Grégory Lévy

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Grégory Lévy, né le 22 décembre 1978 à Paris[1], est un avocat et essayiste français. Inscrit au barreau de Paris depuis 2005, il est associé du cabinet Ngo & Partners, où il exerce principalement en contentieux commercial, en droit pénal général et des affaires ainsi qu'en droit immobilier et patrimonial[2],[3].

Après des études de droit à Paris-II et à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, il exerce notamment comme assistant de justice et enseigne le droit civil. Son activité contentieuse l'amène à intervenir dans plusieurs procédures médiatisées, notamment l'enquête sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, le procès d'Alexander Vinnik et celui des attentats de janvier 2015. Parallèlement, ses publications portent sur l'arbitrage, la pratique judiciaire et l'éloquence. En 2025, il cosigne avec Gilles-Jean Portejoie Les mystères de l'éloquence, consacré à l'histoire et à la pratique de l'art oratoire[4],[5].

Formation et débuts professionnels

Grégory Lévy obtient en 2001 une maîtrise en droit, parcours « carrières judiciaires », à l'université Paris-II Panthéon-Assas, puis en 2002 un diplôme d'études approfondies de droit des contrats civils et commerciaux à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il exerce ensuite les fonctions d'assistant de justice auprès de la cour d'appel de Versailles et enseigne le droit civil à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines[6]. Sa notice professionnelle mentionne également un Certificate of Completion du Program on Negotiation de la Harvard Law School et un enseignement ultérieur à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye[3].

Il prête serment à Paris le 7 septembre 2005[2]. En 2005, il est également lauréat du Centre de médiation et d'arbitrage de Paris (CMAP)[6]. Avant de rejoindre le cabinet Ngo Jung & Partners en 2009, il exerce auprès de Christian Charrière-Bournazel puis de Pierre Moscovici[3]. Il exerce comme associé de Ngo & Partners[3]. Dans un entretien diffusé en 2026, il cite l'avocat Claude Guez comme celui qui lui a transmis le goût de la plaidoirie et des grands orateurs[7].

Carrière d'avocat

Contentieux civils, commerciaux et sociaux

Une présentation professionnelle publiée en 2015 situe alors l'essentiel de sa pratique dans les contentieux civils et commerciaux complexes, notamment en matière d'assurance et de responsabilité civile, parallèlement à la défense pénale[6]. Son cabinet actuel présente comme ses principales dominantes le conseil et le contentieux commercial, le droit pénal général et des affaires ainsi que le droit immobilier et du patrimoine privé[3].

En 2018, il représente une ancienne assistante de l'ambassadeur du Qatar en France devant le conseil de prud'hommes. Celle-ci obtient près de 100 000 euros d'indemnités pour licenciement abusif. Cette décision prud'homale est distincte de la procédure pénale engagée à partir de ses accusations de harcèlement sexuel : une enquête préliminaire avait d'abord été classée sans suite, les infractions étant jugées insuffisamment caractérisées, avant l'ouverture d'une information judiciaire à la suite de sa constitution de partie civile[8].

En 2025, avec Claire Combarel, il représente devant la même juridiction une ancienne assistante de Nasser Al-Khelaïfi employée par beIN Sports. Le conseil de prud'hommes rejette les demandes fondées sur le harcèlement moral et la contestation du licenciement, mais condamne beIN Sports à lui verser près de 340 000 euros, principalement au titre d'heures supplémentaires, de congés afférents et du non-respect des temps de repos[9].

Affaires judiciaires médiatisées

Grégory Lévy assure la défense de l'entrepreneur Cédric Naudon dans la procédure consécutive à l'échec du projet commercial et gastronomique « La Jeune Rue », dont l'effondrement laisse plusieurs dizaines de millions d'euros de passif[10]. En mai 2021, le tribunal correctionnel de Paris condamne Naudon à quatre ans d'emprisonnement, dont trois ferme, notamment pour escroquerie, ainsi qu'à une interdiction de gérer[11].

Dans l'information judiciaire ouverte après la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge de 2013, il représente un cabinet de conseil auquel la SNCF avait confié une analyse de l'état de son réseau. En avril 2019, il annonce la remise aux juges d'instruction de plusieurs audits réalisés pour l'entreprise ferroviaire, portant notamment sur la maintenance et la sécurité du réseau[12].

Lors du procès français d'Alexander Vinnik en 2020, il représente deux avocates constituées parties civiles, qui déclarent avoir subi d'importants préjudices après l'infection de leur cabinet par le rançongiciel Locky[13]. Le tribunal condamne Vinnik à cinq ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende pour blanchiment aggravé, mais le relaxe des treize autres chefs de prévention, notamment de l'ensemble des infractions de cybercriminalité liées à Locky. Ces relaxes entraînent le rejet des demandes des deux clientes de Grégory Lévy[14].

Au procès des attentats de janvier 2015, il représente le veuf de la psychiatre Elsa Cayat, assassinée dans l'attaque contre Charlie Hebdo[15]. Il intervient également au procès V13 des attentats du 13 novembre 2015[3]. À partir de 2022, il intervient avec Aurélie Boulbin pour un couple américain, Gay et Philip Courter, dans le dossier dit du « Prince de Conty », du nom d'un navire de la Compagnie des Indes naufragé en 1746 au large de Belle-Île-en-Mer et dont des lingots d'or avaient été clandestinement remontés puis revendus. Arrêtés au Royaume-Uni en vertu d'un mandat français et placés sous contrôle judiciaire, les époux Courter changent d'avocats et sont représentés en France par Lévy et Boulbin[16]. Après leur comparution en France, la demande d'extradition est retirée, tandis que la procédure se poursuit sur des faits de recel et de blanchiment[17]. En juillet 2025, le parquet de Brest requiert le renvoi des époux Courter, avec d'autres personnes mises en cause dans le dossier, devant le tribunal correctionnel ; à cette date, le juge d'instruction doit encore décider d'ordonner ou non un procès[18].

Travaux et publications

Les premiers travaux publiés de Grégory Lévy portent principalement sur l'arbitrage et son articulation avec les autres branches du droit. En 2003, il s'interroge dans la Revue de l'arbitrage sur la « pénalisation » de la société et ses effets sur l'arbitrage. Il publie ensuite un compte rendu de conférence dans la Stockholm International Arbitration Review et cosigne en 2007 avec Xavier Zeno une étude sur l'arbitrage à Madagascar[19],[20]. En 2012, il rend compte d'une rencontre consacrée aux rapports entre arbitrage et médias dans les Cahiers de l'arbitrage[21].

À partir des années 2010, ses écrits abordent davantage la plaidoirie, l'éloquence et la pratique de la justice. Il publie notamment « L'éloquence de l'avocat » dans la Gazette du Palais en 2013[22], puis deux tribunes dans la même revue, « Un furieux besoin d'élégance » en 2025 et « Un seul juge vous manque… » en 2026[23],[24].

Les mystères de l'éloquence

En 2025, Grégory Lévy et l'ancien bâtonnier de Clermont-Ferrand Gilles-Jean Portejoie publient aux Éditions du Rocher Les mystères de l'éloquence, avec la collaboration de Joseph Vebret. Le livre retrace plus de deux millénaires d'histoire de la rhétorique et de l'art oratoire, des auteurs antiques aux figures du barreau contemporain, en mêlant portraits d'orateurs, réflexion sur la plaidoirie et expériences professionnelles des auteurs[4]. Sa parution donne lieu à plusieurs entretiens dans la presse, notamment dans Le Parisien et Le Point[5],[25].

Dans Le Point, Lévy présente l'adaptation au juge, au lieu et au type de juridiction comme une dimension essentielle de l'éloquence judiciaire et regrette la place plus réduite accordée à la plaidoirie dans certains contentieux civils et commerciaux[25]. En août 2026, il résume sa conception de l'éloquence comme une « transmission de la conviction » et défend un réapprentissage plus large de l'expression orale[7].

Bibliographie sélective

  • « L'arbitrage peut-il demeurer à l'écart de la pénalisation de la société ? », Revue de l'arbitrage, 2003, p. 587.
  • « Arbitration as One of the Means of Resolution of Disputes », Stockholm International Arbitration Review, 2006/1, p. 233[19].
  • Avec Xavier Zeno, « L'arbitrage à Madagascar », Revue trimestrielle de droit africain (Penant), n° 858, janvier-mars 2007, p. 87-96[20].
  • « L'arbitrage et les médias - Sciences Po Paris, 1er juin 2012 », Les Cahiers de l'arbitrage, n° 3, 2012[21].
  • « L'éloquence de l'avocat », Gazette du Palais, n° 176, 25 juin 2013[22].
  • « Un furieux besoin d'élégance », Gazette du Palais, n° 7, 25 février 2025[23].
  • Avec Gilles-Jean Portejoie, avec la collaboration de Joseph Vebret, Les mystères de l'éloquence : les secrets de l'art oratoire de l'Antiquité à nos jours, Monaco, Éditions du Rocher, 2025[4].
  • « Un seul juge vous manque… », Gazette du Palais, n° 3, 3 février 2026[24].

Références

  1. ↑ « SCI G.Y.L. — Statuts mis à jour », acte notarié du 23 avril 2013, Pappers, consulté le 29 août 2026.
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Maître Grégory LEVY », Doctrine, consulté le 29 août 2026.
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 et 3,5 « Grégory Lévy », Ngo & Partners, consulté le 29 août 2026.
  4. ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « Les mystères de l'éloquence / Grégory Lévy, Gilles-Jean Portejoie ; avec la collaboration de Joseph Vebret », catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, consulté le 29 août 2026.
  5. ↑ 5,0 et 5,1 Nicolas Jacquard, « “Elle seule peut préserver l'humanité de la justice” : deux ténors du barreau explorent les “Mystères de l'éloquence” », Le Parisien, 25 juin 2025.
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 « Gregory Levy, Collaborateur », Carrières-Juridiques.com, 10 novembre 2015.
  7. ↑ 7,0 et 7,1 « Grégory Lévy : “L'éloquence, c'est la transmission de la conviction” », i24NEWS, 24 août 2026.
  8. ↑ Nicolas Jacquard, « Harcèlement moral et sexuel : l'ex-employée fait condamner l'ambassade du Qatar », Le Parisien, 23 janvier 2018.
  9. ↑ Marc Leplongeon, « L'ancienne assistante de Nasser al-Khelaïfi à beIN Sports obtient près de 340 000 euros aux Prud'hommes », L'Équipe, 4 juillet 2025.
  10. ↑ Nicolas Jacquard, « Cédric Naudon, l'entrepreneur qui avait les yeux plus gros que le ventre, devant la justice », Le Parisien, 30 août 2019.
  11. ↑ François Pont, « Le créateur de la Jeune Rue, Cédric Naudon, condamné à 3 ans de prison pour escroquerie », L'Hôtellerie Restauration, 5 mai 2021.
  12. ↑ Nicolas Jacquard, « Accident de Brétigny : des documents accablants pour la SNCF », Le Parisien, 1er avril 2019.
  13. ↑ William Molinié, « Bitcoins : épilogue judiciaire pour Alexander Vinnik, soupçonné d'être derrière le rançongiciel Locky », TF1 Info, 19 octobre 2020.
  14. ↑ Gabriel Thierry, « “Les victimes sont dépitées” : pourquoi le délibéré du procès de “Mr Bitcoin” surprend », Numerama, 14 décembre 2020, mis à jour le 7 décembre 2021.
  15. ↑ Timothée Boutry, « Covid-19 et report du procès des attentats de janvier 2015 : “Cela nous semblait inévitable” », Le Parisien, 25 mars 2020.
  16. ↑ Nicolas Jacquard, « L'or englouti du “Prince-de-Conty” : une écrivaine américaine au-dessus de tout soupçon », Le Parisien, 16 août 2023.
  17. ↑ Lauren Collins, « A Cursed Ship and the Fate of Its Sunken Gold », The New Yorker, 22 juillet 2024.
  18. ↑ « US couple could face trial in France over stolen shipwreck gold », The Guardian, avec l'AFP, 3 juillet 2025.
  19. ↑ 19,0 et 19,1 « Stockholm International Arbitration Review, 2006:1 — Table of Contents », ArbitrationLaw.com.
  20. ↑ 20,0 et 20,1 « L'arbitrage à Madagascar (2007) », bibliothèque numérique de l'OHADA, consultée le 29 août 2026.
  21. ↑ 21,0 et 21,1 « Cahiers de l'arbitrage, n° 3 du 1er juillet 2012 », Lextenso.
  22. ↑ 22,0 et 22,1 « L'éloquence de l'avocat », Gazette du Palais, n° 176, 25 juin 2013, Lextenso.
  23. ↑ 23,0 et 23,1 « Gazette du Palais, n° 7 du 25 février 2025 », Lextenso.
  24. ↑ 24,0 et 24,1 « Gazette du Palais, n° 3 du 3 février 2026 », Lextenso.
  25. ↑ 25,0 et 25,1 Marion Cocquet, « Une bonne plaidoirie ne fait pas d'un coupable un innocent », Le Point, 29 juin 2025.

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