact de la chair, il est froid, anguleux et profondément sans vie. De cette exploration et la transformation du corps par le minéral, il en résulte quatre séries. Dans le même esprit que la série plus récente citée ci-dessus, De Profundis (2013) et La fièvre du Pipe Chaud (2012) arrachent la part d'érotisme des images utilisées et leur confèrent une qualité d'image profondément distanciée de la réalité et du spectateur, alors même que l'on peut encore reconnaître l'image. Je demeure minéral dans les mâles choses animées, 2013 donne un sens nouveau à des portraits de militaires rendus anonymes, aveugles, froids et au visage déformé, anguleux rappelant les gueules cassées. Les grands mous ont la dent dure, 2013, met en lumière des boxeurs forts et durs comme du roc, littéralement.[3]

Vessies et Lanternes (2012-2013) sont une recherche et un développement d'images produites numériquement à partir de tissus humain, qui désormais incarnent non plus un corps mais des pétales de fleur, profondément charnels.[3]

Notes et références

  1. Revenir plus haut en : 1,0 1,1 et 1,2 Rohan Graëffly, url: [1], (consulté le 25/01/2021).
  2. « Rohan Graëffly (Province de Luxembourg) », in Forum de la médiation culturelle, url: [2], (consulté le 25/01/2021).
  3. Revenir plus haut en : 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 3,6 3,7 et 3,8 GRAËFFLY Rohan, « Rohan Graëffly - Selected Works. 2010-2020 », in Rohan Graëffly, url: [3].
  4. Asbl Lieux-Communs, « Rohan Graeffly et Brice Maré XXMASS-MURDER », sur Lieux-Communs Namur, (consulté le )
  5. Administration Communale d'Aubange, « Rohan Graeffly. Culture et événements. L'écho Communal », sur Aubange, (consulté le )
  6. Revenir plus haut en : 6,0 et 6,1 (nl) « Rohan Graeffly in Benefiet Elpee », sur Issuu,
  7. Revenir plus haut en : 7,0 et 7,1 (en) Saatchi Art, « Rohan Graeffly in Saatchi Art », sur Saatchi Art
  8. Revenir plus haut en : 8,0 8,1 et 8,2 « Rohan Graeffly », sur Galerie Influorescences
  9. Dominique Mirassou, « « Inflorescences », naissance d’une galerie d’art innovante…. », sur Bordaux-Gazette, (consulté le )
  10. « Rohan Graëffly », in Galerie L'Oeil Histrion. Art Contemporain, url: [4], (consulté le 25/01/2021).
  11. (nl) « U kan eigenaar worden van kunstige elpee van Arne Quinze of andere bekende naam: “Opbrengst gaat naar kansarme kinderen” », sur Nieuws Blad,
  12. « Archives », sur La Porcherie. Lieu d'Art Contemporain, 2019-2020
  13. Le Bien Public, « Chimères au château : mystérieuses créations imaginaires », sur Le Bien Public,
  14. « BLACK BOX(ES). FR+ROHAN GRAEFFLY », sur Le Centre d'Art Faux Mouvement
  15. Chloé Frelat, « Festival One + One : l’art et le rock se déploient dans toute la région », sur France Info, (consulté le )
  16. Revenir plus haut en : 16,0 et 16,1 François de Coninck, « François de Coninck, D’avance à rebours / textes de présentation des artistes de l’exposition / Service de l’Animation et de la Diffusion culturelle de la Province du Luxembourg / Palais abbatial de Saint-Hubert, été 2018. », sur François de Coninck, (consulté le )
  17. Julie Crenn, « FURIOSITÉ, GALERIE FRÉDÉRIC LACROIX », sur Point Contemporain,
  18. Revenir plus haut en : 18,0 et 18,1 Julie Crenn, « ART [AT] WORK », sur Julie Crenn,
  19. « OH! FOURNEAU », sur Centre d'Art Contemporain du Luxembourg Belge,
  20. « Rohan Graeffly », sur In Champion. Lieux Communs,

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